«Comme si on était revenus à la normale»

Des Français ont profité de l'assouplissement des mesures sanitaires pour aller se rafraîchir à la plage de Palavas-les-Flots, dans le sud de la France.
Photo: Pascal Guyot Agence France-Presse Des Français ont profité de l'assouplissement des mesures sanitaires pour aller se rafraîchir à la plage de Palavas-les-Flots, dans le sud de la France.

La France a entamé cette semaine la dernière étape de son déconfinement, allégeant ainsi les règles sanitaires en vigueur dans la plupart des sphères de la société. Des inquiétudes persistent néanmoins quant à la montée rapide du variant Delta, qui pourrait ébranler la situation sanitaire du pays.

Le 30 juin, plusieurs contraintes sanitaires sont tombées en France, même si le masque demeure requis dans bien des endroits. Ainsi, les limitations à la capacité des restaurants et des bars, mais aussi des musées, des cinémas et des autres institutions culturelles, sont tombées mercredi, permettant à ces établissements d’accueillir plus de clients. Pour les concerts, une capacité maximale de 75 % s’applique lorsque ceux-ci ont lieu à l’intérieur ou si des personnes sont debout à l’extérieur.

Les Français n’ont également plus besoin de porter le masque lorsqu’ils déambulent à l’extérieur, tout comme lorsqu’ils sont assis aux tables des cafés et des restaurants. Ils doivent toutefois porter celui-ci lorsqu’ils quittent leur table, comme c’est le cas au Québec.

« On était habitués à ne plus voir personne dans les rues, à voir les restaurants fermés, alors que là, tout le monde se promène, les terrasses sont pleines […] C’est comme si on était revenus à la normale », évoque Célien Machillot, qui demeure dans la région de l’Île-de-France, dans le nord du pays.

Contrairement au Centre Bell, à Montréal, les stades et autres installations sportives ne font également plus face en France à des restrictions quant à leur capacité maximale. Cependant, pour accéder à un lieu sportif et culturel qui peut accueillir plus de 1000 personnes, un passeport sanitaire, qui comprend une preuve vaccinale et un récent test négatif à la COVID-19, est nécessaire. Lorsque ce document est exigé, le port du masque devient alors optionnel. Depuis le 1er juillet, le passeport sanitaire vient par ailleurs faciliter les déplacements des Européens au sein du continent.

« Si on veut prendre des vacances [dans un autre pays] et revenir, on n’aura pas le choix de se faire vacciner », constate ainsi M. Machillot.

Les discothèques ouvriront pour leur part leurs portes le 9 juillet. Elles devront alors exiger de leurs clients qu’ils disposent d’un passeport sanitaire, tandis que la capacité de ces établissements sera limitée à 75 %. « Ça m’étonnerait qu’il y ait foule à la réouverture », croit toutefois M. Machillot, qui estime qu’il n’y a « pas pire endroit » où se rendre dans le contexte sanitaire actuel.

« Quand il fait très beau, ça fourmille [dans les rues], constate d’ailleurs Catherine Vallet, qui habite à 45 minutes de Paris, mais on reste dans une ambiance qui est quand même anxiogène. » Mme Vallet a elle-même contracté la COVID-19 dans les derniers mois et a été hospitalisée pendant dix jours.

Un variant qui inquiète

Pendant ce temps, le variant Delta, d’abord détecté en Inde, suit une courbe préoccupante en France. En quelques jours, sa prédominance dans les nouveaux cas positifs à la COVID-19 est ainsi passée de 10 à plus de 30 %. La dernière étape du plan de déconfinement a été reportée au 6 juillet pour le département des Landes en raison de la progression rapide dans cette région du variant Delta, beaucoup plus contagieux que la souche originelle du coronavirus.

« C’est un peu l’affolement », lance au Devoir le généticien français etprofesseur à l’Imperial College deLondres Philippe Froguel. La progression du variant Delta, « ça change tout, parce que les Français sont beaucoup moins vaccinés que les Canadiens », ajoute-t-il.

Actuellement, un peu plus de 50 % des Français ont reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19, contre environ 71 % de l’ensemble des Québécois. Ce sont par ailleurs « les jeunes » qui transmettent le plus le coronavirus, note l’expert.

« Et c’est là où c’est inquiétant, parce que la plupart des jeunes ne sont pas vaccinés en France », explique M. Froguel, qui appréhende une quatrième vague de la pandémie de COVID-19 avant l’automne.

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