Que retenir du 20e jour de la guerre en Ukraine?

Kiev s’est réveillée meurtrie mardi après que le bombardement nocturne d’un immeuble d’habitation a causé la mort d’au moins quatre personnes.
Photo: Evgeniy Maloletka Associated Press Kiev s’est réveillée meurtrie mardi après que le bombardement nocturne d’un immeuble d’habitation a causé la mort d’au moins quatre personnes.

« Un moment dangereux » pour Kiev

Kiev s’est réveillée meurtrie mardi après que le bombardement nocturne d’un immeuble d’habitation a causé la mort d’au moins quatre personnes. La capitale encerclée par les forces russes est vidée d’au moins la moitié de ses 3,5 millions d’habitants.

Kiev « vit un moment dangereux », a résumé le maire, Vitali Klitschko, lors d’un point de presse où il a d’ailleurs décrété l’instauration d’un couvre-feu. « Les gens sont en colère. Nous sommes prêts à défendre notre ville », a-t-il ajouté alors que les forces russes poursuivent leur tentative d’encerclement de la ville.

Les combats se rapprochent aussi de la grande ville stratégique de Dnipro, dans le centre du pays. Son aéroport a été bombardé et largement détruit dans la nuit de lundi à mardi, selon son maire.

Les troupes de Vladimir Poutine tentent toujours de capturer les villes de Marioupol et de Kharkiv, au sud et à l’est du pays, mais pour l’instant sans succès, selon l’Institut d’étude sur la guerre, un groupe de réflexion basé aux États-Unis.

Plus à l’ouest, en bordure de la mer Noire, Mykolaïv, dernier verrou sur la route d’Odessa, est aussi régulièrement bombardée.

Une mission de paix de l’OTAN demandée par la Pologne

La Pologne a demandé mardi soir à ce que l’OTAN mène une « mission de paix » en Ukraine.

« Cette mission ne peut pas être une mission désarmée », a déclaré à Kiev le vice-premier ministre polonais, Jaroslaw Kaczynski, lors d’une rencontre réunissant le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, son premier ministre, Denys Chmygal, ainsi que les premiers ministres polonais (Mateusz Morawiecki), tchèque (Petr Fiala) et slovène (Janez Jansa).

L’OTAN « doit chercher à fournir une aide humanitaire et pacifique en Ukraine », a ajouté M. Kaczynski, cité par l’agence de presse polonaise PAP.

Il s’agissait de la première visite de dirigeants étrangers à Kiev depuis le début de l’invasion russe.

Reprise des pourparlers

 

Moscou et Kiev ont tenu mardi une quatrième séance de négociations pour tenter de trouver une issue diplomatique à la guerre.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a estimé que les Russes avaient « déjà commencé à comprendre qu’ils ne parviendront à rien par la guerre ». Ce dernier a d’ailleurs ouvert la porte à la neutralité de son pays, une des exigences russes, en concédant que « l’Ukraine ne pourra pas intégrer l’OTAN ».

Le Kremlin a, pour sa part, estimé prématuré tout « pronostic » sur les négociations avec Kiev, après qu’un conseiller de la présidence ukrainienne a jugé possible un accord de paix d’ici mai.

Photo: Felipe Dana Associated Press

Une amende pour la protestataire de la télé russe

 

L’employée d’une chaîne de télévision russe pro-Kremlin qui a fait irruption pendant un journal télévisé pour dénoncer l’offensive en Ukraine a été libérée mardi avec une simple amende. « Non à la guerre. Ne croyez pas la propagande. On vous ment ici », a-t-elle scandé en direct dans une séquence qui a depuis fait le tour du monde.

Marina Ovsiannikova risque néanmoins toujours de lourdes peines de prison en vertu d’une récente loi réprimant toute « fausse information » sur l’armée russe.

Le président français, Emmanuel Macron, a indiqué être prêt à lui offrir « une protection consulaire », soit à l’ambassade, soit en lui accordant l’asile.

Chute du baril de pétrole

 

Le marché mondial de l’énergie commence à se calmer après le choc de l’invasion en Ukraine. Le prix du baril de pétrole de référence en Europe, tout comme celui des États-Unis, a clôturé mardi en deçà de 100 dollars pour la première fois depuis presque trois semaines. Il s’agit d’une chute de 20 % par rapport aux sommets de la semaine dernière.

Les dirigeants occidentaux multiplient d’ailleurs les approches diplomatiques pour trouver une option de rechange au pétrole russe, bloqué en partie par des sanctions. La Russie est le deuxième exportateur de pétrole brut au monde.

Ainsi, le premier ministre britannique, Boris Johnson, se rendra mercredi aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite pour discuter de livraison d’or noir. Les États-Unis tentent de leur côté d’augmenter leurs importations du Venezuela.

Des évacuations réussies

 

En presque trois semaines de guerre, plus de trois millions de personnes ont fui l’Ukraine, majoritairement vers la Pologne, d’après l’Organisation internationale pour les migrations. Parmi elles, 1,4 million d’enfants, soit « pratiquement un enfant par seconde », souligne l’Unicef.

Quelque 20 000 personnes ont pu évacuer mardi Marioupol, ville assiégée du sud, en empruntant un couloir humanitaire, selon la présidence ukrainienne. Mais jusqu’à 300 000 personnes y restent coincées, terrées dans des caves et privées de tout.

Au total, environ 29 000 personnes ont été évacuées mardi de plusieurs villes ukrainiennes assiégées, selon la même source.

Avec l’Agence France-Presse

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