​Tensions en Ukraine: la Russie est menacée de nouvelles sanctions

À Berlin, en Allemagne, des manifestants demandent au président russe, Vladimir Poutine, d'«arrêter la guerre». 
Photo: John MacDougall Agence France-Presse À Berlin, en Allemagne, des manifestants demandent au président russe, Vladimir Poutine, d'«arrêter la guerre». 

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont brandi dimanche la menace de nouvelles sanctions contre la Russie, au moment où Washington et ses alliés de l’OTAN intensifient leurs efforts pour dissuader Moscou d’envahir l’Ukraine.

Londres, qui a multiplié les annonces pour tenter d’accroître la pression sur Moscou, a indiqué dimanche vouloir cibler les intérêts russes « qui intéressent directement le Kremlin ». À Washington, deux élus démocrate et républicain ont affirmé que le Congrès était proche d’un accord sur un projet de loi prévoyant de nouvelles sanctions économiques contre la Russie.

L’influent sénateur démocrate Bob Menendez a ainsi promis sur la chaîne CNN « des conséquences graves » à Moscou en cas d’invasion de l’Ukraine, le sénateur républicain Jim Risch évoquant lui un « prix dévastateur » pour le président russe, Vladimir Poutine.

« Relations équitables »

Les tensions sont au plus haut entre Moscou et les Occidentaux au sujet de l’Ukraine, près de laquelle la Russie a massé des dizaines de milliers de soldats et des armements lourds.

Parmi l’arsenal de sanctions évoquées, le Royaume-Uni comme les États-Unis envisagent de cibler le gazoduc stratégique Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne, ou encore l’accès des Russes aux transactions en dollars, la monnaie reine dans les échanges internationaux.

Face à la perspective de ces nouvelles sanctions, Moscou a réclamé d’être traité sur un pied d’égalité par Washington. « Nous voulons de bonnes relations, équitables, mutuellement respectueuses et égales avec les États-Unis, comme avec tout autre pays du monde », a déclaré à la télévision le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Désescalade

 

La Russie « ne veut pas rester dans une position où [sa] sécurité est régulièrement violée », a poursuivi M. Lavrov.

Moscou va envoyer aux pays de l’OTAN et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) « une demande officielle les exhortant à préciser comment ils entendent mettre en œuvre leur engagement à ne pas renforcer leur sécurité au détriment de la sécurité des autres ».

Face à la menace d’une invasion, Kiev a appelé dimanche la Russie à retirer ses troupes massées le long de la frontière entre les deux pays et à poursuivre le dialogue avec les Occidentaux si elle souhaite « sérieusement » une désescalade des tensions.

« Desseins égoïstes »

La Russie est accusée depuis fin 2021 d’avoir massé jusqu’à 100 000 soldats à la frontière ukrainienne en vue d’une attaque. Moscou nie tout projet en ce sens, tout en réclamant des garanties écrites pour sa sécurité, dont le rejet d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et la fin du renforcement militaire de l’Alliance atlantique à l’Est.

Cette demande clé a été rejetée par les États-Unis cette semaine dans une réponse écrite à Moscou. Le Kremlin a indiqué réfléchir encore à sa réaction.

Un proche du président Vladimir Poutine, le chef du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev, a de son côté accusé les Occidentaux d’exacerber eux-mêmes les tensions.

« Nous ne voulons pas de guerre. Et nous n’en avons pas du tout besoin. Et ceux qui l’imposent, notamment les Occidentaux, poursuivent leurs propres desseins égoïstes », a-t-il déclaré, cité par les agences de presse russes.

La haute responsable diplomatique américaine Victoria Nuland a, quant à elle, affirmé qu’il n’y avait aucun signe de désescalade venant de Vladimir Poutine.

« Au contraire, il a déplacé davantage de troupes depuis que nous l’avons encouragé à désamorcer » la situation, a-t-elle souligné dimanche sur la chaîne américaine CBS.

Déployer des troupes

 

Plusieurs pays occidentaux ont annoncé ces derniers jours l’envoi de nouveaux contingents en Europe orientale.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, va quant à lui proposer la semaine prochaine à l’OTAN un déploiement de troupes pour répondre à la montée de « l’hostilité russe » envers l’Ukraine. Une annonce appréciée par le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kouleba, qui ont tous deux salué le « leadership » britannique.

Les autorités ukrainiennes ont demandé aux Occidentaux samedi de rester « fermes et vigilants » dans les négociations avec la Russie, tout en appelant à ne pas semer la « panique » quant à l’imminence d’une invasion.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, son homologue allemande, Annalena Baerbock, ainsi que le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, sont attendus cette semaine à Kiev.

La ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, est arrivée à Kiev dimanche pour une visite de deux jours. Elle a annoncé le déplacement des troupes militaires canadiennes dans l’ouest de l’Ukraine et le rapatriement temporaire de tous les employés non essentiels en poste à son ambassade de Kiev.

À voir en vidéo