En Europe, les autorités «convaincues» des bénéfices du vaccin d’AstraZeneca

Une quinzaine de pays au total ont suspendu par précaution l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca.
Photo: Virginia Mayo Associated Press Une quinzaine de pays au total ont suspendu par précaution l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) reste « fermement convaincue » des avantages du vaccin contre la COVID-19 d’AstraZeneca, après que son utilisation a été suspendue par plusieurs pays inquiets de possibles effets secondaires graves.

« Nous sommes toujours fermement convaincus que les avantages du vaccin […] avec son risque associé d’hospitalisation et de décès l’emportent sur le risque de ces effets secondaires », a fait valoir mardi la directrice générale de l’EMA, Emer Cooke.

Pour l’heure, il n’y a pas de « rapport » avéré à ce stade entre le vaccin et de graves problèmes sanguins observés chez des personnes vaccinées. Le régulateur européen recommande donc de poursuivre son administration.

Mme Cooke a également précisé que l’EMA « examinait » les effets « indésirables associés à tous les vaccins », même si l’attention est pour le moment concentrée sur celui d’AstraZeneca.

Ces déclarations sont « encourageantes » et donnent « bon espoir » de voir reprendre la vaccination avec AstraZeneca, ont réagi le président français, Emmanuel Macron, et le premier ministre italien, Mario Draghi. Déterminé à rassurer les Français et leur montrer « qu’on peut y aller en toute sécurité, le premier ministre Jean Castex a promis de se faire vacciner » très rapidement « si le feu vert est donné ».

Sept États européens (Allemagne, France, Italie, Slovénie, Espagne, Portugal et Lettonie) se sont rajoutés lundi à la liste des pays ayant suspendu l’administration du vaccin d’AstraZeneca à la suite de problèmes tels que des difficultés à coaguler ou la formation de caillots (thrombose), dans l’attente d’un avis de l’EMA. La Suède, le Luxembourg et Chypre ont fait de même mardi. Une quinzaine de pays au total ont suspendu par précaution l’utilisation du vaccin.

Le groupe consultatif d’experts de l’OMS sur la vaccination s’est réuni quant à lui mardi pour étudier le vaccin, a annoncé Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS. Mais « nous ne voulons pas que les gens paniquent », a insisté de son côté la cheffe scientifique de l’OMS, Soumya Swaminathan. La COVID-19 a fait plus de 2,6 millions de morts dans le monde, dont plus de 900 000 en Europe, continent le plus touché, selon un comptage réalisé par l’AFP.

La Géorgie et la Sierra Leone ont lancé lundi leur campagne de vaccination avec les doses d’AstraZeneca, balayant les craintes d’effets secondaires. Et en Thaïlande, le premier ministre, Prayut Chan-O-Cha, a reçu mardi la première dose du vaccin d’AstraZeneca.

Le laboratoire suédo-britannique affirme qu’il n’y a « aucune preuve de risque aggravé » de caillot sanguin entraîné par son vaccin. Et le premier ministre britannique, Boris Johnson, a assuré mardi que ce vaccin, largement administré au Royaume-Uni, était « sûr » et « extrêmement » efficace.

Retards de livraisons

Pour AstraZeneca, ces déconvenues s’ajoutent à une nouvelle baisse de ses livraisons à l’Union européenne (UE) d’ici juin, que le laboratoire a été contraint d’annoncer en invoquant des problèmes d’exportations. L’UE « n’exclut pas » des recours juridiques contre le laboratoire, a déclaré mardi le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, en déplorant ces retards.

L’UE attend par ailleurs « plus de 200 millions de doses » du vaccin Pfizer/BioNTech au deuxième trimestre, après un accord prévoyant une « accélération » des livraisons, a indiqué mardi la Commission européenne.

AstraZeneca a de son côté annoncé un accord avec les États-Unis pour fournir au pays cette année jusqu’à 700 000 doses d’un traitement par anticorps en cours de développement contre la COVID-19.

La Chine est, elle, sur le point d’alléger les restrictions d’entrée sur son territoire concernant les ressortissants de certains pays, dont les États-Unis, mais à condition qu’ils aient reçu un vaccin chinois.

Au Brésil, où le manque de doses ralentit la campagne d’immunisation, le président Jair Bolsonaro — très critiqué pour sa gestion chaotique de la crise sanitaire — a encore changé de ministre de la Santé lundi, remerciant Eduardo Pazuello. Ce dernier venait d’annoncer la commande de 138 millions de doses de vaccins pour accélérer une campagne d’immunisation jugée trop lente, alors que la pandémie s’aggrave au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé au monde avec près de 280 000 morts.

En Europe, l’arrivée d’une troisième vague de COVID-19 a contraint l’Italie à reconfiner lundi les trois quarts de son territoire. Elle suscite aussi des inquiétudes en Allemagne et en France, laissant planer le spectre de nouvelles restrictions.

Vers la vaccination des enfants

L’entreprise américaine Moderna a annoncé mardi qu’elle avait commencé des essais de son vaccin contre la COVID-19 sur des milliers d’enfants âgés de 6 mois à 11 ans, une nouvelle étape jugée nécessaire pour arriver à mettre un terme à la pandémie. S’ils constituent une part importante de la population, les enfants sont toutefois moins exposés aux cas graves de la maladie, tout en la transmettant moins, dans le cas des plus jeunes d’entre eux. Leur vaccination n’a donc jusqu’ici pas été une priorité. Actuellement, le vaccin anti-COVID de Pfizer est autorisé pour les personnes âgées de 16 ans et plus et ceux de Moderna et de Johnson Johnson, pour les 18 ans et plus.