Dans l’ouest de la France, 2500 personnes réunies lors d’une fête sauvage

Des fêtards venus de plusieurs pays d'Europe se sont rassemblés dans ces hangars de la localité de Lieuron, au sud de la ville de Rennes.  
Photo: Jean-François Monier Agence France-Presse Des fêtards venus de plusieurs pays d'Europe se sont rassemblés dans ces hangars de la localité de Lieuron, au sud de la ville de Rennes.  

La rave party sauvage qui se tenait depuis jeudi soir dans l’ouest de la France avec environ 2500 fêtards dont certains venus de l’étranger pour fêter le Nouvel An, malgré la menace d’une nouvelle flambée de COVID-19 dans ce pays, a pris fin samedi matin.

Une perquisition était en cours samedi et deux personnes « nées en 1998, sans antécédent judiciaire » étaient en garde à vue dans le cadre de l’enquête judiciaire pour identifier les organisateurs.

La perquisition « a déjà permis de saisir une somme d’argent (paraissant en première analyse résulter du partage de la caisse de cet évènement) et des produits stupéfiants », a précisé le procureur, Philippe Astruc.

Plus de 1200 verbalisations ont été effectuées, et le matériel a été saisi.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le son de la techno qui retentissait depuis jeudi soir dans deux hangars transformés en boîte de nuit sauvage à Lieuron (au sud de la ville de Rennes), s’est tu. Au petit matin, dès 05 h 30 (04 h 30 GMT) selon la préfecture d’Ille-et-Vilaine (ouest), les premiers fêtards ont commencé à quitter les lieux.

Cette fête s’est tenue alors que la France avait décrété un réveillon du 31 décembre sous couvre-feu, dans un contexte de menace d’une nouvelle flambée de COVID-19. Les participants venaient de France mais aussi de l’étranger.

« À 10 h 15 ce 2 janvier le site est sous contrôle des forces de l’ordre », a tweeté la préfecture.

Selon un tweet du ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin, « plus de 1200 verbalisations » ont été effectuées et « camion, matériel de sons et générateurs ont été saisis dans le lieu de la #raveparty illégale ».

Plus de 800 verbalisations ont été dressées au titre des infractions COVID-19, pour non respect du couvre-feu, non port du masque et participation illicite à un rassemblement, a détaillé Emmanuel Berthier, préfet d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne, lors d’une conférence de presse samedi matin.

Il a précisé que plusieurs centaines d’amendes délictuelles ont été dressées pour usage de stupéfiant et que 400 personnes faisaient encore l’objet de contrôles au moment de la conférence de presse.

Les forces de l’ordre, positionnées depuis jeudi soir sur les axes d’accès au site, procédaient samedi matin au contrôle systématique de tous ceux qui sortaient du périmètre, à pied ou en voiture.

Des renforts de gendarmerie étaient arrivés sur place samedi matin. En nombre, les gendarmes ont resserré peu à peu le dispositif autour du lieu de la fête, a constaté un photographe de l’AFP. Arrivés dans les hangars, les forces de l’ordre ont réveillé les derniers fêtards et les ont regroupé pour les contrôler, le tout dans le calme.

Fort risque de diffusion de la COVID-19

L’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne rappelle samedi dans un communiqué que ce rassemblement « présente un très fort risque de diffusion de la COVID-19 » et invite les fêtards à « observer sans délai un isolement à domicile strict de sept jours » mais aussi à se faire dépister dans sept jours ou encore à rester isolé en l’attente des résultats.

La préfecture précise samedi dans un tweet qu’un « centre de tests antigéniques #Covid est mis en place devant le gymnase de Lieuron ».

« Ils ont mis leur vie en danger, leur santé, il faut maintenant que ces personnes préservent leur entourage », a expliqué le préfet.

Les organisateurs de cette fête sauvage sont toujours recherchés.

Jeudi soir, les gendarmes avaient tenté en vain « d’empêcher cette installation et ont fait face à la violente hostilité de nombreux [fêtards] », avait expliqué la préfecture vendredi.

Lors de ces affrontements « un véhicule de la gendarmerie a été incendié, trois autres dégradés et les militaires ont essuyé des jets de bouteilles et de pierres, occasionnant des blessures légères », selon cette même source.

Faute de pouvoir empêcher la tenue de cette fête sauvage, la préfecture avait déployé les gendarmes aux abords de la fête. Des secouristes étaient venus sur place pour distribuer gel et masques « afin de limiter les risques de propagation du virus au sein du rassemblement » interdit par arrêté préfectoral.

Une enquête a été ouverte notamment pour « organisation illicite d’un rassemblement festif à caractère musical » et « violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Cette fête sauvage a eu lieu alors que la France est sous la menace d’une nouvelle flambée de l’épidémie de nouveau coronavirus que les autorités tentent d’empêcher avec un couvre-feu renforcé ce week-end dans 15 départements.

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