Le point sur les pays qui ont suspendu l’utilisation du vaccin AstraZeneca

Photo: Johan Nilsson TT News Agency/AFP

Une douzaine de pays, dont l’Allemagne, la France, l'Espagne et l’Italie, ont maintenant suspendu « par précaution » l’utilisation du vaccin AstraZeneca contre la COVID-19, après le signalement d’effets secondaires « possibles », mais sans lien avéré à ce stade.

Face à cet emballement, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a tenu à réitérer sa position. Les avantages du vaccin AstraZeneca l’emportent toujours sur les risques, a insisté l’EMA, qui tiendra une réunion extraordinaire sur le vaccin jeudi.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), de son côté, a lancé un appel à ne pas cesser son utilisation ; elle a déjà indiqué dimanche que, à son avis, il n’y a « pas de raison » d'adopter une telle mesure. Elle se réunira mardi pour discuter des derniers développements dans le dossier.

Le groupe pharmaceutique anglo-suédois, quant à lui, affirme qu’il n’y a « aucune preuve de risque aggravé » de caillot sanguin entraîné par son vaccin.

Le Danemark a été le premier pays à suspendre l’utilisation du vaccin AstraZeneca, le 11 mars, « après des rapports de cas graves de formation de caillots sanguins » chez des personnes vaccinées.

La Norvège lui a emboîté le pas le même jour. Le pays a rapporté lundi le décès d’une soignante de moins de 50 ans qui a succombé des suites d’une hémorragie cérébrale. Elle avait été hospitalisée jeudi, une semaine environ après avoir reçu le vaccin AstraZeneca, sans qu’un lien de causalité puisse être établi à ce stade. Une autre soignante d’une trentaine d’années était déjà morte vendredi en Norvège, 10 jours après avoir reçu le même vaccin.

L’Islande a pris la même décision.

Dans le sillage des pays nordiques

La Bulgarie a annoncé le 12 mars la suspension « par précaution » des injections, au lendemain des décisions prises par les trois pays nordiques, tandis qu’une enquête est en cours après le décès d’une femme vaccinée. Toutefois, selon le ministre de la Santé, « aucun lien n’a été établi » à ce stade avec la vaccination survenue la veille de cette femme, qui souffrait de surpoids et avait subi plusieurs pontages coronariens.

Dimanche, ce sont l’Irlande et les Pays-Bas qui ont également suspendu l’utilisation du vaccin, toujours par précaution, après les cas de caillots sanguins rapportés au Danemark et en Norvège.

L’Allemagne, la France, l'Espagne et l’Italie ont à leur tour décidé lundi de suspendre l’utilisation de ce vaccin à titre préventif. Cette décision de suspension intervient « après de nouvelles informations concernant des thromboses de veines cérébrales en lien avec la vaccination en Allemagne et en Europe », a précisé un porte-parole du ministère allemand de la Santé.

« Par précaution », Paris et Rome ont pris la même mesure, dans l’attente d’un avis de l’autorité européenne du médicament (EMA) qui doit être rendu mardi.

La Thaïlande et la République démocratique du Congo (RDC) ont retardé le démarrage de leurs campagnes de vaccination avec ce vaccin, qui étaient prévues respectivement vendredi et ce lundi. L’Indonésie a également décidé lundi de reporter par prudence le lancement de sa campagne de vaccination avec AstraZeneca.

Suspensions de lots

L’Autriche a annoncé dès le 8 mars suspendre l’utilisation d’un lot de vaccins AstraZeneca (ABV5300) après qu’une infirmière de 49 ans est décédée de « graves problèmes de coagulation sanguine », quelques jours après avoir été vaccinée.

Quatre autres pays européens — l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et le Luxembourg — ont également suspendu l’utilisation des vaccins de ce lot d’un million de doses, qui a été envoyé dans 17 pays européens.

L’Italie avait interdit jeudi par précaution l’utilisation d’un autre lot, ABV2856, en raison de craintes liées à la formation de caillots de sang ; la Roumanie a également suspendu ce lot.



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