Le variant britannique serait plus mortel

Le variant anglais continue de se propager dans le monde, touchant au moins 60 pays et territoires.
Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse Le variant anglais continue de se propager dans le monde, touchant au moins 60 pays et territoires.

« Il semble également maintenant qu’il existe des preuves que le nouveau variant, le variant qui a été identifié pour la première fois à Londres, et dans le sud-est (de l’Angleterre), peut être lié à un degré plus élevé de mortalité », a déclaré le premier ministre britannique, Boris Johnson, lors d’une conférence de presse. Pour les hommes âgés d’une soixantaine d’années, le risque de mortalité est de 10 sur 1000 avec le virus, un chiffre qui atteint 13 à 14 sur 1000 avec le nouveau variant, a indiqué le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance.

Le variant anglais continue de se propager dans le monde, touchant au moins 60 pays et territoires. Le variant sud-africain du coronavirus se diffuse plus lentement et est présent dans 23 États et territoires, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pour endiguer la propagation des variants, la Belgique a décidé d’interdire à sa population les voyages non essentiels hors des frontières à compter de mercredi jusqu’au 1er mars. « Nous pouvons aller dans d’autres pays, mais uniquement pour des raisons essentielles », a annoncé en début de soirée le premier ministre, Alexander De Croo. « Il y aura des contrôles aux frontières avec des amendes », a précisé à la chaîne RTBF Elio di Rupo, président de la Région wallonne.

Les Européens sont « de plus en plus inquiets au sujet des différents variants », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, estimant que « les voyages non essentiels » devaient être « déconseillés ». L’agence européenne chargée des épidémies a relevé à « élevé/très élevé » le risque lié aux nouveaux variants, prévoyant « une escalade rapide de la rigueur des mesures dans les semaines à venir ».

L’Allemagne a franchi vendredi le seuil des 50 000 morts. La tendance est au ralentissement depuis une semaine, mais les chiffres restant élevés (859 morts en 24 heures), les autorités ont durci jusqu’à mi-février l’arsenal contre la COVID-19. Un premier cas d’un variant brésilien du coronavirus a été identifié chez une personne revenant du Brésil, ont fait savoir vendredi les autorités de l’État de Hesse (Ouest).

Autre mauvaise nouvelle, les livraisons du vaccin AstraZeneca/Oxford en Europe seront moins importantes que prévu en raison d’une « baisse de rendement » sur un site de fabrication, a indiqué vendredi le groupe britannique à l’AFP. La France a, elle, demandé vendredi au laboratoire américain Pfizer de respecter ses engagements de livraisons, quel que soit le nombre de doses disponibles par flacon.

L’UE et l’EMA sont sous pression pour accélérer l’approbation de nouveaux vaccins contre le virus. Le vaccin « Spoutnik V » de la Russie n’a pas encore été autorisé dans l’UE, mais le gouvernement hongrois, critique des « lenteurs » européennes, a annoncé vendredi un accord pour en acheter jusqu’à deux millions de doses.

Aux États-Unis, le président Joe Biden a estimé vendredi que la pandémie de COVID-19 ferait bien au-delà de 600 000 morts dans son pays. « Nous sommes à 400 000 morts, et cela devrait atteindre beaucoup plus que 600 000 », a déclaré le nouveau locataire de la Maison-Blanche, qui n’avait jamais évoqué un bilan si lourd.

Après un pic, la pandémie a décéléré partout cette semaine (634 200 nouveaux cas quotidiens en moyenne, soit -12 %), sauf en Amérique latine. Elle a fait 2 092 736 morts et contaminé plus de 97 millions de personnes, selon un comptage de l’AFP. L’Europe et l’Amérique du Nord concentrent les deux tiers des nouvelles contaminations.