Macron en campagne présidentielle face à 11 candidats

Macron, 44 ans, a officialisé sa candidature jeudi, via une lettre aux Français.
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse Macron, 44 ans, a officialisé sa candidature jeudi, via une lettre aux Français.

Le chef d’État français Emmanuel Macron affrontera 11 candidats lors de l’élection présidentielle du 10 avril, dans un contexte chahuté par la guerre en Ukraine qui renforce sa position de favori.

Lundi, M. Macron, qui brigue son deuxième mandat, effectuera son premier déplacement de candidat dans la région parisienne, à Poissy, pour « une conversation avec les habitants » en fin d’après-midi.

Il a également reçu lundi des élus locaux et soutiens à son siège de campagne à Paris, à 34 jours du premier tour de l’élection.

M. Macron, 44 ans, a officialisé sa candidature jeudi, via une lettre aux Français.

Les sondages le donnent largement en tête au premier tour et gagnant au second, prévu le 24 avril.

Il a fait un bond ces derniers jours dans les intentions de vote, à la faveur de l’invasion russe en Ukraine, qui a renforcé sa stature alors qu’il multiplie les contacts diplomatiques, d’après les analystes.

Selon un sondage Ipsos-Sopra-Steria, publié samedi, M. Macron a gagné quatre points en une semaine, passant au-dessus du seuil des 30 % (à 30,5 %), alors que 90 % des personnes interrogées se disent inquiètes de la guerre en Ukraine.

Un autre sondage, mené par BVA, publié vendredi, montrait un bond de 5 points en 15 jours, pour atteindre 29 % au premier tour, loin devant les candidats suivants.

L’étude attribue ces évolutions aux « conséquences de l’actualité internationale ». En plein conflit russo-ukrainien, « Emmanuel Macron capitalise sur son triple statut de chef de l’État, protecteur des Français et de leurs valeurs, chef des armées et chef de la diplomatie ».

M. Macron s’est encore entretenu dimanche avec le président russe Vladimir Poutine, exigeant de Moscou de « respecter le droit international humanitaire, la protection des populations civiles et l’acheminement de l’aide », selon l’Élysée.

Et il devait s’entretenir avec le président américain Joe Biden lundi, avant de multiples rendez-vous diplomatiques culminant jeudi et vendredi à Versailles pour un sommet européen.

« L’Ukraine frappe les esprits, déboule dans ce paysage politique, tout cela provoque un intérêt accru pour la campagne présidentielle », a relevé le directeur général délégué d’Ipsos Brice Teinturier sur la chaîne de télévision LCI, soulignant toutefois que cet « intérêt » ne porte pas sur les propositions des candidats.

« Ne pas éluder » la campagne

Le président a prévenu qu’il ne pourrait pas faire campagne comme il l’aurait « souhaité ».

Mais « la campagne je ne veux pas l’éluder », a-t-il affirmé devant ses troupes lundi, en évoquant trois grands chantiers de son projet : l’école, la santé et les institutions.

Selon le patron de son parti La République en Marche (LREM) Stanislas Guerini, il profitera « de tous les interstices » de l’agenda international « pour aller à la rencontre des Français ».

Ses adversaires sont eux contraints de se positionner, non sans contorsions.

 

Confronté à de vives critiques pour ses positions prorusses, le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a dit « stop à l’invasion de l’Ukraine », lors d’un meeting dimanche à Lyon (sud-est). Il a aussi plaidé pour une France « non alignée » qui « n’accepte pas un ordre du monde dans lequel il y aurait d’un côté l’OTAN et de l’autre un bloc russe » et chinois.

Ce qui lui a valu les foudres du candidat écologiste Yannick Jadot qui s’en est pris aux « complaisances » de M. Mélenchon et à sa « capitulation » vis-à-vis de Poutine.

M. Mélenchon est en tête des intentions de vote à gauche, qui se présente extrêmement divisée avec également les candidatures de Yannick Jadot, Anne Hidalgo (Parti socialiste), Fabien Roussel (Parti communiste), Nathalie Arthaud et Philippe Poutou (extrême gauche).

À droite, la principale adversaire de M. Macron est la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.

L’extrême droite se présente de son côté avec deux candidats, Marine Le Pen et Éric Zemmour.

L’ancien éditorialiste et journaliste, qui a reçu le soutien dimanche de Marion Maréchal, la nièce de Marine Le Pen, est lui aussi pris à partie pour son tropisme prorusse.

Ses propos sur l’accueil des réfugiés ukrainiens en Pologne plutôt qu’en France ont aussi suscité des remous, y compris dans son entourage.

Parmi les douze autres personnalités dont la candidature a été validée par le Conseil constitutionnel lundi, figurent Jean Lassalle (Résistons !) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France).

À voir en vidéo