La Croatie prend la mesure du désastre au lendemain d’un séisme meurtrier

À Petrinja, dans le centre du pays, des centaines d'immeubles ont été réduits en poussière sous le choc du séisme de mardi.
Photo: Damir Sencar Agence France-Presse À Petrinja, dans le centre du pays, des centaines d'immeubles ont été réduits en poussière sous le choc du séisme de mardi.

« Vivement que cette année horrible se termine ! » : la Croatie tentait de panser ses plaies mercredi au lendemain d’un séisme qui a fait sept morts et ravagé de nombreuses maisons, privant leurs habitants d’abri en plein hiver.

Les autorités ont décrété une journée de deuil national samedi en hommage aux victimes du tremblement de terre de magnitude 6,4 qui a rasé des maisons, éventré des bâtiments et enseveli des voitures sous des montagnes de gravats dans le centre du pays.

Toute la région de Sisak, au sud-est de Zagreb, l’une des plus pauvres de Croatie, est en proie depuis plusieurs jours à des secousses telluriques, avec de nouveaux séismes de magnitude 4,8 et 4,7 encore enregistrés mercredi.

À la veille du réveillon de la Saint-Sylvestre, des centaines de personnes ne pouvaient pas rentrer chez elles, passant la nuit dans des casernes, des écoles ou leur famille. De peur de la pandémie provoquée par le coronavirus, d’autres préfèrent passer la nuit dans leur voiture.

Dans le petit village de Majske Poljane, où cinq personnes ont été tuées, fermes et maisons n’étaient plus que ruines. Des volontaires de la Croix-Rouge distribuaient vivres, vêtements, couvertures et produits d’hygiène dans le bourg de 200 habitants où quasiment tous les bâtiments ont subi des dégâts.

Camping-car

« La maison est inhabitable, le toit s’est affaissé, les murs sont fissurés, la cuisine est détruite », dit Silvana Velic, 29 ans, une mère sans emploi de quatre enfants, visiblement sous le choc. « J’ai hâte que cette année se finisse, plus qu’une seule journée », soupire-t-elle devant sa maison endommagée.

Après avoir passé une première nuit dans sa voiture, sa famille sera abritée dans un camping-car qui lui a été prêté.

Toute la nuit, les secours aidés de chiens ont passé au crible la région sinistrée sans trouver de nouvelles victimes.

Parmi les morts figure une adolescente de 13 ans tuée dans la chute d’un bâtiment à Petrinja, selon la presse locale. La septième personne à avoir perdu la vie, un organiste venu réparer un orgue endommagé par une précédente secousse, a été retrouvée sous les gravats d’une église dans le village de Zazina, selon le prêtre local cité par l’agence Hina.

Une vingtaine de personnes ont également été blessées tandis que six personnes ont été extraites vivantes mardi des décombres, a raconté la police croate.

À une vingtaine de kilomètres de la Petrinja, une ville de 20 000 habitants durement touchée, Sinisa Sremic, 53 ans, boit une bière sur un banc dans un parc juste en face de son domicile.

« J’ai passé la nuit dans un sac de couchage dans un marché proche , dit-il. Mon appartement est sens dessus dessous. Il n’y a toujours pas d’électricité ».

Message du pape

Des centaines de bâtiments, maisons, bâtiments administratifs et écoles ont été endommagés. Des quartiers entiers de Petrinja et de Sisak restaient privés de courant.

Le pape François a adressé toute sa sympathie à la Croatie, dont la très grande majorité des 4,2 millions d’habitants sont catholiques.

« Je prie en particulier pour ceux qui ont perdu la vie. J’espère que les autorités du pays, avec l’aide de la communauté internationale, pourront bientôt soulager les souffrances du cher peuple croate ».

Le responsable de la gestion des crises pour l’Union européenne, Janez Lenarcic, était attendu à Petrinja dans la journée tandis que Bruxelles a prévu d’envoyer de l’aide, sous forme de tentes, de lits et de chauffages électriques.

« Je suis arrivé en Croatie aujourd’hui pour assurer le peuple croate de la solidarité totale de l’UE », a-t-il déclaré à son arrivée à Zagreb.

En mars, la capitale croate avait été frappée par un tremblement de terre de magnitude 5,3 qui avait provoqué d’importants dommages.

Les Balkans sont une zone de forte activité sismique et les tremblements de terre y sont fréquents. En novembre 2019, plus de 50 personnes avaient été tuées en Albanie dans un séisme qui avait également fait des milliers de sans-abri.

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