Le Canada retire son personnel non essentiel de son ambassade en Ukraine

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly
Photo: Johanna Geron Agence France-Presse La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly

Affaires mondiales Canada a annoncé dimanche le retrait temporaire du personnel non essentiel de l’ambassade canadienne en Ukraine en raison des tensions vives dans cette région à la suite du renforcement militaire russe qui fait craindre une invasion.

Selon un communiqué, le gouvernement continue de surveiller la situation de près. Sa « priorité absolue » demeure la sécurité des Canadiens. L’ambassade leur est toujours ouverte.

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau avait annoncé la semaine dernière un nouvel appui à l’Ukraine. La mission d’entraînement de l’armée ukrainienne est prolongée, et même étendue. Le Canada enverra aussi de l’équipement militaire non létal, comme des gilets pare-balles.

M. Trudeau a rappelé que les militaires canadiens présents en Ukraine n’étaient pas là pour combattre une éventuelle invasion russe. L’objectif est d’aider les Ukrainiens à se défendre eux-mêmes contre une agression.

Environ 100 000 militaires ont été déployés par la Russie près de la frontière, ce qui fait craindre une invasion. Le gouvernement a nié avoir cette intention.

Le communiqué indique que le Canada renforcera son équipe de l’ambassade à Kiev en y envoyant des fonctionnaires possédant une expertise dans des domaines tels que la réforme du secteur de la sécurité, la gestion des conflits, la réforme démocratique, les services consulaires et la diplomatie.

« Ensemble, ils augmenteront notre capacité diplomatique et nous permettront de continuer à évaluer la situation et à réagir à son évolution en soutenant l’Ukraine », peut-on lire dans le communiqué.

La Russie demande que l’Ukraine ne soit pas admise au sein de l’OTAN, la coalition militaire et politique regroupant le Canada, les États-Unis et 28 pays européens. Le Kremlin exige aussi que l’OTAN retire toutes ses forces des territoires appartenant autrefois à l’ex-Union soviétique, comme la Lettonie, la Lituanie ou l’Estonie.

Le rejet par l’OTAN de ces revendications a alimenté les craintes d’une nouvelle guerre en Europe.

M. Trudeau a annoncé la semaine dernière un engagement de 340 millions de dollars pour prolonger de trois ans la mission de formation, connue sous le nom d’Opération UNIFIER.

Il a mentionné qu’il avait également autorisé les Forces armées canadiennes à déployer 60 membres du personnel supplémentaires pour rejoindre les 200 soldats déjà sur le terrain, avec une possibilité d’augmenter ce nombre jusqu’à 400.

340 millions
C’est la somme qu’a promise la semaine dernière Justin Trudeau pour prolonger de trois ans la mission de formation, connue sous le nom d’Opération UNIFIER, en Ukraine.

Le premier ministre Trudeau a également promis mercredi 50 millions de dollars en aide au développement et en aide humanitaire à l’Ukraine, en plus du prêt de 120 millions offert la semaine dernière pour aider à stabiliser l’économie ukrainienne.

Les membres de l’OTAN discutent de la possibilité d’accroître leur force en Europe de l’est afin de dissuader les Russes d’envahir l’Ukraine.

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