La pandémie de COVID-19 repart à la hausse en Europe

La Russie est actuellement le pays européen qui recense le plus de décès liés à la COVID-19 avec 1051 morts en moyenne chaque jour, suivie par l’Ukraine (485) et la Roumanie (420).
Photo: Alexander Nemenov Agence France-Presse La Russie est actuellement le pays européen qui recense le plus de décès liés à la COVID-19 avec 1051 morts en moyenne chaque jour, suivie par l’Ukraine (485) et la Roumanie (420).

Alors que la pandémie de COVID-19 stagnait en Europe depuis début août, la région subit depuis début octobre un rebond épidémique, tant en ce qui concerne le nombre de cas qu’en ce qui a trait au nombre de décès, selon un bilan établi lundi par l’AFP à partir de bilans officiels.

Durant les sept derniers jours, quelque 1 672 000 cas — soit une moyenne de 239 000 cas par jour — ont été enregistrés dans la région, composée de 52 pays et territoires (à l’est, jusqu’à l’Azerbaïdjan et la Russie).

C’est une augmentation de 18 % par rapport à la semaine précédente, et d’environ 60 % par rapport à août et septembre, quand le nombre de nouveaux cas stagnait autour de 150 000 par jour.

Quarante-deux pays de la région ont vu les contaminations augmenter ces sept derniers jours, tandis que seulement sept ont enregistré des chiffres en baisse.

Les chiffres actuels demeurent inférieurs aux plus hauts chiffres atteints dans la région, avec une moyenne de 284 000 cas par jour entre le 2 et le 8 novembre 2020. Mais l’Europe représente actuellement plus de 55 % des nouvelles contaminations dans le monde.

Géographie des augmentations

Hors les micro-États, le pays le plus touché par ce rebond épidémique est la République tchèque, avec une moyenne d’environ 3100 cas par jour au cours des sept derniers jours, soit une hausse de 124 % par rapport à la semaine précédente. Suivent la Hongrie avec 2000 cas par jour, en hausse de 104 %, et la Pologne avec près de 5000 cas par jour et une hausse de 95 %.

Selon les données rapportées à leur population, les pays qui recensent actuellement le plus de contaminations en Europe sont la Lettonie, avec 880 cas pour 100 000 habitants ces sept derniers jours, l’Estonie (753) et la Géorgie (736).

55 %
C’est le pourcentage des nouvelles contaminations en Europe sur le total mondial actuellement.

Le nombre de décès est lui aussi en hausse dans la région : 3120 décès quotidiens ont été enregistrés en moyenne dans la semaine écoulée, en augmentation de 16 % par rapport à la semaine précédente. Une moyenne supérieure à 3000 décès par jour n’avait plus été atteinte depuis début mai, mais ces chiffres restent éloignés du record de 5735 décès quotidiens en moyenne en Europe lors de la semaine du 14 au 20 janvier.

Plus d’un tiers des décès recensés en Europe le sont actuellement en Russie (1051 morts en moyenne chaque jour), suivie par l’Ukraine (485) et la Roumanie (420).

Sous-variant à l’examen

Un sous-variant du Delta qui se propage au Royaume-Uni inquiète les autorités sanitaires du pays. La nouvelle forme du virus semble a priori plus transmissible, mais pas plus dangereuse.

Le variant « AY.4.2 » représentait la semaine dernière 6 % des cas totaux au Royaume-Uni, a précisé dans son bulletin hebdomadaire l’UK Health Security Agency, qui l’a classé comme « variant en cours d’investigation ». Il ne représente donc pas un « variant inquiétant » et n’est pas pour le moment affublé d’une lettre grecque.

« Des éléments préliminaires semblent prouver qu’il présente un taux de transmission plus élevé par rapport au Delta », a expliqué l’agence de santé publique britannique. « Des preuves supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si c’est lié à un changement dans le comportement du virus ou aux conditions épidémiologiques », a-t-elle ajouté.

En revanche, ce variant ne provoque pas plus d’hospitalisations et « ne semble pas causer de version plus grave de la maladie ou rendre les vaccins actuellement distribués moins efficaces ». Le variant AY.4.2 n’apparaît donc pas comme susceptible de modifier la trajectoire de la pandémie. Il prouve toutefois que le SRAS-CoV-2 possède encore le potentiel d’évoluer vers de nouvelles mutations plus transmissibles.

Avec Le Devoir

Seuils critiques bientôt franchis

Le monde franchira cette semaine le cap des cinq millions de morts attribuables à la COVID-19. Le seuil des 250 millions d’êtres humains infectés doit aussi être dépassé au cours des prochains jours.

Selon les statistiques compilées lundi par une équipe de l’Université Johns Hopkins, les États-Unis constituent le pays le plus endeuillé, avec 738 333 morts, suivis du Brésil (605 804), de l’Inde (455 068), du Mexique (286 496) et de la Russie (228 581).

En prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée à la COVID-19, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le bilan global de la pandémie pourrait être deux ou trois fois plus élevé que celui officiellement établi.

Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé cette fin de semaine qu’avec « près de 50 000 décès par semaine » dans le monde, « la pandémie est loin d’être terminée ».



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