Les aveux du journaliste détenu en Biélorussie diffusés

Le journaliste de 26 ans révèle aussi vouloir corriger ses erreurs et mener une vie tranquille, loin de la politique.
Photo: ONT channel via AP Le journaliste de 26 ans révèle aussi vouloir corriger ses erreurs et mener une vie tranquille, loin de la politique.

La télévision publique biélorusse a diffusé jeudi des déclarations filmées dans lesquelles un journaliste d’opposition arrêté récemment après le détournement de son avion reconnaît sa culpabilité et dit vouloir corriger ses erreurs, des aveux filmés « sous la menace » selon des défenseurs des droits de la personne.

Roman Protassevitch est l’ancien rédacteur en chef du média d’opposition Nexta, qui a joué un rôle clé dans le mouvement de contestation historique au Bélarus en 2020. Visiblement mal à l’aise à l’écran, il affirme avoir appelé à des protestations contre le régime et assure respecter le président Alexandre Loukachenko.

Le journaliste de 26 ans révèle aussi vouloir corriger ses erreurs et mener une vie tranquille, loin de la politique.

Quelques heures avant la diffusion de l’entretien, l’ONG de défense des droits de la personne Viasna a dénoncé l’obtention des propos « sous la menace ».

« Tout ce que dira [Roman] Protassevitch aura été obtenu après des menaces, psychologiques au minimum, et sous la menace d’accusations injustes, mais très graves dont il est l’objet », a déclaré à l’AFP jeudi matin le directeur de Viasna, Ales Bialiatski. « Quoi qu’il dise maintenant, c’est de la pure propagande qui n’a aucune part de vérité », a-t-il poursuivi.

Tollé international

Roman Protassevitch a été arrêté le 23 mai avec sa compagne russe de 23 ans, Sofia Sapega, après l’atterrissage non prévu de leur avion de ligne de la compagnie Ryanair, à Minsk, la capitale de la Biélorussie, alors qu’il était parti d’Athènes et devait atterrir à Vilnius, en Lituanie. Les autorités biélorusses ont justifié le détournement de l’avion, qui survolait leur territoire, par une alerte à la bombe.

Cette affaire a suscité un tollé international et l’annonce de nouvelles sanctions contre la Biélorussie, l’opposition et les capitales occidentales dénonçant un subterfuge du régime d’Alexandre Loukachenko pour arrêter l’opposant.

En Biélorussie, M. Protassevitch est poursuivi pour « organisation » d’émeutes au pays, un crime passible de 15 ans de prison.

Au lendemain de l’arrestation de l’opposant, alors que des médias indépendants s’inquiétaient de son état de santé, les autorités biélorusses avaient diffusé une vidéo de Roman Protassevitch dans laquelle ce dernier disait être « passé aux aveux ».

Son amie russe, Sofia Sapega, est également apparue dans une vidéo où elle avoue des crimes.

Chaque fois, l’opposition a dénoncé des enregistrements obtenus sous la contrainte, une pratique utilisée de longue date par le régime d’Alexandre Loukachenko.

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