Coronavirus: l’Europe durcit ses mesures et presse le pas sur les vaccins

En Ukraine, ex-république soviétique au système de santé délabré, confrontée à une sévère deuxième vague de contaminations, des manifestations contre le confinement ont entraîné, mardi, à Kiev, des heurts qui ont notamment blessé une quarantaine de policiers.
Photo: Genya Savilov Agence France-Presse En Ukraine, ex-république soviétique au système de santé délabré, confrontée à une sévère deuxième vague de contaminations, des manifestations contre le confinement ont entraîné, mardi, à Kiev, des heurts qui ont notamment blessé une quarantaine de policiers.

Au moment où plusieurs pays du continent durcissent leurs mesures contre la COVID-19 de peur de voir une poussée des contaminations pendant les fêtes de fin d’année, l’Europe presse le pas pour passer à la vaccination, que l’OMS se soucie par ailleurs de rendre accessible aux pays pauvres.

Alors que plusieurs pays, dont le Royaume-Uni — pionnier en la matière — et les États-Unis, ont commencé à vacciner leurs populations, l’Agence européenne des médicaments (AEM) a annoncé mardi qu’elle se pencherait dès le 21 décembre, soit huit jours plus tôt que prévu, sur le sort du vaccin de l’alliance Pfizer-BioNTech, ouvrant la voie à un possible début des vaccinations en Europe avant la fin de l’année.

« Chaque jour compte », a souligné sur Twitter la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Le gouvernement allemand, rejoint par d’autres pays, dont l’Italie, avait prié l’AEM de bien vouloir donner son approbation afin de pouvoir commencer la vaccination avant la fin de l’année.

Confrontée à une deuxième vague beaucoup moins maîtrisée qu’au printemps, l’Allemagne a imposé un confinement partiel qui démarre mercredi et qui durera, dans un premier temps, jusqu’au 10 janvier.

La France, officiellement sortie du confinement mais où le rythme des contaminations rechigne à baisser, a de son côté instauré un couvre-feu qui s’applique désormais à partir de 20 h tous les jours, Nouvel An compris, à la seule exception du réveillon de Noël. Et la levée des restrictions ne concerne ni les bars, ni les restaurants, ni les théâtres, ni les salles de spectacle, ni les cinémas, ni les musées, ni les tribunes de stades.

« C’est la catastrophe, ça fait six mois que je ne travaille plus », a dit à l’AFP Martin, intermittent du spectacle de 27 ans, rencontré dans une manifestation mardi à Paris et qui résume la situation de milliers de personnes.

Aux Pays-Bas, un confinement de cinq semaines est entré en vigueur mardi jusqu’au 19 janvier et les Néerlandais sont appelés à rester chez eux.

En Lituanie, les autorités vont jusqu’à prévoir des barrages de police sur les routes lors des Fêtes pour empêcher les regroupements familiaux.

Au Royaume-Uni, Londres et certaines régions du sud-est de l’Angleterre passeront mercredi au troisième niveau d’alerte, avec fermeture des hôtels, des pubs et des restaurants, en raison d’une augmentation « exponentielle » des cas de COVID-19.

Pays pauvres

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a mis en place un mécanisme pour distribuer dès que possible des vaccins contre la COVID aux pays pauvres, a de son côté annoncé mardi être en discussion avec Pfizer et Moderna à ce sujet.

L’OMS a déjà obtenu des centaines de millions de doses de vaccins AstraZeneca, Novavax et Sanofi-GSK qui n’ont pas encore été autorisés par les autorités nationales. « Nous sommes également en pourparlers avec Pfizer et Moderna pour savoir si ces produits peuvent faire partie de la phase initiale de lancement des vaccins », a déclaré le conseiller principal auprès du chef de l’OMS, Bruce Aylward.

Le Mali, peu touché jusqu’à présent mais qui enregistre une importante hausse du nombre de cas depuis plusieurs semaines, a annoncé mardi qu’il suspendait les cours dans l’enseignement supérieur.

En Ukraine, ex-république soviétique au système de santé délabré, confrontée à une sévère deuxième vague de contaminations, des manifestations à Kiev contre le confinement ont entraîné des heurts qui ont notamment blessé une quarantaine de policiers.

Aux États-Unis

L’agence américaine du médicament (FDA) a annoncé mardi qu’elle autorisait la commercialisation aux États-Unis du premier test de détection de la COVID-19 à domicile et sans ordonnance, qui pourra indiquer la présence du virus en 20 minutes et qui sera vendu environ 30 $.

C’est une « étape majeure » dans la lutte contre la COVID, a déclaré le chef de la FDA, Stephen Hahn.

Le pays a par ailleurs lancé sa campagne de vaccination : une infirmière en soins intensifs new-yorkaise est devenue lundi la première personne à se voir administrer le vaccin BioNTech/Pfizer, et le président désigné, Joe Biden, 78 ans, s’est dit prêt à se faire vacciner « en public » dès qu’il le pourra.

L’immunologiste Anthony Fauci, un scientifique très respecté nommé par M. Biden conseiller principal pour la lutte contre le virus, « a recommandé que je sois vacciné le plus tôt possible », a expliqué le futur président à des journalistes dans le Delaware.

« Je veux m’assurer que ce soit fait selon la procédure et, quand je le ferai, vous serez prévenus et je le ferai en public », a affirmé M. Biden, qui à 78 ans fait partie des personnes à risque.

Près de trois millions de doses doivent être distribuées d’ici mercredi, avec l’objectif de vacciner quelque 20 millions d’Américains avant fin décembre et 100 millions avant fin mars.

Le Canada a été l’autre grand pays à lancer la vaccination lundi avec le sérum de Pfizer/BioNTech, et l’Arabie saoudite a suivi mardi avec également le vaccin Pfizer/BioNTech. Abou Dhabi démarrait pour sa part les injections avec le vaccin du géant chinois du médicament Sinopharm.

Avec les bureaux de l’Agence France-Presse dans le monde

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