Un retour à la normale variable en Europe

Au Royaume-Uni, il est désormais permis aux restaurants de rouvrir.
Photo: Adrian Dennis Agence France-Presse Au Royaume-Uni, il est désormais permis aux restaurants de rouvrir.

On ne peut plus seulement parler de lumière au bout du tunnel. Certains pays sortent de terre et voient déjà un peu d’air libre. Le retour à la normale se fait à des vitesses variables sur la planète COVID. Voici quelques exemples des plans de déconfinement progressif mis en place en Europe.

Royaume-Uni. Le pays de Sa Majesté, nouvellement sorti de l’Union européenne et où un peu plus de la moitié (55 %) des adultes est vaccinée d’au moins une dose, approche depuis lundi d’un retour à la quasi normale. Les bars et les restaurants peuvent maintenant recevoir les clients en salle. Les terrasses en accueillent depuis un mois déjà au grand bonheur de ce pays des pubs. Les autres établissements de service, dont les cinémas, les théâtres, les salles de concert, les casinos et les musées peuvent aussi rouvrir, mais en respectant un protocole sanitaire limitant le nombre de clients. Ces mesures découlent d’un plan constamment mis à jour depuis sa première publication le 29 mars. Les balises autorisent les réunions d’amis et de famille de six personnes provenant de deux adresses. La règle des 2 mètres de distance est alors remplacée par des recommandations de prudence. Les universités reprennent maintenant les activités en présentiel. Le pays permet la réouverture des hôtels et des auberges. Les voyages à l’étranger sont permis tout en maintenant des règles de confinement en fonction des pays visités. Le Canada et plus de cent pays se retrouvent sur la liste jaune (Amber) internationale qui oblige les voyageurs arrivant à présenter un test négatif à la COVID-19 et deux autres tests pendant la quarantaine imposée pour dix jours à la maison.

 
55 %
C’est le pourcentage de la population du Royaume-Uni qui a reçu au moins une dose de vaccin.

France. Moins d’un Français (30 %) sur trois a reçu un premier vaccin. Le plan de déconfinement progressif dévoilé le 10 mai par le premier ministre s’articule en quatre étapes allant du 3 mai au 30 juin, avec des modulations départementales. La première étape en place depuis deux semaines a mis fin aux restrictions de déplacements. Mercredi 19 mai, le couvre-feu sera reporté à 21 h et les activités pourront reprendre avec des jauges limitées dans les musées, les théâtres, les salles de théâtre, les commerces et sur les terrasses. Le couvre-feu passera à 23 h le 9 juin, et les restaurants pourront alors rouvrir leurs salles, comme les salles de sport. La fin du couvre-feu est prévue pour le 30 juin.

 
30 %
C’est la proportion des Français qui ont eu leur première dose de vaccin.

Allemagne. La République a subi une troisième vague forte, qui semble en voie de se résorber. La pression sociale augmente pour un relâchement des restrictions. Les terrasses, les bars, les cafés et les restaurants restent fermés tandis que la vaccination va plutôt lentement. Un tiers seulement des Allemands (36 %) ont reçu une première dose anti-COVID-19. Ces privilégiés peuvent bénéficier de certains avantages majeurs si la situation dans leur État le permet : ils peuvent se réunir en lieux clos sans limite de nombre ; ils ont le droit d’entrer dans n’importe quel magasin sans avoir à présenter de test négatif (c’est le cas pour tous les autres citoyens, sauf dans les commerces essentiels) ; ils ne subissent pas le couvre-feu ni de quarantaine après un voyage à l’étranger. En principe, l’entrée en Allemagne est permise pour les membres de l’Union européenne ou les ressortissants des pays associés à l’espace Schengen (Islande, Norvège, Suisse et Liechtenstein), mais aussi pour les résidents de l’Australie, d’Israël (depuis le 8 mai), de la Nouvelle-Zélande, de Singapour, de la Corée du Sud et de la Thaïlande. Les Canadiens voulant entrer en Allemagne doivent donc prouver l’urgence et la nécessité d’être admis comme visiteurs en plus de s’isoler pendant 14 jours dès leur arrivée.

 
36 %
C’est le ratio de la population allemande qui a été vaccinée au moins une fois.

Reste de l’Europe. L’Italie (32 % de vaccinés) a rouvert ses théâtres. La Scala de Milan jouait lundi. L’état d’urgence sanitaire a été levé dimanche en Espagne. Les Espagnols (vaccinés à 31 %) peuvent voyager à l’intérieur du pays et se rassembler en public. La Belgique (le quart de la population a reçu la protection) vient de rouvrir les terrasses, et la pluie n’a pas empêché des milliers de gens d’en profiter pendant le week-end. Le quart des Grecs ont reçu au moins une dose. Les enfants grecs retournent à l’école cette semaine après six mois de téléenseignement. Le personnel enseignant et les élèves du pays doivent toutefois se soumettre à des tests deux fois par semaine.

Les prévisions de 713 épidémiologistes

Les masques tombent aux États-Unis. Le couvre-visage n’est plus exigé presque partout pour les personnes vaccinées. Reste à savoir ce qui va suivre à court et à moyen terme. Le New York Times a sondé 713 épidémiologistes américains (dont un tiers liés aux agences gouvernementales et beaucoup d’universitaires) pour connaître leurs projections sur la suite des choses.

 

Le taux de vaccination est considéré par une majorité de répondants (59 %) comme le facteur décisif pour normaliser les rapports sociaux. Un autre quart (24 %) mentionnent le nombre de nouveaux cas par jour. Les hospitalisations (7 %) et les morts (1 %) ne comptent presque plus de ce point de vue du retour à la normale.

 

La résistance ou la réticence à se faire vacciner est décrite par 38 % des épidémiologistes comme le principal obstacle à la fin de la pandémie. Les nouveaux variants (24 %) et la politisation des mesures sanitaires (22 %) arrivent ensuite dans la liste des blocages potentiels.

 

Une grande majorité des répondants (plus de 80 %) recommandent de conserver le masque à l’intérieur avec des étrangers et même à l’extérieur dans les foules, et ce, pour encore une année. Cette recommandation entre en contradiction avec les annonces gouvernementales récentes. Les épidémiologistes disent aussi qu’il faut conserver les mesures sanitaires de base, par exemple se laver régulièrement les mains.

 

Beaucoup de savants croient certains rassemblements possibles et sans danger : 86 % pensent qu’il sera possible de rouvrir complètement les établissements d’enseignement ; et 90 % de célébrer en famille les fêtes de fin d’année.

 

En 2026, dans cinq ans, la COVID-19 ne représentera pas plus de danger que la grippe annuelle selon 87 % des spécialistes. Par contre, un sur dix croit qu’il faudra encore alors avoir recours à des confinements ponctuels. Et 2 % croient qu’un variant causera une nouvelle pandémie et un seul sur cent imagine que la COVID-19 aura complètement disparu.

 

Selon la moitié des épidémiologistes, la fin de la pandémie ne pourra pas être prononcée avant que 80 % de la population de tous âges soit vaccinée. Les enfants représentent même la clé de cette victoire. Il faut les immuniser eux aussi, sinon les variants se multiplieront sans cesse, disent les spécialistes.

Stéphane Baillargeon

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