L’Europe durcit son contrôle des exportations de vaccins

L’UE a exporté quelque 10 millions de doses, tous vaccins confondus, vers le Royaume-Uni entre le 1er février et mi-mars, mais n’a reçu aucune dose produite sur le sol britannique.
Photo: Kenzo Tribouillard Agence France-Presse L’UE a exporté quelque 10 millions de doses, tous vaccins confondus, vers le Royaume-Uni entre le 1er février et mi-mars, mais n’a reçu aucune dose produite sur le sol britannique.

Confrontée à une troisième vague de COVID-19 qui contraint plusieurs pays à de nouvelles restrictions, l’Union européenne (UE) compte durcir son contrôle des exportations de vaccins produits sur son territoire.

« L’UE fait face à une très grave situation épidémiologique et continue d’exporter des volumes importants [de vaccins] vers des pays » produisant leurs propres doses ou bien où la vaccination est plus avancée, a déclaré le vice-président de l’exécutif européen Valdis Dombrovskis, en référence notamment au Royaume-Uni.

Le mécanisme actuel de contrôle des exportations a donc été durci pour « garantir » les approvisionnements des 27 pays membres de l’UE. Alors que le mécanisme de contrôle prévoyait jusqu’alors des exceptions pour des dizaines de destinations — des pays plus pauvres ou certains États voisins de l’UE par exemple — toutes ces exemptions sont désormais suspendues, en dehors d’une poignée de micro-États.

L’UE a exporté quelque 10 millions de doses, tous vaccins confondus, vers le Royaume-Uni entre le 1er février et mi-mars, mais n’a reçu aucune dose produite sur le sol britannique. Pourtant, le contrat signé par AstraZeneca prévoyait la livraison de doses produites dans deux usines au Royaume-Uni.

« L’Union européenne ne sera pas le dindon de la farce de la vaccination », a mis en garde le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, estimant qu’AstraZeneca n’a pas tenu ses engagements envers l’UE.

Merkel se ravise

L’Europe continue de subir de plein fouet une hausse des contaminations et des hospitalisations dues au coronavirus et ses variants, jugés plus mortels et plus contagieux. La Belgique a ainsi annoncé un durcissement des restrictions dans les commerces et les écoles la semaine prochaine tandis que la Pologne a enregistré un nombre record d’infections à la COVID-19, avec près de 30 000 cas.

Du côté de l’Allemagne, la chancelière Angela Merkel a fait volte-face mercredi, renonçant à confiner son pays pour Pâques. Elle a reconnu une « erreur » personnelle et demandé « pardon » pour avoir tenté d’imposer les fermetures aux commerces et offices religieux.

La veille à l’aube, après 12 heures de discussions entre la chancelière et les 16 États-régions, Berlin avait décidé de mettre le pays sous cloche pour Pâques. « La situation est grave, très grave »,avait souligné la chancelière.

Jugé insuffisante par les scientifiques, la « pause » prévue du 1er au 5 avril était critiquée de toutes parts, des associations de commerçants redoutant l’impact économique sur les chrétiens privés de messe de Pâques « en présentiel ». Berlin envisage néanmoins d’interdire provisoirement certains voyages à l’étranger.

Pause pour Pfizer en Asie

Après les mises en cause du vaccin AstraZeneca, en Europe et aux États-Unis, c’est celui de Pfizer/BioNTech qui pose problème à Macao et à Hong Kong. Son utilisation y a été suspendue après la découverte de capsules défectueuses sur un lot.

« Nous avons jeté les flacons lorsque nous avons constaté qu’ils présentaient des défauts avant d’être injectés. Ils n’ont pas été administrés à des habitants », a déclaré la ministre hongkongaise de la Santé, Sophia Chan.

L’Union européenne ne sera pas le dindon de la farce de la vaccination

Par principe de précaution, la vaccination en cours a été suspendue le temps de l’enquête. De nombreux vaccins sont expédiés sous forme concentrée dans des flacons et sont ensuite dilués avant d’être administrés.

Outre le vaccin Pfizer/BioNTech, la population de Hong Kong peut se faire vacciner avec le vaccin chinois de Sinovac baptisé CoronaVac. Or, avant cet incident de capsules, une clinique hongkongaise a été exclue du programme de vaccination du territoire pour avoir vraisemblablement recommandé aux patients d’opter pour le vaccin Pfizer/BioNTech plutôt que pour le chinois.

Cette sanction illustre à quel point la question du vaccin chinois est sensible pour les autorités hongkongaises, alors que son efficacité est comparativement moins élevée et qu’il a été approuvé en urgence en dépit d’un manque de données publiées.

Près de 500 millions vaccinés

La pandémie a fait au moins 2,73 millions de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mercredi. Jusqu’à présent, plus de 479 millions de doses de vaccins anti-COVID ont été administrées dans au moins 164 pays ou territoires.

L’inquiétude monte en Amérique du Sud face à l’explosion des contaminations au Brésil. Du côté de l’Afrique, la Mauritanie a réceptionné mercredi sa première livraison de vaccin contre la COVID-19, 50 000 doses de Sinopharm données par la Chine.

Ce pays est le dernier en date en Afrique à bénéficier d’un tel don, manifestation de la diplomatie menée par le géant asiatique autour de la mise à disposition de vaccins. En Chine justement, une banlieue de Pékin, Daxing (1,8 million d’habitants) a lancé mercredi une campagne offrant des coupons d’achats à ceux qui acceptent de se faire vacciner.

 

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