Plus de 1 million de réfugiés ukrainiens sont arrivés en Pologne

La mobilisation en faveur des réfugiés est générale en Pologne. On le voit par exemple à la gare centrale de Cracovie, où transitent des centaines d’entre eux.
Photo: Louisa Gouliamaki Agence France-Presse La mobilisation en faveur des réfugiés est générale en Pologne. On le voit par exemple à la gare centrale de Cracovie, où transitent des centaines d’entre eux.

L’afflux en quelques jours vers la Pologne de plus d’un million de personnes ayant fui l’invasion russe de l’Ukraine a poussé Nicolas Kusiak — comme des milliers d’autres Polonais — à se mobiliser pour leur offrir solidarité et soutien.

Bénévoles, autorités, organisations humanitaires ou professionnelles et entreprises, ainsi que l’importante communauté ukrainienne déjà présente en Pologne proposent à ces réfugiés l’essentiel : repas, transport, et un lieu où se reposer et dormir, y compris dans leurs maisons.

Et surtout de la chaleur humaine aux enfants et aux femmes, traumatisés, souvent en pleurs, qui ont dû laisser en Ukraine leurs pères et leurs maris, mobilisables pour défendre leur pays.

 

« On avait ici des médecins d’Israël et de France. Je les approvisionne, je suis leur traducteur, car je comprends un peu l’ukrainien », explique Kusiak, 27 ans, installé depuis quatre jours tout près du poste-frontière de Medyka.

Polonais né en France, travaillant dans l’événementiel et parlant quatre langues, il avait l’intention de servir de traducteur pour éviter des malentendus avec les étrangers, après avoir vu sur Internet des vidéos xénophobes mettant en garde contre l’entrée d’Arabes ou d’Africains.

Mais il a aussi apporté des tentes, des générateurs, des appareils de chauffage et de la nourriture, puis a cherché à organiser la coordination entre la police, les médecins, les pompiers qui assurent les transports et les bénévoles qui distribuent la soupe chaude.

« Tout le monde veut faire tout, mais on ne fait pas confiance à une personne privée », regrette-t-il. Mais « cela commence à s’organiser » et il doit « travailler légalement » pour la Croix-Rouge à partir de lundi.

« Des bombes partout »

La mobilisation en faveur des réfugiés est générale. On le voit par exemple à la gare centrale de Cracovie (sud) où transitent des centaines d’entre eux.

« Notre point d’accueil est vraiment rempli, et nous avons beaucoup de monde tout le temps », explique Anna Lach, une bénévole quadragénaire. « Nous avons un local en sous-sol qui est plein en permanence, et c’est pourquoi d’autres gens attendent ici de savoir s’ils peuvent rester pour la nuit. »

« Mais, ajoute une autre volontaire, Maja Mazur, nous avons d’autres lieux en ville où ils peuvent s’arrêter. Ils peuvent y rester un jour ou deux avant d’aller ailleurs. Nous leur offrons quelque chose à boire, quelque chose de chaud, quelque chose à manger et un endroit où ils peuvent dormir. »

Certains réfugiés veulent tout de suite continuer leur voyage vers l’ouest de l’Europe, poussés par leurs souvenirs traumatisants et souffrant de la séparation d’avec leurs proches.

« Je suis venue de Kharkiv [dans le nord-est de l’Ukraine] avec ma famille, avec mes deux fils et mes parents », dit Anna Gimpelson, une architecte. « Mon mari est resté à Lviv [dans l’ouest] parce qu’il est encore bon pour l’armée, donc il ne peut pas quitter le pays. Notre ville vit des moments vraiment terribles. Nous avons des bombes partout, et la maison de nos voisins n’existe plus. »

« Nous avons été sur la route pendant trois jours et, maintenant, nous allons chez un ami à Düsseldorf [en Allemagne]. Peut-être que nous allons passer un peu de temps là-bas et réfléchir à ce qu’il faudra faire ensuite », dit-elle.

Le gouvernement polonais s’attend à ce que l’afflux de réfugiés continue.

« Préparer les infrastructures pour être prêt à accueillir une nouvelle vague de réfugiés, dont on ne sait pas quelle sera l’ampleur, tel est notre principal défi aujourd’hui », a dit dimanche le ministre sans portefeuille Michal Dworczyk, le chef du cabinet du premier ministre.

L’ONU avait annoncé que le nombre total des personnes ayant quitté l’Ukraine pour chercher refuge dans les pays voisins avait dépassé 1,5 million. Autrement dit, deux sur trois ont choisi de se rendre en Pologne.

De son côté, la branche polonaise d’Amnesty International a appelé sur Facebook à ne pas oublier les réfugiés syriens ou yéménites bloqués à la frontière avec la Biélorussie et mis en garde contre « l’énorme injustice » consistant en un traitement inégal des étrangers en fonction de leur nationalité.

Des pays d’accueil

Plus de 1,5 million de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe lancée le 24 février, selon les derniers décomptes de l’ONU dimanche.

Hongrie

La Hongrie accueillait 169 053 personnes, soit 11 % du total et plus de 12 000 de plus que la veille, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).

 

Slovaquie

La Slovaquie dénombrait 113 967 personnes ayant fui l’Ukraine, soit 7,4 % du total, selon le HCR.

Moldavie

Selon le décompte du HCR, la Moldavie a accueilli jusqu’à présent sur son territoire 235 000 réfugiés en provenance de l’Ukraine, dont environ 207 000 Ukrainiens.

Roumanie

En Roumanie, le HCR dénombre 71 640 réfugiés, soit environ 4,7 % du total.

 

Ailleurs

Le HCR a aussi précisé que 157 056 personnes (10,2 % du total) avaient poursuivi leur route, une fois la frontière ukrainienne franchie, vers d’autres pays européens.



À voir en vidéo