Londres envisage de recourir à l’armée face à la pénurie de carburant

Le manque de camionneurs est particulièrement visible au Royaume-Uni, où des images d’étagères vides dans les supermarchés et de pompes à essence vides ont récemment circulé.
Photo: Paul Ellis Agence France-Presse Le manque de camionneurs est particulièrement visible au Royaume-Uni, où des images d’étagères vides dans les supermarchés et de pompes à essence vides ont récemment circulé.

Vu les longues files de voitures qui se sont formées pour une quatrièmejournée de suite lundi devant des stations-services du Royaume-Uni, le gouvernement de Boris Johnson envisage d’appeler l’armée en renfort pour alléger une pénurie de carburant attribuée à un manque de camionneurs.

L’Association médicale britannique a demandé que les travailleurs de la santé aient un accès prioritaire au carburant disponible. Le président de l’Association des détaillants de pétrole, Brian Madderson, a de son côté indiqué que des militaires étaient à recevoir la formation nécessaire pour pouvoir conduire les camions-citernes.

Le gouvernement a dit n’avoir « aucune intention pour le moment » de déployer des troupes, mais qu’il se prépare à toute éventualité.

L’Association des détaillants depétrole, qui représente quelque 5500 détaillants indépendants, a révélé dimanche que les deux tiers de ses membres rapportent avoir manqué de carburant, puisqu’une pénurie de camionneurs a poussé les automobilistes à se ruer vers les stations pour faire des réserves.

Londres assure que le Royaume-Uni a « amplement de réserves decarburant » et attribue ces longues files au comportement paniqué des consommateurs.

« La seule raison pour laquelle nous manquons de carburant […] est que les gens achètent du carburant dont ils n’ont pas besoin », a dénoncé le ministre de l’Environnement, George Eustice.

Le président de l’Association médicale britannique, le docteur Chaand Nagpaul, a dit que les travailleurs de la santé et les autres travailleurs essentiels devraient obtenir « un accès prioritaire au carburant pour qu’ils puissent poursuivre leur travail essentiel et assurer les soins des patients ».

Pénurie de camionneurs

L’industrie britannique du transport routier affirme avoir besoin de 100 000 camionneurs de plus en raison d’un ensemble de facteurs simultanés tels que la pandémie de COVID-19, le vieillissement des travailleurs et le départ des chauffeurs étrangers après que Londres a claqué la porte de l’Union européenne l’an dernier. Les nouvelles règles imposent aux résidents du bloc européen d’avoir un visa pour vivre et travailler au Royaume-Uni.

Plusieurs pays, dont l’Allemagne et les États-Unis, manquent aussi de camionneurs. Mais le problème est particulièrement visible au Royaume-Uni, d’où des images d’étagères vides dans les supermarchés et de pompes à essence vides ont récemment circulé.

Le gouvernement a temporairement permis aux pétrolières de collaborer entre elles pour cibler les secteurs où l’approvisionnement est particulièrement difficile.

La seule raison pour laquelle nous manquons de carburant […] est que les gens achètent du carburant dont ils n’ont pas besoin

 

Londres a aussi mobilisé des examinateurs militaires pour accélérer l’octroi de permis aux camionneurs qui ont terminé leur formation. Le ministre Eustice a dit que le gouvernement n’a pour le moment aucune intention de confier le volant à des soldats.

Le gouvernement a aussi annoncé samedi qu’il octroiera des visas temporaires à des milliers de camionneurs étrangers pour empêcher les familles britanniques de souffrir de différentes pénuries pendant le temps des Fêtes.

Environ 5000 visas de trois mois seront ainsi remis à des camionneurs à compter du mois d’octobre, et 5500 à des ouvriers du secteur de la volaille.

Plusieurs intervenants croient toutefois que ces mesures seront insuffisantes. D’autres se demandent combien de camionneurs voudront venir travailler au Royaume-Uni pendant seulement trois mois.

Olaf Scholz, le chef du parti qui a remporté les élections en Allemagne dimanche, a lancé qu’il revient aux Britanniques de gérer les problèmes qui découlent directement de leur décision de quitter l’Union européenne.

 

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