Insouciance carnavalesque sur fond de flambée des infections en Allemagne

La saison du carnaval débute officiellement chaque 11 novembre à 11h11 et se termine le mercredi des Cendres — le lendemain du Mardi gras — de l’année suivante. Les célébrations en fin de carnaval durent une semaine entière.
Photo: Ina Fassbender Agence France-Presse La saison du carnaval débute officiellement chaque 11 novembre à 11h11 et se termine le mercredi des Cendres — le lendemain du Mardi gras — de l’année suivante. Les célébrations en fin de carnaval durent une semaine entière.

La fête est de retour à Cologne. Annulée en 2020, l’ouverture du carnaval s’est tenue jeudi, pour un public vacciné ou guéri, malgré une nouvelle flambée des infections à la COVID-19 qui inquiète les autorités.

« On est totalement protégés » par le passeport sanitaire renforcé, juge Marie-Louise, 62 ans, venue exprès des Pays-Bas pour « faire enfin de nouveau la fête ». Sur une place au cœur de la vieille ville, une foule colorée de quelques milliers de fêtards sans masque reprend une chanson en chœur : « Mir sin widder do », soit « on est de retour ». Beaucoup brandissent des panneaux portant le même message.

« Le risque est raisonnable », assure également Uwe Schörnig, trésorier d’une association de carnavaliers à Cologne. Mais en Allemagne, la pandémie s’emballe : pour la première fois, le nombre de nouveaux cas en 24 heures a dépassé les 50 000 jeudi, et les hôpitaux se remplissent de plus en plus. Au point que Markus Söder, chef du gouvernement bavarois, a déclaré avoir « un peu de mal à imaginer » la tenue du carnaval cette année.

« Je ne culpabilise pas de faire la fête », affirme à l’AFP M. Schörnig, en uniforme de marin : « Si les politiques pensent que des restrictions sont nécessaires, alors on s’y tiendra, mais tant que ce n’est pas le cas, on continuera. »

Prince infecté

La COVID-19 a cependant bousculé la cérémonie officielle : le « prince » du carvanal de Cologne, au centre de l’événement, a été déclaré positif la veille. C’est son jeune homologue, le prince enfant, qui a dû le remplacer au pied levé. Il s’est donc présenté comme le veut l’usage devant la foule.

« On a attendu si longtemps » alors que la quasi-totalité des événements avaient été annulés en 2020, lance Hanno Pütz, lui-même prince de la ville de Bergisch Gladbach en 2019. « On avait hâte d’enfiler de nouveau nos uniformes. » « On a si peu de normalité dans nos vies actuellement, ça nous redonne un peu de joie de vivre », ajoute-t-il, portant un traditionnel couvre-chef du carnaval coloré blanc, rouge et doré — le reste du costume de fête toujours caché sous l’anorak.

La saison du carnaval débute officiellement chaque 11 novembre à 11 h 11 et se termine le mercredi des Cendres — le lendemain du Mardi gras — de l’année suivante. Les célébrations en fin de carnaval durent une semaine entière.

Sans passeport sanitaire, « ce ne serait pas possible avec autant de monde », estime Stephanie Walbröhl, qui compte quand même « se faire tester tout le week-end » avant de retourner au travail.

On a si peu de normalité dans nos vies actuellement, ça nous redonne un peu de joie de vivre

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