Les nouveaux cas de COVID-19 explosent en France

Les autorités du pays craignent une répétition du scénario de l’été 2020: des contaminations qui commencent par les jeunes, puis qui se propagent aux plus âgés et aux plus fragiles.
Photo: Sebastien Salom-Gomis Agence France-Presse Les autorités du pays craignent une répétition du scénario de l’été 2020: des contaminations qui commencent par les jeunes, puis qui se propagent aux plus âgés et aux plus fragiles.

Avec plus de 20 000 cas par jour, dix fois plus qu’il y a un mois, les contaminations par la COVID-19 explosent en France à cause du variant Delta. Et les autorités redoutent les conséquences de cette reprise épidémique sur les hôpitaux et les services de réanimation.

« L’impact sur le système de soins est la vraie question, la seule question », a assuré le président du Conseil scientifique qui guide le gouvernement dans la crise, Jean-François Delfraissy, jeudi au Sénat.

Jugé 60 % plus transmissible que le variant Alpha, son prédécesseur, le variant Delta provoque actuellement une explosion du nombre des cas, à tel point que le gouvernement parle de quatrième vague.

Jeudi près de 22 000 nouveaux cas ont été enregistrés, 21 000 la veille, contre moins de 2000 fin juin.

« Nous avons une augmentation de la circulation du virus de l’ordre de 150 % sur une semaine : nous n’avons jamais connu cela » depuis le début de la pandémie, s’est alarmé mardi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Pour l’instant, le nombre des hospitalisations pour COVID est toujours en baisse : 6832 jeudi (dont moins de 900 dans les services de réanimation), le chiffre le plus bas depuis octobre 2020. C’est presque deux tiers de moins que deux mois auparavant.

Une tendance logique, compte tenu du délai entre la détection d’un cas et l’éventuelle hospitalisation du patient.

Mais la situation pourrait vite changer, craignent les autorités.

« Courbe de montée »

« La baisse s’est ralentie, et dans cinq régions — notamment celles du sud —, on voit qu’il commence à y avoir une augmentation du nombre de patients en réanimation », a souligné M. Véran jeudi devant les sénateurs.

Sur sept jours, jusqu’à mercredi, 1550 malades ont été hospitalisés, dont près de 300 dans les services de réanimation (contre respectivement 750 et 150 deux semaines auparavant).

Or c’est pour éviter que l’hôpital et les services de soins intensifs ne soient débordés que des mesures de restriction avaient été imposées au moment des précédentes vagues, à commencer par le confinement de mars 2020.

Un facteur a changé la donne : la vaccination. Elle réduit le risque d’infection, même avec le variant Delta et, plus encore, celui de faire une forme grave de la COVID-19.

Les vaccins garantissent donc qu’un certain nombre de contaminations ne se transformeront pas en hospitalisations. Mais le Delta est si contagieux que cela pourrait ne pas suffire, selon les scientifiques.

Les autorités craignent une répétition du scénario de l’été 2020 : des contaminations qui commencent par les jeunes (ce qui est en train de se produire), puis qui se propagent aux plus âgés et aux plus fragiles, avec à la clé une hausse du nombre des hospitalisations, en particulier chez les non-vaccinés.

Craintes pour fin août

La France a donc les yeux rivés sur les pays où Delta a quelques semaines d’avance.

« En Angleterre, on voit une augmentation du nombre d’hospitalisations, qui ne sont pas pour l’instant des hospitalisations en réanimation parce que les vaccins protègent contre la survenue de formes graves », a indiqué le Dr Delfraissy.

Selon lui, le Royaume-Uni devrait atteindre « 1500 hospitalisations par jour à partir du milieu de la semaine prochaine ».

Toutefois, les Britanniques (et en particulier les plus âgés) sont plus vaccinés que les Français : plus des deux tiers des adultes le sont complètement au Royaume-Uni, contre moins de la moitié en France.

D’où le tour de vis annoncé le 12 juillet par le président Emmanuel Macron, avec l’extension du passeport sanitaire. Ce dispositif permet de vérifier qu’une personne est vaccinée ou non contaminée à l’entrée de divers lieux publics comme les cafés, restaurants, centres commerciaux, avions et trains.

Par ailleurs, « en Espagne, au Portugal, aux Pays-Bas, pour l’instant, la charge de soins n’augmente pas beaucoup, même si elle augmente », selon M. Véran.

En tenant compte de tous ces paramètres, le Dr Delfraissy appréhende « une situation complexe, très complexe » dans les hôpitaux français pour la deuxième quinzaine du mois d’août.

Un timing estival qui serait doublement problématique, a prévenu le ministre : « C’est le mois le plus difficile pour organiser les hôpitaux, ce qui rajoute de la complexité à la complexité ».



À voir en vidéo