Plusieurs régions se reconfinent en France

Frappé de plein fouet par une troisième vague de COVID-19, la France va reconfiner près d’un tiers de sa population d’ici le week-end dans l’espoir de bloquer la propagation du virus et de ses variants.

Le premier ministre français, Jean Castex, en a fait l’annonce jeudi soir lors d’une conférence de presse. Ces « nouvelles mesures de freinage massives » de la pandémie entreront en vigueur à partir de vendredi minuit pour une durée de quatre semaines.

Elles s’appliqueront dans 16 départements, soit Paris et sa région (Île-de-France), le nord du pays (Hauts-de-France), la Normandie (Eure et Seine-Maritime) et dans le sud (Alpes-Maritimes). M. Castex a cependant précisé que les écoles resteront ouvertes, ainsi que les commerces vendant « des biens de première nécessité », y compris les librairies.

Le couvre-feu, actuellement en vigueur à partir de 18 h, sera aussi décalé à 19 h (heure locale). Quant aux déplacements entre régions, ils seront interdits.

« S’agissant des déplacements hors du domicile, notamment pour pouvoir s’aérer, se promener, faire du sport, ils seront encadrés, mais selon des règles plus souples qu’en mars et novembre derniers », lors des deux premiers confinements en France, a fait savoir le premier ministre.

« C’est une troisième voie que nous retenons, une voie qui doit permettre de freiner sans enfermer », a insisté Jean Castex, qualifiant ces mesures d’« indispensables », d’« équilibrées » et de « territorialisées ».

L’opposition a immédiatement critiqué ces nouvelles mesures, « un terrible constat d’échec », selon Les Républicains (droite). Le Rassemblement national (extrême droite) a pour sa part estimé que le gouvernement avait « tout raté » et La France insoumise (gauche radicale) a dénoncé un « retour au Moyen Âge ».

Situation « critique »

L’épidémie s’est nettement accélérée en France, où plus de 38 000 cas de COVID-19 ont été recensés en l’espace de 24 heures seulement. Le pays s’approche également de la barre des 100 000 morts. « La situation est clairement critique. Ça va taper très dur jusqu’à la mi-avril », avait souligné mercredi soir le président, Emmanuel Macron.

« Nous avons devant nous des jours encore difficiles », a reconnu jeudi le premier ministre Castex, en insistant sur la « perspective » offerte par la vaccination.

La France va par ailleurs reprendre la vaccination avec AstraZeneca. Jean Castex se fera lui-même vacciner dès vendredi « pour montrer que nous pouvons avoir toute confiance », a-t-il indiqué lors de son point de presse. Cette décision survient après l’annonce des autorités pharmaceutiques européennes considérant ce vaccin comme « sûr et efficace ».

Ces nouvelles restrictions arrivent presque un an jour pour jour après l’annonce par le président Macron du premier confinement, qui s’était alors appliqué à tout le territoire et de façon beaucoup plus stricte, avec notamment la fermeture des écoles.

La vaccination gagne du terrain

Malgré la suspension du vaccin d’AstraZeneca dans plusieurs pays, la vaccination mondiale n’a pas ralenti : au moins 402,3 millions de doses ont été administrées dans le monde jusqu’ici, dont plus d’un quart aux États-Unis, selon un bilan de l’AFP.

La vaccination a débuté dans au moins 158 pays ou territoires, hébergeant 93 % de l’humanité. Et si les pays riches restent les mieux servis, les pays pauvres démarrent enfin grâce au programme COVAX des Nations unies.

Israël est, de loin, le pays le plus en avance, près de 60 % de sa population ayant reçu au moins une injection. Environ un Israélien sur deux a même reçu la deuxième dose, complétant ainsi le processus de vaccination.

Parmi les autres pays qui ont passé la barre des 15 % de population ayant reçu au moins une dose figurent notamment le Royaume-Uni (38 %), les Émirats arabes unis (entre 35 et 70 %), le Chili (28 %), les États-Unis (22 %), le Bahreïn (22 %) et la Serbie (16 % au 12 mars).

En valeur absolue, ce sont les États-Unis qui dominent (113 millions de doses), devant la Chine (65 millions au 14 mars), l’Inde (39 millions) et le Royaume-Uni (27,6 millions).

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