Face à la 3e vague, l’Italie se reconfine dès lundi

Les hôpitaux  et les unités de soins intensifs sont saturés  dans plus  de la moitié  des 20 régions de l’Italie en  raison de  la propagation de la COVID-19.
Miguel Medina Agence France-Presse Les hôpitaux et les unités de soins intensifs sont saturés  dans plus de la moitié des 20 régions de l’Italie en raison de la propagation de la COVID-19.

L’Italie, qui fait face, selon les mots du premier ministre italien, Mario Draghi, à une « nouvelle vague de contagions » plus d’un an après le début de la pandémie, va reconfiner à partir de lundi la majeure partie de son territoire.

« Plus d’un an après le début de la crise sanitaire, nous nous retrouvons malheureusement face à une nouvelle vague de contagions », a déploré M. Draghi lors d’une visite au centre de vaccination mis en place à l’aéroport romain de Fiumicino.

« Au cours de la dernière semaine, 150 175 nouvelles contagions ont été enregistrées contre 130 816 la semaine précédente, soit une augmentation de presque 15 % », a-t-il souligné alors que l’Italie a passé lundi la barre des 100 000 morts.

« Ces données nous contraignent à la plus grande prudence pour limiter le nombre de morts et empêcher la saturation des établissements de santé, a-t-il dit. Le souvenir de ce qui s’est passé au printemps dernier est encore présent et nous ferons tout pour empêcher que cela se répète. »

Nino Cartabellotta, président du cabinet de recherche sur la santé GIMBE, avait déjà averti jeudi que, dans plus de la moitié des 20 régions italiennes, « les hôpitaux et surtout les unités de soins intensifs sont déjà saturés » et les hospitalisations ou interventions non-COVID, déprogrammées.

44 %
C’est le nombre d’Italiens qui sont favorables au confinement selon un sondage publié le
week-end dernier par le quotidien Il Corriere della Sera,

Le gouvernement a donc adopté vendredi en Conseil des ministres de nouvelles mesures anti-COVID pour la période allant du lundi 15 mars au 6 avril, décidant notamment que les régions enregistrant un nombre supérieur à 250 nouveaux cas par semaine passeront automatiquement en zone rouge (niveau le plus élevé de risque, correspondant aux restrictions les plus radicales).

Le classement en zone rouge, selon le code de couleurs en vigueur depuis plusieurs mois, entraîne la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités, ainsi que des bars et des restaurants, sauf pour la vente à emporter. Les déplacements sont limités aux impératifs de travail, à l’achat de produits de première nécessité et aux urgences de santé.

Soutien à l’économie

En outre, pour le week-end de Pâques (les 3, 4 et 5 avril), toute la péninsule sera d’office classée en « rouge ».

En fin de journée, le couperet est tombé : l’exécutif a annoncé le reconfinement de la majeure partie des régions du pays.

Passent ainsi en zone rouge les grandes régions du nord — Lombardie (région de Milan), Piémont (Turin), Vénétie (Venise), Émilie-Romagne (Bologne) — ainsi que le Latium (la région de Rome) et les Pouilles (le talon de la botte, au sud), rejoignant ainsi les régions méridionales de la Campanie (Naples), la Basilicate et le Molise.

« J’ai conscience que ces mesures auront des conséquences sur l’éducation des enfants, sur l’économie et sur notre état psychologique à tous », a reconnu M. Draghi, même si, selon un sondage publié le week-end dernier par le quotidien Il Corriere della Sera, 44 % des Italiens y sont favorables, contre 30 % seulement deux semaines plus tôt.

L’Italie a lancé son plan de vaccination sur les chapeaux de roues fin décembre, mais les livraisons ont depuis considérablement ralenti et 1,8 million de personnes seulement — sur une population de 60 millions — ont reçu jusqu’ici les deux doses de vaccin nécessaires pour être immunisé.

Ces nouvelles restrictions sévères à l’échelle nationale sont un nouveau coup dur pour la troisième économie de la zone euro, plongée dans une grave récession par le confinement en 2020.

Mario Draghi a d’ailleurs annoncé vendredi qu’il prendra dès la semaine prochaine de nouvelles « mesures de soutien à l’économie ». Il a aussi annoncé un « financement plus important des instruments de lutte contre la pauvreté afin de soutenir les “nouveaux pauvres” ».

La pandémie a fait basculer un million de personnes supplémentaires en dessous du seuil de pauvreté en 2020, selon une enquête de l’Institut national des statistiques. Le nombre de pauvres est passé à 5,6 millions, soit 9,4 % de la population contre 7,7 % en 2019, atteignant un record depuis 15 ans.

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