La flambée des prix de l’énergie divise les dirigeants de l’UE

Bruxelles proposera le 13 octobre un arsenal de mesures temporaires, mais il faudra attendre le prochain sommet des dirigeants de l’UE, les 21 et 22 octobre, pour discuter des adaptations à plus long terme.
Photo: Joe Klamar Agence France-Presse Bruxelles proposera le 13 octobre un arsenal de mesures temporaires, mais il faudra attendre le prochain sommet des dirigeants de l’UE, les 21 et 22 octobre, pour discuter des adaptations à plus long terme.

Les dirigeants de l’Union européenne, réunis mercredi en Slovénie, ont affiché leurs divisions quant à la réponse à apporter à la flambée des prix de l’énergie : la France et l’Espagne appellent à une réforme en profondeur, tandis que d’autres prônent la patience.

Bruxelles proposera le 13 octobre un arsenal de mesures temporaires, mais il faudra attendre le prochain sommet des dirigeants de l’UE, les 21 et 22 octobre, pour discuter des adaptations à plus long terme.

En attendant, le sujet s’est invité au château de Brdo, en marge du sommet consacré à l’élargissement aux Balkans occidentaux, alors que le cours du gaz naturel a atteint de nouveaux records historiques sur les marchés européens en raison d’une forte demande à l’approche de l’hiver. « Nous avons demandé à [l’exécutif européen] d’être audacieux dans sa réponse », a déclaré le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, à son arrivée au château de Brdo. « Nous sommes confrontés à une crise sans précédent qui requiert des mesures exceptionnelles, innovantes et énergiques. »

L’Espagne fait partie des cinq pays de l’UE qui réclament une « approche commune », aux côtés de la France, la République tchèque, la Grèce et la Roumanie.

Paris souhaite une révision importante du marché de l’électricité, notamment la fixation des prix, jugée trop dépendante des cours des énergies fossiles, tandis que Madrid propose des « achats groupés », sur le modèle de l’approvisionnement en vaccins anti-COVID-19. Mais d’autres pays, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, ont mis en garde contre des « mesures extrêmes », arguant qu’il s’agissait d’une situation temporaire.

Le dirigeant national-conservateur hongrois, Viktor Orban, en a profité pour mettre une nouvelle fois en cause la politique de l’UE qui vise à réduire de 55 % ses émissions carbone d’ici 2030. « La flambée actuelle des prix, c’est la faute de la Commission européenne », a-t-il asséné, appelant à « modifier certaines réglementations ».

Depuis le Luxembourg, où se tenait une réunion des ministres européens de l’Environnement, le ministre grec Kostas Skrekas a quant à lui lancé un avertissement contre de telles tentations « populistes ». De même, pour le vice-président de l’exécutif européen, Frans Timmermans, il faut accélérer la transition énergétique pour « protéger les citoyens contre les hausses de prix ».

De son côté, le président russe, Vladimir Poutine, a jugé mercredi l’Europe responsable de la crise du gaz, car elle n’a pas conclu suffisamment de contrats de livraison à long terme avec Moscou, favorisant ainsi l’envolée des prix.

Certains accusent Moscou de ne pas ouvrir suffisamment les robinets de son nouveau gazoduc vers l’Allemagne, le controversé Nord Stream 2, dont le remplissage a commencé récemment. Mais la chancelière allemande, Angela Merkel, a dit ne pas avoir de preuve de commandes européennes non honorées par Moscou. « La Russie ne peut livrer que sur la base d’engagements contractuels. Et pas juste comme cela. La question est donc de savoir : y a-t-il assez de commandes ? […] Tout cela doit être analysé d’ici le sommet [de mi-octobre à Bruxelles] », a jugé Mme Merkel.

À voir en vidéo