Une fonctionnaire de la police égorgée près de Paris

Des responsables de la police française bloquent une rue près d'un poste de police à Rambouillet, après qu'une femme a été poignardée à mort.
Photo: Bertrand Guay Agence France-Presse Des responsables de la police française bloquent une rue près d'un poste de police à Rambouillet, après qu'une femme a été poignardée à mort.

Un Tunisien a égorgé vendredi une fonctionnaire de police, dans le sas d’entrée du commissariat de Rambouillet, près de Paris, avant d’être abattu par les tirs d’un policier. « Nous ne céderons rien » face « au terrorisme islamiste », a écrit le président Emmanuel Macron sur Twitter, après cette attaque.

Le Parquet national antiterroriste a annoncé s’être saisi de l’enquête pour « assassinat sur une personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste ». La France a été marquée ces dernières années par plusieurs attaques à l’arme blanche, notamment contre les forces de l’ordre.

Des témoins ont rapporté que l’assaillant aurait crié « Allah Akbar » (Dieu est le plus grand, en arabe), selon une source proche de l’enquête.

La victime était une agente administrative du secrétariat du commissariat de Rambouillet, donc une fonctionnaire non armée. Elle rentrait de sa pause dîner quand l’assaillant lui a porté deux coups de couteau à la gorge, d’après les premiers éléments de l’enquête. Les pompiers intervenus sur place ne sont pas parvenus à la ranimer, étant donné qu’elle était grièvement blessée à la carotide. L’assaillant a été touché par les tirs d’un seul policier, d’après une source policière. En arrêt cardio-respiratoire, il est décédé.

Selon les papiers d’identité retrouvés sur lui, Jamel G. était un ressortissant tunisien de 36 ans. Il était arrivé en France en 2009 et avait bénéficié en 2019 d’une autorisation exceptionnelle de séjour salarié, puis d’une carte de séjour en décembre 2020, valable jusqu’en décembre 2021, selon le Parquet national antiterroriste. Il était inconnu des services de police et de renseignement, ont confirmé plusieurs sources policières.

Sur les réseaux sociaux, pendant plusieurs années, ses messages publics sont consacrés en nombre à la dénonciation de l’islamophobie. Mais à partir d’avril 2020, au moment du premier confinement, il ne publie plus que de pieuses prières et des versets coraniques. Le 24 octobre, huit jours après l’assassinat du professeur Samuel Paty, tué pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Charlie Hebdo, il avait changé sa photo de profil et rejoint une campagne intitulée « Respectez Mohamed prophète de Dieu ».

Trois personnes de son entourage ont été placées en garde à vue, a indiqué à l’AFP une source judiciaire. Selon des sources proches de l’enquête, une personne ayant accueilli l’assaillant à son arrivée en France en 2009 figure parmi elles. Le domicile de cette personne a fait l’objet d’une perquisition dès vendredi en fin d’après-midi, tout comme le logement de l’assaillant à Rambouillet.

À voir en vidéo