L’Angleterre remise masques et passeports sanitaires

L’Angleterre lève la quasi-totalité des dernières restrictions anti-COVID, mais certains restent prudents.
Tolga Akmen Agence France-Presse L’Angleterre lève la quasi-totalité des dernières restrictions anti-COVID, mais certains restent prudents.

L’Angleterre remise ses masques et passeports sanitaires, après avoir levé jeudi la quasi-totalité des dernières restrictions anti-COVID, même si certains abordent cette liberté retrouvée avec prudence.

C’est un « gros soulagement », reconnaît Jessie Wright, 19 ans, apprentie en ressources humaines, même si « cela fait encore un peu peur » et qu’elle « garde toujours un masque » sur elle. « Cela fait presque deux ans, et rester coincé à l’intérieur ou être contraint de rester à l’extérieur a été épuisant, surtout pour quelqu’un de mon âge », confie-t-elle à l’Agence France-Presse.

Après avoir mis un terme, il y a une semaine, à la recommandation de travailler chez soi pour ceux qui le peuvent, l’Angleterre abandonne à présent les autres restrictions --parmi les plus légères en Europe-- introduites en décembre face à la déferlante de cas Omicron : obligation du port du masque en intérieur dans les lieux publics et du passeport vaccinal pour les événements accueillant un public nombreux.

Le gouvernement a en outre annoncé jeudi que les résidents de maisons de retraite -- dont 86,5 % ont reçu leur dose de rappel de vaccin -- pourront recevoir un nombre illimité de visiteurs à partir de lundi. S’ils sont testés positifs au coronavirus, ils devront s’isoler moins longtemps.

Le maire de Londres Sadiq Khan a toutefois annoncé maintenir l’obligation du port du masque dans les transports en commun dans la capitale. Certaines chaînes de supermarchés comme Sainsbury’s, Waitrose ou Morrisons le demandent aussi à leurs clients.

James Hughes, 57 ans, éclairagiste dans le bâtiment, continuera lui à porter son masque quand l’endroit le nécessite. « Je m’inquiète du fait qu’il y a toujours en virus en circulation et je ne suis pas sûr que les gens le prendront sérieusement maintenant », affirme-t-il.

Pour lui, ce grand relâchement relève surtout d’une tentative du premier ministre Boris Johnson, empêtré dans le scandale du « partygate », de « sauver sa peau ».

« Sauver sa peau »

Ce vent de liberté tombe à point pour le Boris Johnson, plus que jamais fragilisé à la tête du gouvernement par le scandale des fêtes à Downing Street au mépris des règles anti-coronavirus.

Il s’est félicité sur Twitter de cette nouvelle étape tout en prévenant que « la pandémie n’est pas terminée » : « Tout le monde doit rester prudent, et j’exhorte tous ceux qui n’ont pas encore reçu leur vaccin à se manifester ».

Plus réticente que le reste du Royaume-Uni (Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord) à mettre en œuvre des restrictions, l’Angleterre les avait, une première fois, levées en quasi-totalité le 19 juillet dernier, surnommé le « jour de la liberté ».

Mais l’émergence à l’automne du variant Omicron, encore plus contagieux que Delta, a conduit le gouvernement de Boris Johnson à déclencher son « plan B », malgré l’opposition d’une partie de sa majorité.

Ces mesures avaient pour but de renforcer la protection de la population grâce à la campagne de rappel et de continuer à essayer de convaincre les récalcitrants de se faire vacciner. Au total, 37 millions de doses de rappel ont ainsi été administrées, permettant, souligne le gouvernement, de réduire cas graves et hospitalisations et d’amoindrir la pression sur le système de santé.

Selon les derniers chiffres, 64 % de la population de plus de 12 ans a reçu une troisième dose.

Alors que le nombre de cas explosait pendant les fêtes, Boris Johnson avait résisté aux appels à durcir encore les restrictions en place. Il estime que les faits lui ont donné raison : les hôpitaux ont tenu le coup, le nombre de patients sous ventilateur n’a jamais augmenté et les cas ont nettement baissé.

Pour autant, le Royaume-Uni, parmi les pays les plus durement touchés par la pandémie avec près de 155 000 morts, connaît toujours près de 100 000 nouveaux cas enregistrés quotidiennement et des taux d’infections très élevés chez les enfants et les adolescents.

Le premier ministre espère même pouvoir lever en mars l’obligation de s’isoler en cas de test positif, « tout comme il n’y a pas d’obligation légale pour les gens qui ont la grippe de s’isoler ».

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