La France au pied du mur face à la troisième vague

La troisième vague de coronavirus met de nouveau la France au pied du mur, entre le spectre du tri des malades à l’hôpital et des restrictions sanitaires interminables.
Photo: Georges Gobet Agence France-Presse La troisième vague de coronavirus met de nouveau la France au pied du mur, entre le spectre du tri des malades à l’hôpital et des restrictions sanitaires interminables.

La France se trouve encore une fois au pied du mur : le nombre de patients en réanimation atteints de la COVID-19 a franchi un nouveau record. De nombreux médecins ont pris la plume pour réclamer au gouvernement Macron un durcissement des restrictions sanitaires.

« En imposant aux soignants de décider quel patient doit vivre et quel patient doit mourir, sans l’afficher clairement, le gouvernement se déresponsabilise de façon hypocrite », ont dénoncé dimanche neuf médecins du centre hospitalier universitaire pour Paris et l’Île-de-France dans les pages du Monde.

Selon les chiffres de Santé publique France, le nombre de patients en réanimation s’élève présentement à 4974, soit près d’une centaine de plus qu’au sommet de la deuxième vague à l’automne (4903). Au total, en comptant les patients COVID et les autres, ce sont près de 90 % des lits de réanimation du pays qui sont déjà occupés. Et rien n’indique qu’une accalmie est à prévoir : entre 40 000 et 50 000 cas de COVID-19 ont été recensés chaque jour la semaine dernière.

Poussée par le variant britannique — plus contagieux et plus virulent — la pandémie ne cesse de s’étendre à travers la France. À l’heure actuelle, 57 départements sur 101 se trouvent au-dessus du seuil d’alerte maximale des autorités sanitaires, contre 42 cinq jours plus tôt, et seulement 23 au 10 mars.

La semaine dernière, plus de 2000 personnes sont décédées des suites de la COVID-19 à l’hôpital ou dans les établissements spécialisés pour les personnes âgées, malgré la campagne de vaccination (7,7 millions de premières doses injectées, 2,6 millions de secondes doses). Depuis le début de l’épidémie, il y a plus d’un an, le virus a fauché la vie de plus de 94 600 Français.

Mesures supplémentaires à venir ?

En réponse à la sortie de médecins hospitaliers dans Le Monde et à une autre tribune publiée dans la presse, le ministre de la Santé Olivier Véran aurait assuré vouloir éviter aux soignants les « choix terribles » qu’implique le tri des patients à la porte des réanimations.

« Le ministre a rappelé qu’il fallait vérifier ce que les mesures déjà mises en place avaient comme impact sur la [réanimation], et que si cet impact était jugé insuffisant pour passer le cap difficile des trois prochaines semaines, le gouvernement serait amené à prendre rapidement des mesures supplémentaires », a rapporté l’entourage de M. Véran à l’AFP.

Entre 40 000 et 50 000
C’est le nombre de patients testés positifs à la COVID-19 chaque jour la semaine dernière en France.

Les restaurants, bars, salles de sports et lieux culturels (théâtres, musées, cinémas) n’ont jamais rouvert depuis le début du deuxième confinement à l’automne et un couvre-feu, de 19 h à 6 h, est en place sur tout le territoire. Dans 19 départements, dont toute la région parisienne, les déplacements sont limités à 10 km et nombre de magasins jugés non-essentiels, comme les boutiques de vêtements, y sont fermés.

Contrairement à nombre de ses voisins européens, la France n’a pas fermé ses écoles même si désormais l’apparition d’un malade dans une classe entraîne sa fermeture dans les départements reconfinés. Pour Emmanuel Macron, « la fermeture complète des écoles ne saurait être un tabou, mais elle doit demeurer un dernier recours et une mesure limitée au maximum dans le temps ».

Malgré les appels à serrer la vis, la majorité parlementaire à l’Assemblée nationale défend la stratégie du gouvernement Macron : celle d’un confinement en tout dernier recours, mettant en avant la santé mentale de la population et la sauvegarde de l’économie.

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