La destruction d’un hôpital pour enfants à Marioupol sème la consternation

Un hôpital pédiatrique dans la ville de Marioupol, dans le sud de l’Ukraine, a été atteint par des bombardements aériens russes.
Photo: Evgeniy Maloletka Associated Press Un hôpital pédiatrique dans la ville de Marioupol, dans le sud de l’Ukraine, a été atteint par des bombardements aériens russes.

Un hôpital pédiatrique de la ville de Marioupol, dans le sud de l’Ukraine, a été atteint par des bombardements aériens russes, qui ont aussi touché plusieurs bâtiments résidentiels et commerciaux, semant l’émoi à l’échelle internationale. 
 

Trois personnes, dont une fillette, y ont péri, a annoncé dans un nouveau bilan jeudi la mairie de Marioupol, qui faisait état la veille de 17 blessés. Le conseil municipal de Marioupol avait d'ailleurs fortement déploré, sur le réseau social Telegram, les raids aériens dans la ville portuaire, qui auraient « complètement détruit » un complexe hospitalier accueillant des enfants et où se trouve également une maternité. 

Sur les réseaux sociaux, des images captées par des photographes de presse montraient mercredi plusieurs femmes enceintes en train d’être évacuées d’urgence du centre hospitalier en ruine.  Des images satellites captées mercredi par la société de technologie spatiale Maxar Technologies font par ailleurs état de la destruction de maisons, d’épiceries et de centres commerciaux dans la ville portuaire.

« Les troupes russes détruisent la ville ! » s’est alarmé le conseil municipal de Marioupol, qui a partagé une série d’images troublantes montrant les ravages de la guerre dans cette ville du sud-est de l’Ukraine. On peut y apercevoir des voitures et des arbres calcinés, de même que des bâtiments grandement endommagés.

Sur une vidéo publiée par la présidence ukrainienne, on peut par ailleurs apercevoir de l’intérieur des bâtiments soufflés, des débris, des feuilles de papier et des bouts de verre jonchant le sol. Quelque 300 000 personnes sont toujours coincées dans cette ville au bord de la mer d’Azov.

« C’est une atrocité ! Combien de temps encore le monde sera-t-il complice d’ignorer la terreur ? Fermez le ciel immédiatement ! Arrêtez les tueries immédiatement ! Vous en avez le pouvoir. Mais vous semblez perdre votre humanité », a écrit mercredi le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sur les réseaux sociaux. L’élu a ainsi réitéré sa demande d’une exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine ; une requête qui est restée lettre morte auprès de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) jusqu’à maintenant.

Interrogée pendant un point de presse à Berlin, la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, qui a des origines ukrainiennes, s’est dite « touchée » par les répercussions de l’invasion russe dans ce pays d’Europe de l’Est ainsi que par « les appels de M. Zelensky ». « Nous le soutenons beaucoup », a assuré Mme Freeland, en soulignant l’aide militaire envoyée à l’Ukraine et les sanctions économiques imposées à la Russie par le Canada dans les derniers jours.

« Mais la réalité est que, quand vient le temps de se battre, les Ukrainiens se battent seuls. Ils se battent pour nous tous, mais ils se battent seuls », a toutefois ajouté Mme Freeland. Interpellée sur la demande incessante du président ukrainien en faveur d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine, l’élue a ainsi réitéré qu’il faut éviter « une escalade » des tensions avec la Russie.

Mercredi, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a indiqué que 516 civils ont été tués depuis le 24 février, dans le contexte de la guerre en Ukraine. Plus de 900 civils ont aussi été blessés, y compris plusieurs enfants, indique ce bilan — partiel — qui s’alourdit quotidiennement.

« Il y a peu de choses plus immorales que de cibler les personnes vulnérables et sans défense », a pour sa part déploré sur Twitter le premier ministre britannique, Boris Johnson. Le Royaume-Uni a d’ailleurs promis mercredi de continuer de livrer des missiles à l’Ukraine pour aider le pays à répliquer aux frappes aériennes russes.

La Maison-Blanche a aussi fortement condamné l’attaque contre un hôpital de Marioupol. « Il est atroce de voir le genre d’utilisation barbare de la force militaire contre des civils innocents dans un pays souverain », a déclaré en conférence de presse mercredi la porte-parole de l’exécutif américain, Jen Psaki.

Cibles sanitaires

Le système de santé de l’Ukraine, bien que fragilisé par la guerre en cours, a été « remarquablement résistant » jusqu’à maintenant, a déclaré mercredi le chef du Programme de gestion des situations d’urgence sanitaire à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Michael Ryan.

« Mais cette crise, d’un point de vue sanitaire, ne pourra aller qu’en s’aggravant, à moins qu’il n’y ait une décision immédiate pour cesser les hostilités en Ukraine et arrêter cette guerre », a-t-il affirmé en conférence de presse à Genève.

L’OMS a alors confirmé au moins 18 attaques contre des cibles sanitaires en Ukraine, y compris des hôpitaux et des ambulances. Ces frappes auraient causé un total de 10 décès et de 16 blessés. Mardi, le ministre ukrainien de la Santé, Viktor Lyashko, faisait pour sa part état de 61 hôpitaux touchés depuis le début de l’invasion russe en Ukraine.

La Turquie accueillera jeudi les ministres russes et ukrainiens des Affaires étrangères pour leur premier face-à-face depuis le début de l’offensive russe.

Avec l’Agence France-Presse



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