La France durcit ses mesures sanitaires, dans une Europe en pleine cinquième vague

Le rappel vaccinal contre la COVID-19, le plus souvent sous forme d’une troisième dose, qui n’est aujourd’hui accessible qu’aux plus de 65 ans, sera «ouvert à tous les adultes dès 5 mois après leur dernière injection» en France, à partir de ce samedi.
Photo: Theo Rouby Agence France-Presse Le rappel vaccinal contre la COVID-19, le plus souvent sous forme d’une troisième dose, qui n’est aujourd’hui accessible qu’aux plus de 65 ans, sera «ouvert à tous les adultes dès 5 mois après leur dernière injection» en France, à partir de ce samedi.

Face à la flambée de la pandémie de COVID-19 en Europe, la France a annoncé jeudi un durcissement des contraintes, sans reconfinement ni couvre-feu, tandis que l’Allemagne, frappée par sa plus violente vague de contaminations, a franchi le seuil des 100 000 morts.

Des scientifiques sud-africains ont annoncé jeudi qu’un nouveau variant de la COVID-19 présentant un nombre « extrêmement élevé » de mutations et avec un « potentiel de propagation très rapide » avait été détecté dans leur pays.

L’Europe est redevenu cet automne l’épicentre mondial de la pandémie, alors que le variant Delta, très contagieux, a réduit à 40 % l’efficacité des vaccins contre la transmission de la maladie, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

La COVID-19 a causé la mort de plus d’1,5 million de personnes sur le continent depuis le début de la pandémie, selon un comptage de l’AFP réalisé à partir de bilans officiels. L’OMS a prévenu que la maladie pourrait y faire 700 000 morts supplémentaires d’ici le printemps.

Au total, le coronavirus a fait plus de 5,16 millions de morts dans le monde depuis fin 2019. L’OMS estime qu’en considérant la surmortalité directement et indirectement liée à la COVID-19, le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé.

En France, où la COVID a tué plus de 118 000 personnes, il n’est à ce stade envisagé « ni confinement, ni couvre-feu », a annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran.

En Autriche, les autorités avaient pris il y a quelques jours la décision de confiner, une mesure d’une sévérité sans précédent en Europe depuis le début des campagnes de vaccination.

« Sauver les fêtes de fin d’année »

D’autres « confinements », en réalité moins stricts, avaient déjà été décrétés dans d’autres pays comme la Lettonie et les Pays-Bas. Des restrictions supplémentaires ont été mises en place en Slovaquie et en Italie.

« Nous pouvons passer cette vague sans recourir aux outils les plus contraignants », a souligné le ministre français, précisant qu’il n’y aurait à ce stade « ni fermeture anticipée de commerces ni restrictions de déplacement ».

Le rappel vaccinal contre la COVID-19, le plus souvent sous forme d’une troisième dose, qui n’est aujourd’hui accessible qu’aux plus de 65 ans, sera « ouvert à tous les adultes dès 5 mois après leur dernière injection » en France, à partir de ce samedi.

Le ministre a également annoncé le retour de l’obligation du port du masque partout en intérieur dans les lieux recevant du public, à compter de vendredi, y compris dans les lieux où le passeport sanitaire est réclamé (restaurants, centres commerciaux, lieux de spectacle, musées…).

Il s’agit de « sauver les fêtes de fin d’année », avait souligné mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à la sortie d’un Conseil des ministres tenu en l’absence physique du premier ministre, Jean Castex, lui-même atteint de la COVID-19.

En Martinique et en Guadeloupe, dans les Antilles françaises, la contestation du vaccin anti-COVID, mêlée de revendications sociales liées au coût de la vie, a provoqué des violences allant jusqu’à des tirs d’arme à feu contre des pompiers et des policiers. Des barrages routiers entravent l’activité de ces deux îles.

Un renforcement des mesures est également à l’étude aux Pays-Bas, où les restrictions sanitaires ont déjà provoqué des nuits d’émeute.

« Chaque jour compte »

Pour le premier ministre belge, Alexander De Croo, qui va organiser en urgence vendredi une réunion pour décider de nouvelles mesures, l’augmentation des contaminations et hospitalisations liées à la COVID-19 est « supérieure aux courbes les plus pessimistes » esquissées la semaine dernière par les experts scientifiques.

Ancien élève modèle, l’Allemagne fait face à sa plus forte vague au moment où un nouveau gouvernement s’apprête à entrer en fonction.

Plus de 100 000 personnes y sont mortes de la COVID-19 depuis le début de la pandémie. Dans la journée de mercredi, 75 961 nouvelles contaminations ont été dénombrées.

« Chaque jour compte », a mis en garde jeudi la chancelière sortante Angela Merkel, qui souhaite un tour de vis supplémentaire et l’a fait savoir à son successeur, Olaf Scholz, qui a promis de « tout faire » face à la pandémie.

La nouvelle coalition mise sur la généralisation du passeport sanitaire dans les transports et de restrictions d’accès pour les non-vaccinés, par exemple pour des lieux culturels, ainsi que sur la vaccination.

Un milliard d’euros va par ailleurs être débloqué en faveur du personnel soignant et aide-soignant, l’équivalent d’un peu plus d’1,4 milliard de dollars canadiens.

De son côté, la Commission européenne a recommandé jeudi l’administration d’une dose de rappel au plus tard neuf mois après la deuxième dose de vaccin pour renforcer le passeport sanitaire européen, dont la validité ne serait plus reconnue sans ce rappel.

Et le vaccin de Pfizer contre la COVID-19 a été approuvé pour les enfants de 5 à 11 ans par le régulateur européen du médicament, ouvrant la voie à une vaccination au sein de ce groupe d’âge dans l’UE.



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