Macron persiste et signe à propos des non-vaccinés

Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé lors d'une conférence de presse à l'Élysée avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. 
Photo: Michel Euler / Pool / AFP Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé lors d'une conférence de presse à l'Élysée avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. 

Le président français, Emmanuel Macron, a affirmé vendredi assumer « totalement » ses propos controversés de mardi sur les non-vaccinés, qu’il a dit avoir envie « d’emmerder », accusant certains d’entre eux de faire de « leur liberté, qui devient une irresponsabilité, un slogan ».

« On peut s’émouvoir sur des formes d’expression qui paraissent familières que j’assume totalement », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’Élysée avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

« Je m’émeus de la situation dans laquelle nous sommes, la vraie fracture du pays est là, quand certains font de leur liberté, qui devient une irresponsabilité, un slogan », a-t-il dénoncé.

« Non seulement ils mettent en danger la vie des autres, mais ils restreignent la liberté des autres, et ça, je ne peux pas l’accepter », a-t-il souligné.

« Et je ne peux pas laisser prospérer dans notre pays des débats qui consisteraient à dire : “ne les soignons pas”. Non », a ajouté le chef de l’État en revenant sur le contexte de l’entretien au quotidien populaire Le Parisien, où il répondait à deux soignants en colère contre les non-vaccinés.

Assumant sa « stratégie qui est simple : vacciner, vacciner, vacciner », le président Emmanuel Macron a expliqué que « c’est un mouvement complètement européen qui met des restrictions sur les personnes qui ne sont pas vaccinées ».

Des discours obscurantistes

« Et nous devons le faire aussi pour nos compatriotes qui parfois se laissent prendre par des discours obscurantistes, par des discours de peur : ils ne se protègent pas eux-mêmes alors que la science, la recherche et l’excellence technologique et productive européenne le leur permet », a-t-il ajouté.

« Il était de ma responsabilité de sonner un peu l’alarme, c’est ce que j’ai fait cette semaine, pour que les choses puissent avancer encore plus rapidement », a avoué le chef de l’État.

Ils restreignent la liberté des autres, et ça, je ne peux pas l’accepter.

 

Appuyant M. Macron, Ursula von der Leyen a estimé que « le pass vaccinal est un instrument pour protéger les vaccinés ». Pour elle, « cette discussion sur la responsabilité et la liberté est très importante dans notre société pendant une pandémie ».

Une « violence » décriée

Emmanuel Macron avait déclaré mardi : « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie. » Ses propos ont déclenché une tempête politique en plein examen à l’Assemblée nationale du projet de loi transformant le passeport sanitaire en passeport vaccinal, adopté dans la douleur jeudi.

La candidate d’extrême droite à l’élection présidentielle Marine Le Pen a accusé vendredi Emmanuel Macron d’être « un pyromane » en proférant des propos « d’une très grande violence ».

« Quand on est face à une crise, quelle qu’elle soit, ce qu’il faut rechercher, c’est l’unité du pays. C’est dans l’unité du pays qu’on résout les crises […] et pas dans la division », a-t-elle ajouté.

« Est-ce qu’Emmanuel Macron se sert de la crise sanitaire pour entrer en campagne ? La réponse est oui […] Est-ce que c’est utile ? La réponse est non » , a jugé la candidate du Rassemblement national (RN).

L’autre candidat d’extrême droite, Éric Zemmour, a de son côté jugé la situation « ridicule, puérile et cynique ». Selon lui, Emmanuel Macron « veut voler l’élection aux Français » en ne parlant que de la pandémie.

 

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