Vaccination: le gouvernement Johnson remporte son pari

Un masque sur le visage et un filet à cheveux sur la tête, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a visité ce week-end le centre de fabrication d’équipements de protection individuelle (EPI) de la fondation Northumbria Healthcare NHS Trust à Seaton Delaval, dans le nord-est de l’Angleterre.
Scott Heppell Agence France-Presse Un masque sur le visage et un filet à cheveux sur la tête, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a visité ce week-end le centre de fabrication d’équipements de protection individuelle (EPI) de la fondation Northumbria Healthcare NHS Trust à Seaton Delaval, dans le nord-est de l’Angleterre.

Le Royaume-Uni a franchi dimanche la barre des 15 millions de personnes vaccinées contre la COVID-19, tandis que le Japon a donné son premier feu vert à un vaccin à cinq mois de l’ouverture des Jeux olympiques d’été.

« Aujourd’hui, nous avons atteint une étape importante dans le programme de vaccination national du Royaume-Uni », s’est réjoui sur Twitter le premier ministre britannique, Boris Johnson, dont le pays est le plus endeuillé d’Europe par la pandémie.

Critiqué à maintes reprises pour ses lenteurs et ses hésitations, M. Johnson parvient ainsi à tenir l’objectif ambitieux d’offrir à la mi-février un vaccin aux quatre catégories prioritaires. Elles regroupent les personnes de plus de 70 ans, les soignants en première ligne, les employés et les résidents des maisons de retraite et les patients les plus vulnérables, soit environ 15 millions de personnes, sur une population totale de 66 millions.

Le gouvernement espère ainsi rouvrir les écoles à partir du 8 mars et sortir progressivement du confinement — le troisième — instauré depuis le début de l’année pour faire face à un variant plus contagieux, qui a donné lieu à une explosion des infections.

De son côté, l’Allemagne a fermé en grande partie ses frontières avec le Tyrol autrichien et la République tchèque pour tenter de contenir la diffusion des variants du coronavirus, provoquant des frictions avec l’Union européenne. « Les personnes qui ne font pas partie des quelques exceptions autorisées ne pourront pas entrer » sur le territoire allemand, a prévenu le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, dans l’édition dominicale du quotidien Bild.

En Nouvelle-Zélande, près de deux millions d’habitants d’Auckland, la plus grande ville du pays, sont confinés à partir de dimanche minuit pour trois jours, après la découverte d’un nouveau foyer de contamination au coronavirus. Écoles et commerces resteront fermés lundi, à l’exception des entreprises jugées « essentielles », a ordonné la première ministre, Jacinda Ardern.

Trois membres d’une même famille ont été déclarés positifs ce week-end, générant une inquiétude dans le pays qui avait été salué dans le monde pour sa gestion très efficace de la pandémie.

Coup d’envoi

Le Japon a donné dimanche son premier feu vert à un vaccin contre le coronavirus, celui développé par Pfizer. Entre 10 000 et 20 000 travailleurs de la santé doivent d’abord recevoir la précieuse injection à compter de mercredi.

Au Liban, où 28 000 doses du vaccin de Pfizer sont arrivées samedi, un médecin a été la première personne à recevoir l’injection contre la COVID-19 à Beyrouth, coup d’envoi de la campagne de vaccination. Une nouvelle plus que bienvenue alors que le système de santé est dépassé par le virus, avec 339 122 cas, dont 3993 morts, selon les derniers chiffres officiels.

En Afrique, le Rwanda a commencé à vacciner des groupes à haut risque d’infection à la COVID-19, tels que les travailleurs médicaux en première ligne, avec des doses limitées de vaccins, a annoncé dimanche le ministère de la Santé.

À l’échelle mondiale, 172,10 millions de doses de vaccins ont été administrées dans au moins 95 pays ou territoires, selon un comptage réalisé dimanche par l’AFP à partir de sources officielles. La pandémie a jusqu’ici fait 2 394 541 morts à travers le globe.

 

Le vaccin Pfizer efficace à 94 %

Le principal assureur de santé d’Israël, la firme Clalit, a testé 600 000 personnes ayant reçu les deux doses recommandées du vaccin Pfizer-BioNTech et un nombre équivalent de personnes n’ayant pas reçu d’injection. « Il y avait une réduction de 94 % du taux d’infection symptomatique et une baisse de 92 % du taux de maladie grave, comparé à 600 000 [sujets] similaires n’ayant pas été vaccinés », rapporte l’assureur dans un communiqué. « L’efficacité du vaccin est maintenue dans toutes les catégories d’âge, y compris chez les plus de 70 ans », précise-t-on également.

Clalit indique que l’étude a jusqu’à présent été menée sur des personnes au moins sept jours après qu’elles ont reçu leur deuxième injection et sera étendue par la suite. « Chaque nouvelle semaine qui passe nous permettra de rendre l’évaluation plus précise. »

Depuis la mi-décembre, à la faveur d’un accord avec Pfizer pour le partage de ses données médicales sur l’efficacité du vaccin, Israël a vacciné plus de 3,8 millions de personnes, dont 2,4 millions ayant reçu leur seconde dose. Le pays de neuf millions d’habitants a enclenché depuis une semaine son troisième déconfinement et compte vacciner toute sa population de plus de 16 ans d’ici la fin du mois de mars.


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