La police londonienne sous le feu des critiques

Dimanche, quelques centaines de personnes se sont rassemblées dans l’après-midi devant Scotland Yard à Londres pour exprimer leur colère avant de se regrouper devant le parlement situé non loin.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse Dimanche, quelques centaines de personnes se sont rassemblées dans l’après-midi devant Scotland Yard à Londres pour exprimer leur colère avant de se regrouper devant le parlement situé non loin.

Après un week-end marqué par l’intervention controversée de la police lors d’un hommage à une jeune Londonienne, dont la mort suscite un vif émoi au Royaume-Uni, le premier ministre, Boris Johnson, envisage de nouvelles actions pour lutter contre les violences infligées aux femmes.

Les images montrant des femmes maîtrisées et menottées ont suscité de nombreuses condamnations et un sentiment d’écœurement, qui viennent s’ajouter à l’émotion intense suscitée par la disparition, le 3 mars, de Sarah Everard, 33 ans, alors qu’elle rentrait chez elle.

Son corps a été retrouvé dans un bois du Kent (sud-est). Un agent de l’unité de la police de Londres chargée de la protection des représentations diplomatiques, Wayne Couzens, 48 ans, a été inculpé vendredi soir pour enlèvement et meurtre, et maintenu en détention.

« Comme tous ceux qui les ont vues, je suis profondément préoccupé par les images » des incidents survenus samedi lors de la veillée en hommage à la jeune femme, a déclaré Boris Johnson dans un communiqué dimanche soir. Lundi, « je présiderai une réunion du groupe criminalité et justice pour examiner les mesures supplémentaires que nous devons prendre pour protéger les femmes et la sécurité de nos rues », a ajouté le chef du gouvernement conservateur

À la suite des incidents survenus lors de la veillée en hommage à la jeune femme samedi soir, la ministre de l’Intérieur, Priti Patel, a demandé à l’inspecteur en chef des forces de police de procéder à un examen de l’action de la police lors de cette soirée, selon ses services. Insatisfait des explications qu’il a reçues de la part de la police, le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a également demandé une enquête indépendante. Une perspective accueillie favorablement par la chef de la police de Londres, Cressida Dick, qui a déclaré dimanche qu’elle n’entendait pas démissionner malgré les appels en ce sens.

Photo: Daninel Leal-Olivas Agence France-Presse Sur les lieux des incidents de la veille dans le quartier de Clapham, de nombreux Londoniens se sont réunis dimanche autour du kiosque à musique, devenu un lieu de recueillement en hommage à Sarah Everard.

« Réveil de la conscience »

Les policiers ont essayé de convaincre les gens de se disperser, ce que « beaucoup de gens ont fait », a-t-elle souligné, « sauf une petite minorité ». Selon la commissaire adjointe, ladite minorité a commencé à scander des slogans, à pousser les policiers et à leur jeter des projectiles.

La situation était telle que l’intervention de la police était « nécessaire », a-t-elle écrit dans un communiqué dans la nuit de samedi à dimanche. « Des centaines de personnes étaient massées, posant un réel risque » de transmission de la COVID-19. Quatre personnes ont été interpellées pour infractions aux règles anticoronavirus et à l’ordre public.

Dimanche, quelques centaines de personnes se sont rassemblées dans l’après-midi devant Scotland Yard à Londres pour exprimer leur colère avant de se regrouper devant le parlement situé non loin. Sur les lieux des incidents de la veille dans le quartier de Clapham, de nombreux Londoniens sont venus dimanche autour du kiosque à musique, devenu un lieu de recueillement où s’accumulent les bouquets de fleurs.

« Toutes les femmes autour de moi ont été vraiment affectées par la mort deSarah, a déclaré à l’AFP Isabel, j’ai l’impression que c’est un réveil de la conscience du public de ce que c’est que d’être une femme dans une société où on ne se sent pas en sécurité à tant d’égards. »

Le mouvement Reclaim These Streets, qui avait organisé la veillée de samedi avant de l’annuler faute de compromis avec la police, a condamné l’action des policiers qui ont « malmené physiquement des femmes lors d’une veillée contre la violence masculine ».

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