Un été fait de touristes en Europe?

Les Vingt-Sept ont convenu d’élargir la liste des pays jugés suffisamment sûrs du point de vue sanitaire pour que leurs ressortissants, vaccinés ou non, soient admis sur le sol européen.
Photo: Pascal Pochard-Casabianca Agence France-Presse Les Vingt-Sept ont convenu d’élargir la liste des pays jugés suffisamment sûrs du point de vue sanitaire pour que leurs ressortissants, vaccinés ou non, soient admis sur le sol européen.

L’Union européenne se prépare à ouvrir plus grandes ses portes aux touristes étrangers à l’approche de la saison estivale, mais peine à finaliser le certificat sanitaire très attendu pour faciliter les voyages.

Les ambassadeurs des 27 pays membres de l’UE se sont mis d’accord mercredi pour permettre l’entrée aux voyageurs de pays tiers ayant reçu les doses nécessaires de vaccins contre la COVID-19 autorisés au niveau européen. Cela ouvre donc la voie au retour de touristes américains et asiatiques, habituellement très nombreux en Europe.

Les voyageurs devront avoir été entièrement vaccinés depuis au moins 14 jours, avec les deux doses de Moderna, Pfizer-BioNTech, AstraZeneca ou la dose unique de Johnson & Johnson. Les États membres peuvent aussi décider d’accepter les touristes ayant reçu un sérum bénéficiant d’une homologation d’urgence par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), comme celui du chinois Sinopharm.

Les Vingt-Sept ont aussi convenu d’élargir la liste des pays jugés suffisamment sûrs du point de vue sanitaire pour que leurs ressortissants, vaccinés ou non, soient admis sur le sol européen. Ce qui n’empêche pas qu’ils puissent être soumis à un test ou à une quarantaine obligatoire.

Cette recommandation, proposée par la Commission européenne, doit être officiellement adoptée jeudi avant d’entrer en vigueur. Elle n’est pas contraignante pour les États, qui restent souverains sur leurs frontières.

Assouplissement

L’UE, dans un effort de coordination, a fermé ses frontières extérieures en mars 2020 pour les voyages « non essentiels », et établi depuis juin dernier une liste restreinte — régulièrement révisée — de pays tiers dont les résidents sont autorisés à se rendre en Europe. Regroupant à l’heure actuelle sept pays (Australie, Israël, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Singapour, Corée du Sud, Thaïlande, plus la Chine en attente de réciprocité), elle devrait significativement s’allonger au cours des prochains jours.

Les Vingt-Sept ont en effet accepté mercredi d’assouplir le critère du taux d’incidence du virus pris en compte pour préparer cette liste. Le taux est relevé de 25 à 75 cas (pour 100 000 habitants sur les 14 derniers jours).

Parallèlement, les États membres se sont mis d’accord pour mettre en place un mécanisme d’urgence coordonné pour suspendre rapidement les arrivées d’un pays tiers en cas de détérioration de la situation sanitaire due à l’apparition de variants.

Désaccords

Si elle avance dans son ouverture vis-à-vis de l’extérieur, l’Union européenne peine à progresser dans la mise en place du certificat sanitaire, censé être opérationnel avant fin juin pour faciliter les déplacements à l’intérieur de l’Europe cet été. Ce document doit permettre à son détenteur d’attester qu’il a été vacciné contre la COVID-19, qu’il a passé un test négatif ou qu’il est immunisé après avoir été contaminé.

Une troisième séance de négociations entre les eurodéputés et les États membres s’est achevée mardi soir sans accord, malgré une proposition de compromis du Parlement européen, et de nouvelles discussions sont prévues pour jeudi. Les discussions achoppent notamment sur la gratuité ou le plafonnement du prix des tests, que réclament les eurodéputés, mais auxquels s’opposent les États membres en raison du coût que cela représente pour leurs finances publiques.

Les eurodéputés ont aussi proposé de recourir à un financement européen, « l’instrument d’aide d’urgence » , pour permettre de fournir des tests accessibles gratuitement aux citoyens, selon un communiqué du Parlement européen.

Autre pomme de discorde : les États membres veulent se réserver la possibilité d’imposer aux détenteurs de certificats sanitaires des mesures restrictives supplémentaires, comme une quarantaine, s’ils le jugent nécessaire. Les eurodéputés jugent « inacceptables » ces restrictions à la libre circulation.

La situation devient urgente. Plusieurs pays, qui comptent sur la manne touristique pour redresser leurs économies mises à mal par le virus, ont déjà commencé à mettre en place leurs propres certificats sanitaires. « Nous avons besoin d’un accord cette semaine », a souligné l’eurodéputée néerlandaise Sophie in’t Veld sur Twitter.

Le certificat sanitaire figure au menu du sommet des dirigeants programmé pour lundi et mardi prochains à Bruxelles, en Belgique. Un éventuel accord devra être approuvé par le Parlement, dont la plénière est prévue pour se dérouler du 7 au 10 juin à Strasbourg, en France.

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