L’OMS reproche à l’Europe son empressement

Deux passants marchent devant la pancarte «Par ici la sortie de la pandémie» de l'ONG One, dans le métro de Londres.
Photo: Matt Dunham Associated Press Deux passants marchent devant la pancarte «Par ici la sortie de la pandémie» de l'ONG One, dans le métro de Londres.

Plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, ont levé trop « brutalement » leurs mesures anti-COVID et se retrouvent aux prises avec une nette remontée des cas sous l’effet du sous-variant BA.2, a déploré mardi l’Organisation mondiale de la santé.

Lors d’une conférence de presse délocalisée en Moldavie, le directeur de l’OMS en Europe, Hans Kluge, s’est dit « vigilant » quant à la situation épidémique du continent, tout en affirmant rester « optimiste ». Le nombre de cas de COVID est à la hausse dans 18 des 53 pays de la zone, selon l’organisation.

« Les pays où nous observons une hausse particulière sont le Royaume-Uni, l’Irlande, la Grèce, Chypre, la France, l’Italie et l’Allemagne », a souligné M. Kluge. « Ces pays ont levé les restrictions brutalement, de “trop” à “pas assez” », a estimé le responsable onusien.

Selon les données de l’OMS, le nombre de nouveaux cas en Europe avait nettement chuté après un pic fin janvier, mais il rebondit depuis début mars. Selon les épidémiologistes, ce rebond s’explique notamment par la prédominance du sous-variant d’Omicron BA.2, environ 30 % plus contagieux — mais pas plus dangereux — que son prédécesseur, le BA.1.

Ces pays ont levé les restrictions brutalement, de “trop” à “pas assez”

 

Au cours des sept derniers jours, plus de 5,1 millions de nouveaux cas et 12 496 décès ont été enregistrés dans la zone OMS Europe, portant le total de cas détectés depuis le début de la pandémie à près de 194,4 millions et le nombre de décès à plus de 1,92 million.

La cinquième vague observée en Europe n’en finit pas et des experts pointent la « désinvolture » des politiques à travers l’Europe, déjà accusés d’avoir levé trop vite la garde lors des précédentes vagues.

Vivre avec la COVID

Côté positif, « il y a un très grand capital d’immunité […], que ce soit grâce à la vaccination ou aux infections », a relevé M. Kluge. Ensuite, « l’hiver s’achève, donc les gens vont moins se rassembler dans des petits espaces confinés ».

Enfin, le variant Omicron « est moins virulent chez les personnes pleinement vaccinées avec une dose de rappel », même si, « dans les pays à faible vaccination, c’est toujours une maladie qui tue », a pointé M. Kluge. « Nous allons devoir vivre avec la COVID pendant encore un certain temps, mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas nous débarrasser de la pandémie », a-t-il plaidé.

Il s’agit donc de s’attarder sur quatre priorités, selon lui : « protéger les vulnérables », « renforcer la surveillance et le séquençage », « offrir l’accès [à un plus grand nombre de] pays aux nouveaux médicaments antiviraux » et « s’attaquer au fardeau du syndrome post-COVID ».

La Chine confine Shenyang et ses 9 millions d’habitants

Les autorités chinoises ont décrété mardi le confinement de Shenyang et ses 9 millions de citoyens, au moment où la Chine affronte sa pire flambée épidémique depuis 2020.

La cité industrielle du nord-est du pays confine désormais ses habitants dans leur résidence et a lancé un nouveau dépistage général de la population. La ville est la capitale de la province du Liaoning, frontalière de celle du Jilin, qui est de loin l’épicentre de l’actuelle vague épidémique due au variant Omicron.

Le ministère chinois de la Santé a annoncé mardi 4770 nouveaux cas positifs à l’échelle nationale. Des chiffres très bas en comparaison avec d’autres pays dans le monde, mais élevés pour la Chine et sa stratégie zéro COVID.

Grâce aux confinements, aux quarantaines à l’arrivée sur le territoire ou encore au suivi des déplacements, le pays a enrayé l’épidémie depuis deux ans, permettant aux Chinois de vivre une vie presque normale. Mais cette stratégie, qui a préservé les vies humaines (officiellement 4638 morts depuis le début de la pandémie), pèse sur l’économie du géant asiatique. À Shanghai, où le nombre de nouveaux cas positifs est pourtant de plusieurs centaines par jour, les autorités optent ainsi pour des confinements très ciblés de bâtiments, au lieu d’un confinement général de toute la ville.

Par ailleurs, le ministère chinois de la Santé a signalé vendredi qu’à peine 51 % des plus de 80 ans en Chine continentale avaient reçu au moins deux doses de vaccin. Une source d’inquiétude, car dans le territoire semi-autonome de Hong Kong (sud), une importante flambée épidémique submerge les hôpitaux et décime les personnes âgées.

Agence France-Presse



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