Large victoire des conservateurs allemands dans un scrutin test

Oliver Kirchner (à droite), candidat du parti de l’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne et Reiner Haseloff (à gauche), chef du gouvernement régional et candidat de Union chrétienne-démocrate, ont participé à une débat télévisé après le dévoilement des premiers résultats des élections régionales.
Photo: Ronny Hartmann Agence France-Presse Oliver Kirchner (à droite), candidat du parti de l’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne et Reiner Haseloff (à gauche), chef du gouvernement régional et candidat de Union chrétienne-démocrate, ont participé à une débat télévisé après le dévoilement des premiers résultats des élections régionales.

Les conservateurs allemands ont remporté haut la main un scrutin régional crucial dans l’ex-RDA et engrangé un succès rassurant pour le chef du parti et prétendant à la succession d’Angela Merkel après les législatives de septembre.

Selon les résultats provisoires, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) obtient environ 37 % des voix, contre 21 % pour l’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans ce scrutin de Saxe-Anhalt, à l’ouest de Berlin, le dernier avant les élections nationales du 26 septembre, qui marqueront la fin des 16 ans d’Angela Merkel à la chancellerie.

La droite, portée par le populaire chef du gouvernement régional, Reiner Haseloff, améliore son score de près de 6 points, tandis que l’extrême droiterecule légèrement avec 21 % des suffrages.

« Il s’agit d’un résultat sensationnel. C’est un bon jour pour la CDU », s’est réjoui son secrétaire général, Paul Ziemiak. « Les gens ont voté contre l’AfD […] nous avons combattu de façon unie, c’est aussi un message en direction de Berlin », a estimé M. Haseloff.

Le plus grand parti d’Allemagne a tremblé en Saxe-Anhalt : si la plupart des enquêtes d’opinion lui donnaient l’avantage, il était talonné par l’AfD. Une victoire de l’extrême droite, inédite dans un scrutin régional, avait même été pronostiquée dans un sondage.

Le résultat « nous apporte bien sûr une impulsion » pour l’élection nationale et « c’est aussi un succès d’Armin Laschet », le chef de la CDU depuis janvier, a estimé le chef du groupe parlementaire de la droite Ralf Brinkhaus.

Impopulaire, contesté jusque dans ses propres rangs, l’aspirant à la succession d’Angela Merkel avait cruellement besoin d’un succès pour rassembler ses troupes et consolider la position des conservateurs qui, après avoir chuté derrière les verts dans les intentions de vote au niveau national, ont repris la tête dans les sondages.

Le plus grand parti allemand a traversé une crise de confiance, liée à la gestion gouvernementale de la troisième vague de l’épidémie de coronavirus, ratée selon certains, et aux scandales de corruption de ses députés lors de contrats d’achats de masques de protection.

Division

Si l’AfD a un peu reculé lors de ce vote régional, elle reste, et de loin, la deuxième force politique de la région, position qu’elle occupe depuis 2016. Reiner Haseloff a clairement exclu toute alliance avec l’extrême droite, même si certains membres de son parti ont flirté avec cette idée ces dernières années.

Il a dirigé le land depuis cinq ans aux commandes d’une coalition inédite dans le pays, avec les verts et les sociaux-démocrates du SPD. Selon les résultats provisoires, il pourrait la reconduire, même si le SPD a de nouveau perdu des voix.

Très marqué par l’industrie charbonnière, le land de Saxe-Anhalt est l’un des États de l’Est les plus touchés par l’exode de ses habitants depuis la réunification allemande en 1990. Un terrain fertile pour l’AfD, qui a bâti son succès en alimentant les craintes face à l’afflux de migrants dans le pays en 2015 et accuse régulièrement Berlin d’avoir délaissé les régions de l’ex-RDA. Depuis le début de la pandémie, le parti a enfourché les thèses complotistes, courtisant les opposants aux restrictions sanitaires.

 

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