Une autre facette de l’exode ukrainien

Des réfugiés originaires d’Asie et d’Afrique affirment attendre plus longtemps à la frontière polonaise.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Des réfugiés originaires d’Asie et d’Afrique affirment attendre plus longtemps à la frontière polonaise.

Enveloppé dans une grande couverture, Safoula est accroupi sur le sol face au grillage du poste-frontière de Medyka, une ville polonaise adossée à la frontière ukrainienne. Le lendemain de l’invasion russe, il a fait ses valises et a pris la direction de la Pologne sur-le-champ. Il a marché pas moins de 40 kilomètres jusqu’au poste frontalier en raison de l’imposant embouteillage de voitures s’étendant sur des dizaines de kilomètres, sur la route allant de Lviv à Medyka.

Ce Pakistanais de 22 ans, qui étudiait en science informatique à Kiev, la capitale de l’Ukraine, attend ses amis toujours coincés du côté ukrainien, dans l’interminable file débouchant sur les gardes-frontières ukrainiens et polonais. Il doit encore attendre plusieurs heures dans le froid. Son objectif dans l’immédiat : rejoindre Varsovie en train, d’où il repartira vers son pays natal. Outre les réfugiés de nationalité ukrainienne, les résidents non européens comme Safoula sont particulièrement nombreux depuis deux jours à affluer en Pologne. La plupart sont de jeunes travailleurs ou étudiants étrangers, issus de divers pays d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Asie du Sud.

Certains affirment être victimes de discrimination en étant retenus à la frontière, alors que d’autres disent ne pas avoir eu de problème à passer. Une fois la frontière franchie, beaucoup doivent cependant attendre longuement le bus les menant à Przemyśl, à quinze kilomètres à l’ouest, pendant toute une journée pour certains. Et ce, alors que les Ukrainiennes et leurs enfants peuvent compter sur des navettes à fréquence régulière.

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.

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