«L’amour plus fort que la peur»: des femmes russes manifestent contre la répression

Le mot d’ordre de cette action pour la Saint-Valentin était «L’amour plus fort que la peur».
Photo: Dimitar Dilkoff Agence France-Presse Le mot d’ordre de cette action pour la Saint-Valentin était «L’amour plus fort que la peur».

Des centaines de femmes ont manifesté dimanche à Moscou et dans d’autres villes de Russie pour la Saint-Valentin, dans une action symbolique de soutien à l’épouse de l’opposant emprisonné Alexeï Navalny et aux personnes arrêtées lors des récentes manifestations.

Environ 300 femmes ont formé par -13 °C, à partir de 14 h 00, une « chaîne de solidarité » sur l’Arbat, une rue historique du centre de Moscou. Le mot d’ordre de cette action pour la Saint-Valentin était « L’amour plus fort que la peur ».

« Nous voulons montrer que nous sommes pour l’amour et contre la violence. Des filles très courageuses et gentilles sont venues ici », a déclaré une étudiante de 22 ans, Daria Obraztsova, disant souhaiter « que la liberté et la justice règnent dans notre pays ».

À Saint-Pétersbourg (nord-ouest), cette action a réuni une centaine de personnes, selon une journaliste de l’AFP. Certaines portaient des fleurs ou des cœurs en papier sur lesquels était inscrit le nom de femmes symbolisant l’opposition aux autorités russes.

Des images publiées sur les réseaux sociaux les montraient scandant toutes ensembles « Liberté pour les prisonniers politiques ».

« Seul l’amour peut vaincre le mal », a dit Valeria Stepanova, 25 ans.

Selon l’ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations, une action du même type s’est terminée par neuf arrestations à Kazan (Oural).

L’équipe d’Alexeï Navalny avait également appelé les habitants des grandes villes à brandir à 20 h 00 lampes de poches, téléphones ou bougies et à publier les photos de leurs actions sur les réseaux sociaux.

Flash mobs pro-Navalny

À Moscou et à Saint-Pétersbourg, des habitants ont organisé des flash mobs de la Saint-Valentin dans des cours d’immeubles et sur les places, allumant leurs lampes sur leurs téléphones pour soutenir l’opposant emprisonné.

Présent sur la place Manezhnaya près du Kremlin, Alexander Kozhokar, a dit craindre que la Russie ne devienne une « dictature ». « J’ai peur de penser à la suite des événements », a déclaré cet ouvrier de 28 ans qui réside à Mytishchi, près de Moscou.

Mikhaïl Orlov, un ingénieur de 29 ans, a lui expliqué s’être joint à la manifestation pour signaler son mécontentement à l’égard de la politique de Vladimir Poutine. « Le pays est en déclin, la science est en déclin », s’est-il lamenté.

Des manifestations de soutien à Alexeï Navalny, arrêté sitôt rentré en Russie mi-janvier et condamné début février à presque trois ans de prison, se sont soldées par plus de 10 000 arrestations à travers tout le pays.

Son équipe a publié dimanche sur les réseaux sociaux des photos et des vidéos de rassemblements similaires dans plusieurs villes du pays, avec des Russes allumant des lampes de poche, des bougies et des petites lanternes.

« L’amour est plus fort que la peur », indiquait un panneau électronique sur une tour résidentielle de la ville sibérienne de Tomsk, selon une de ces vidéos.

L’entourage de M. Navalny a toutefois annoncé ne plus avoir l’intention d’organiser de manifestations massives avant le printemps, préférant des actions plus ciblées.

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