Le vaccin d’AstraZeneca de nouveau sur la sellette

Pays le plus endeuillé d’Europe, le Royaume-Uni s’est figé à 12 h GMT (8h au Québec) lors d’une minute de silence en hommage à ses 126 000 victimes de la pandémie, un an jour pour jour après la mise en place du premier confinement dans le pays.
Photo: Andy Buchanan Archives Agence France-Presse

Pays le plus endeuillé d’Europe, le Royaume-Uni s’est figé à 12 h GMT (8h au Québec) lors d’une minute de silence en hommage à ses 126 000 victimes de la pandémie, un an jour pour jour après la mise en place du premier confinement dans le pays.

Une agence américaine a mis en doute mardi l’efficacité revendiquée par AstraZeneca pour son vaccin, un nouveau coup pour le laboratoire déjà sous pression en Europe, alors que le Royaume-Uni rendait en hommage aux victimes de la COVID-19.

Pour les Allemands, le verdict est tombé à l’aube mardi : ils devront passer le week-end de Pâques sous cloche face à une « nouvelle pandémie » provoquée par le variant britannique du coronavirus, jugé plus létal et contagieux.

Alors que le recours au vaccin AstraZeneca est crucial au moment où s’accélère la troisième vague de la pandémie en Europe, un institut américain a lancé un nouveau pavé dans la mare : le laboratoire suédo-britannique a pu utiliser des données « obsolètes » lors de ses essais cliniques aux États-Unis.

Selon l’Institut national des maladies infectieuses et des allergies (NIAID), qui supervise des essais cliniques de vaccins aux États-Unis, cela peut « avoir abouti à une estimation incomplète de l’efficacité » du vaccin.

AstraZeneca, pressé par l’institut de « rendre publiques au plus vite » les données « les plus précises, les plus récentes et les plus efficaces possible », a indiqué qu’il fournirait sous 48 heures des données récentes au régulateur américain.

AstraZeneca avait défendu lundi son vaccin, mis en doute par une bonne partie des Européens, affirmant qu’il était efficace à 80 % contre la COVID-19 chez les personnes âgées et n’augmentait pas le risque de caillots, après des essais cliniques de phase III menés aux États-Unis, avec 32 449 participants.

Pour ces résultats, il a utilisé des données remontant à avant le 17 février, a-t-il précisé mardi.

Plus de 126 000 morts en un an

Pays le plus endeuillé d’Europe, le Royaume-Uni s’est figé à 12 h GMT (8h au Québec) lors d’une minute de silence en hommage à ses 126 000 victimes de la pandémie, un an jour pour jour après la mise en place du premier confinement dans le pays.

Dans le cadre de cette « Journée de la réflexion », les Britanniques, qui vivent leur troisième confinement, sont également invités à allumer une lumière sur leur pas-de-porte dans la soirée.

En Allemagne, la décision a été annoncée au terme de près de douze heures de négociations entre la chancelière et les États-régions : la plupart des magasins seront fermés, les offices religieux annulés le week-end de Pâques, du 1er au 5 avril, et les rassemblements interdits.

Vacciner « matin, midi et soir »

« La situation est grave, très grave. Le nombre de cas augmente de manière exponentielle et les lits de soins intensifs se remplissent à nouveau », a souligné Angela Merkel.

Pire, l’Allemagne est entrée dans une « nouvelle pandémie » en raison de la propagation des nouveaux variants. « Nous avons un nouveau virus […] il est beaucoup plus létal, beaucoup plus infectieux et contagieux pendant beaucoup plus longtemps », a averti la chancelière.

En France, où la vaccination est le « cœur de la bataille » selon Emmanuel Macron, quelque 35 « vaccinodromes » seront opérationnels les prochains jours. Il faut vacciner « au maximum », « matin, midi et soir », a résumé mardi le président.

Parallèlement, les chefs de la diplomatie russe et chinoise ont fustigé mardi la politique des Occidentaux en matière de vaccins contre le coronavirus, se défendant de leur côté de tout « opportunisme » et assurant ne chercher qu’à « sauver des vies ».

Ces propos interviennent en pleine période de tensions autour de l’homologation du vaccin russe Spoutnik V dans l’UE, la Russie accusant Bruxelles de ralentir volontairement ce processus. Bruxelles accuse de son côté Moscou et Pékin d’« instrumentaliser les vaccins à des fins de propagande ».

Un vaccin pour Poutine

Le président russe Vladimir Poutine, 68 ans, devrait se faire vacciner dans la soirée, une annonce longuement attendue alors qu’il avait fait une promesse en ce sens en décembre.

Mais ce sera sans caméra, et sans préciser s’il se fait injecter le Spoutnik V, l’injection phare de Moscou, ou l’un des deux autres vaccins développés par le pays.

L’Union européenne reste également divisée sur un durcissement des conditions d’exportation des vaccins fabriqués sur son territoire, une mesure qui devrait cibler AstraZeneca et qui alimente les tensions avec Londres, bien plus en avance dans sa campagne de vaccination.

Les Vingt-Sept, en conflit avec le groupe suédo-britannique pour des livraisons nettement inférieures aux prévisions, se réunissent en sommet jeudi et vendredi.

Ailleurs dans le monde, les efforts se poursuivent, avec plus ou moins de succès, pour tenter d’endiguer la pandémie, qui a fait au moins 2,723 millions de morts à ce jour, selon un bilan établi mardi par l’AFP à partir de sources officielles.

L’Ukraine a enregistré mardi un record de décès quotidiens liés au coronavirus avec 333 morts, les autorités reconnaissant que la situation « s’aggrave » dans le pays où la vaccination est très à la traîne.

En République tchèque, ce sont les réinfections qui inquiètent : le nombre de cas de personnes infectées deux fois recensés depuis le début de la pandémie est passé à 1400 à la date du 28 février, contre 158 cas fin janvier.



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