Que nous apprennent les recherches Google les plus populaires en Ukraine?

Les tendances compilées par le moteur de recherche de Google révèlent des moments clés de la guerre.
Photo: Capture d'écran Google Trends Les tendances compilées par le moteur de recherche de Google révèlent des moments clés de la guerre.

Reflet des préoccupations de la population, les tendances dégagées par le moteur de recherche révèlent des moments clés de la guerre en Ukraine, enclenchée il y a trois semaines.

Lundi, le mot-clé le plus recherché sur le Google ukrainien était « missile OTR-21 Tochka » ; mardi, « Stepan Bandera » ; mercredi, « Sarny » ; jeudi, « PayPal » ; et vendredi, « usine de réparation d’avions de Lviv ». Ces recherches sur Internet sont rythmées par le feu roulant de l’actualité du conflit russo-ukrainien.

Voici le palmarès des requêtes quotidiennes les plus fréquentes en Ukraine depuis le début de l’invasion russe, le 24 février.

1. « Nouvelles ukrainiennes » (plus de 500 000 recherches le 24 février)

Le jeudi 24 février, alors que s’enclenche l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les Ukrainiens s’empressent d’en rechercher les plus récents développements. Dès le premier jour ont lieu des frappes aériennes et la pénétration de forces terrestres le long des frontières russe et biélorusse.

Entre tentatives de désinformation et efforts de musellement de la presse par la Russie, se tenir informé n’est pas chose simple pour les Ukrainiens depuis le début du conflit. L’Ukraine est également un terrain miné pour les journalistes locaux et étrangers. Au moins cinq ont perdu la vie depuis trois semaines.

2. « Taux de change du dollar » (plus d’un million de recherches le 24 février)

Au jour un de l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, le rouble russe a rapidement atteint sa plus basse valeur de l’histoire par rapport au dollar américain.

La devise russe était alors tombée à 90 roubles pour un dollar américain, avant que la Banque de Russie n’intervienne pour tenter d’assurer la stabilité financière du pays.

Entre le 24 février dernier et le 17 mars, le rouble a perdu plus de 22 % de sa valeur vis-à-vis du dollar américain, explique dans Les Affaires Philippe Le Blanc, chef des placements chez COTE 100 et expert invité par le journal.

3. « Gostomel » (plus de 500 000 recherches le 24 février)

Toujours au premier jour de l’invasion, la Russie lance trois offensives, notamment celle de Kiev, depuis le nord. L’une de ses premières cibles est l’aéroport de Gostomel, qui se trouve à la limite nord de la capitale ukrainienne.

Un essaim d’hélicoptères russes venus de la Biélorussie attaque l’aéroport international. Les forces russes en obtiennent le contrôle le 25 février.

4. « SWIFT » (plus de 500 000 recherches le 24 février)

Le 26 février, la communauté internationale appelle à l’exclusion de la Russie de SWIFT — acronyme de Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication —, une plateforme internationale de paiements bancaires utilisée par des milliers d’institutions financières partout à travers le monde.

Cette sanction contre Moscou empêcherait les banques du pays d’effectuer des transactions financières, ce qui bloquerait la plupart des exportations et des importations russes.

5. « Rouble au dollar » (plus d’un million de recherches le 27 février)

Le 27 février, les États-Unis, l’Union européenne et d’autres pays vont de l’avant avec l’imposition de nouvelles sanctions économiques contre la Russie.

Les plus grandes banques russes sont exclues du système SWIFT. Toute transaction avec la Banque centrale de Russie est bannie. Le rouble russe chute de 27 %, ce qui porte le taux de change à 114,33 roubles pour 1 dollar, rapporte alors Bloomberg News.

6. « Négociations entre l’Ukraine et la Russie » (plus de 500 000 recherches le 27 février)

Au quatrième jour de l’invasion, l’Ukraine et la Russie s’accordent pour tenir des pourparlers. Le Kremlin propose la ville de Gomel, en Biélorussie, comme lieu de rencontre, une offre que Volodymyr Zelensky refuse dans un premier temps.

Le président ukrainien se dit prêt à négocier partout sauf en Biélorussie, pays qui sert de base arrière aux militaires russes.

« Je ne crois pas trop à un résultat », mais « il faut qu’on essaie », avait déclaré Volodymyr Zelensky dans une vidéo.

Les yeux de la communauté internationale rivés vers l’Ukraine

Les tendances Google traduisent également un intérêt accru de la communauté internationale pour la situation en Ukraine. Au Canada, les recherches du mot-clé « Ukraine » ont bondi à la fin février.



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