L’accord post-Brexit signé par Boris Johnson et les chefs de l’UE

«Ce n’est pas la fin», mais «le début d’une merveilleuse relation entre le Royaume-Uni et nos amis et partenaires de l’Union européenne», a assuré Boris Johnson, mercredi, après avoir paraphé l’accord, levant les deux pouces en l’air devant les caméras.
Photo: Leon Neal Agence France-Presse «Ce n’est pas la fin», mais «le début d’une merveilleuse relation entre le Royaume-Uni et nos amis et partenaires de l’Union européenne», a assuré Boris Johnson, mercredi, après avoir paraphé l’accord, levant les deux pouces en l’air devant les caméras.

À la veille de la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen, le premier ministre britannique, Boris Johnson, et les dirigeants de l’Union européenne ont signé mercredi l’accord post-Brexit conclu pour encadrer la rupture historique.

Le compromis de 1246 pages, annoncé la veille de Noël pour éviter le choc économique d’un no deal, pourra entrer en vigueur jeudi à 23 h, heure de Londres (minuit à Bruxelles), quand le Royaume-Uni mettra un terme à 47 ans d’intégration européenne.

« Ce n’est pas la fin », mais « le début d’une merveilleuse relation entre le Royaume-Uni et nos amis et partenaires de l’Union européenne », a assuré Boris Johnson après avoir paraphé le document, levant les deux pouces en l’air devant les caméras.

Le texte avait été signé dans la matinée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et son homologue du Conseil européen, Charles Michel, tout sourire, avant de traverser la Manche à bord d’un avion de la Royal Air Force.

« Cela a été un long chemin. Il est temps désormais de laisser le Brexit derrière nous. Notre avenir se construit en Europe », a commenté la cheffe de l’exécutif européen sur Twitter. Charles Michel a salué « un accord juste et équilibré » et s’est félicité de « l’unité sans précédent » démontrée par les 27 dans les négociations.

L’application de l’accord de libre-échange, fruit de difficiles négociations, reste toutefois provisoire, en attendant le vote des eurodéputés — dont l’approbation est nécessaire à la ratification — qui n’interviendra qu’au premier trimestre 2021.

Les députés britanniques l’ont approuvé massivement (521 voix pour et 73 contre), puis le projet de loi a été adopté mercredi soir à la Chambre des lords, dans le cadre d’une procédure inhabituellement rapide d’une journée.

Cela a été un long chemin. Il est temps désormais de laisser le Brexit derrière nous.

 

Boris Johnson a assuré devant les députés que le Royaume-Uni restera « le meilleur ami et allié » de l’Union européenne, après en avoir été un « membre peu convaincu ».

Le dirigeant conservateur a aussi espéré que cet accord « mettra fin à une partie de la rancune et des récriminations » et permettra aux Britanniques de « passer à autre chose » après les quatre ans et demi de déchirements ayant suivi le référendum de juin 2016 qui a voté le Brexit avec 51,9 % des voix.

Son adoption ne faisait guère de doute vu la majorité du gouvernement de Boris Johnson et le ralliement aussi bien des « Brexiters » les plus durs et du chef de l’opposition travailliste Keir Starmer, lequel a jugé que ce « maigre » accord, qui exclut les services et multiplie les procédures douanières, est « mieux que pas d’accord du tout ».

Unité menacée

Le Royaume-Uni, officiellement sorti de l’UE le 31 janvier dernier, cessera jeudi soir d’appliquer les règles européennes. Il quittera le marché unique, l’union douanière et le programme d’échanges d’étudiants Erasmus.

Avec cet accord conclu après des mois de négociations acharnées, l’UE offre au Royaume-Uni un accès sans droits de douane ni quotas à son marché de 450 millions de consommateurs, mais prévoit pour éviter tout dumping des sanctions et des mesures compensatoires en cas de non-respect de ses règles en matière d’aides d’État, d’environnement, de droit du travail et de fiscalité.

Londres et Bruxelles évitent ainsi le choc d’un no deal avec des barrières commerciales qui auraient coûté cher à leurs économies déjà affaiblies par la pandémie de COVID-19, surtout du côté britannique, dont la moitié des échanges se font avec les pays de l’UE.

Boris Johnson n’avait pas besoin d’une nouvelle crise, à l’heure où les hôpitaux britanniques se trouvent au bord de la rupture en raison de l’accélération des contaminations, malgré le reconfinement d’une grande partie de la population.

La fin de la période de transition marque cependant un bouleversement majeur : les contrôles douaniers aux frontières viendront alourdir les échanges et la libre circulation s’arrête pour les Britanniques et les citoyens de l’UE sur leurs territoires respectifs.

Parmi les opposants au texte figurent le petit parti unioniste nord-irlandais DUP — favorable au Brexit mais opposé aux contrôles douaniers entre la province britannique et le reste du Royaume-Uni — ainsi que les europhiles du parti libéral démocrate et la formation indépendantiste écossaise SNP.

L’Écosse avait voté à 62 % pour le maintien dans l’UE et, à Édimbourg, le Parlement écossais a refusé de donner son consentement à l’accord. Les sondages montrent qu’une majorité de la population écossaise est favorable à l’indépendance, pourtant rejetée par un référendum en 2015. Le SNP a utilisé cette question du Brexit pour faire pression afin de tenir un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse.  

L’Irlande renforce la sécurité à sa frontière

La police irlandaise a annoncé mercredi qu’elle allait augmenter ses patrouilles et mettre en place des « points de contrôle itinérants » le long de la frontière avec la province britannique d’Irlande du Nord, après la fin de la période de transition du Brexit. Le commissaire Liam Geraghty a déclaré qu’un nombre « accru » de policiers serait déployé à partir de vendredi sur les 500 kilomètres de frontières qui séparent la République d’Irlande, un pays de l’Union européenne, de son voisin britannique. Cela sera « une augmentation en visibilité, une augmentation du nombre des patrouilles et des points de contrôle itinérants », a précisé M. Geraghty devant des journalistes réunis au port de Dublin, ajoutant qu’il y aurait aussi « des contrôles supplémentaires sur les véhicules passant la frontière ». Le commissaire Geraghty a déclaré que la police était « très consciente que les groupes criminels essayeront potentiellement de tirer profit de tout changement qui se produira » à ce moment-là et après.

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