L'OMS dénonce la lenteur de la vaccination en Europe

En moyenne, d’après la base de données de l’AFP, 0,31% de la population européenne reçoit une dose de vaccin chaque jour.
Photo: Gabriel Bouys Agence France-Presse En moyenne, d’après la base de données de l’AFP, 0,31% de la population européenne reçoit une dose de vaccin chaque jour.

L’OMS a dénoncé jeudi la lenteur de la vaccination en Europe, jugeant la situation épidémique particulièrement « inquiétante » sur ce continent où plusieurs pays ont dû durcir leurs mesures sanitaires, à l’instar de la France.

« La situation régionale est la plus inquiétante que nous ayons observée depuis plusieurs mois », a déploré dans un communiqué Hans Kluge, le directeur pour l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé.

Dans cette zone, qui inclut une cinquantaine de pays, dont la Russie et des États d’Asie centrale, le nombre des nouveaux décès causés par la COVID-19 a dépassé les 24 000 la semaine passée et se rapproche « rapidement » du million, selon l’OMS.

En moyenne, d’après la base de données de l’AFP, 0,31 % de la population de la zone reçoit une dose chaque jour. Si ce rythme est près de deux fois plus élevé que celui du reste du monde (0,18 %), il est nettement moins élevé que celui de la zone États-Unis/Canada (0,82 %), championne dans ce domaine.

« Lenteur inacceptable »

« Le déploiement de ces vaccins est d’une lenteur inacceptable », a déploré Hans Kluge, appelant l’Europe à « accélérer le processus en renforçant la production, en réduisant les obstacles à l’administration des vaccins et en utilisant la moindre dose que nous avons en stock ».

En Belgique, la police a fait usage de canons à eau jeudi à Bruxelles pour disperser un vaste rassemblement dans un parc qui avait été interdit par les autorités en raison de la pandémie.

Les policiers ont essuyé des jets de projectiles au moment d’intervenir et l’un d’eux au moins a été blessé. Plusieurs participants ont été arrêtés.

Face à la troisième vague, le reste de l’Europe multiplie les mesures pour tenter de limiter la propagation du virus, en particulier concernant les voyages.

L’Allemagne, où le président Frank-Walter Steinmeier vient de recevoir sa première dose du vaccin d’AstraZeneca, va renforcer pour les « huit à 14 prochains jours » les contrôles autour de ses frontières terrestres.

La Finlande, qui comptait confiner une partie de sa population a dû toutefois revoir sa copie après des réserves sur la légalité du projet.

À contre-courant, la Bulgarie a décidé d’assouplir les restrictions à trois jours des législatives, malgré une mortalité au plus haut.

Flamme olympique

En Asie, la situation se complique au Japon où le gouvernement devrait annoncer jeudi de nouvelles restrictions régionales, notamment à Osaka où les autorités régionales ont demandé à ce que la flamme olympique évite cette métropole pour limiter les contaminations.

Les jeux Olympiques de Tokyo, retardés d’un an en raison de la pandémie, doivent se dérouler du 23 juillet au 8 août.

Aux États-Unis voisins, où la situation se détend peu à peu grâce aux progrès de la vaccination, le président Joe Biden a toutefois appelé la population à respecter les mesures sanitaires, en particulier le port du masque, et demandé aux clubs sportifs de ne pas rouvrir les stades à leur pleine capacité.

En France, la course cycliste Paris-Roubaix a été reportée du 11 avril au 3 octobre. La « reine des classiques » avait déjà été reportée puis annulée en 2020.

L’ATP 500 de Rio, principal tournoi de tennis d’Amérique du Sud, a lui été annulé en raison de l’aggravation de la pandémie au Brésil.

Le concours Eurovision de la chanson, qui a lieu en mai à Rotterdam, aux Pays-Bas, devrait en revanche pouvoir accueillir un public limité, dans le cadre d’un test.

Le virus a fait plus de 2,8 millions de morts dans le monde, selon un bilan établi par l’AFP, notamment aux États-Unis et au Brésil, qui vient de connaître son mois le plus meurtrier.

Si plus de 580 millions de doses de vaccins contre la COVID-19 ont été administrées dans le monde, selon un comptage de l’AFP mercredi à 13H00 GMT, leur répartition reste très inégale sur la planète.

Selon une étude en Grande-Bretagne, près d’une personne sur sept testée positive au coronavirus souffre encore de symptômes de la maladie trois mois plus tard.

D’après cette étude sur le « COVID-19long » du Bureau national des statistiques (ONS), 13,7 % d’un échantillon de plus de 20 000 personnes contaminées par le virus entre le 26 avril 2020 et le 6 mars 2021 présentaient des symptômes, comme de la fatigue et des douleurs musculaires, durant au moins douze semaines.