Cyberattaque contre l’Agence européenne du médicament

Une personne portant un couvre-visage passe devant le quartier général de Pfizer, à New York.
Photo: Angela Weiss Agence France-Presse Une personne portant un couvre-visage passe devant le quartier général de Pfizer, à New York.

L’Agence européenne des médicaments (AEM), qui délibère actuellement sur la délivrance d’autorisations à plusieurs vaccins contre la COVID-19, s’est dite mercredi la cible d’une cyberattaque au cours de laquelle des documents liés à Pfizer et BioNTech ont été piratés, alors que la course à la vaccination des populations est désormais lancée sur la planète.

« L’AEM a été l’objet d’une cyberattaque. L’agence a rapidement ouvert une enquête complète, en étroite coopération avec la police », a indiqué l’agence européenne, basée à Amsterdam, sans préciser quand l’attaque avait exactement eu lieu ni par qui elle avait été menée.

L’AEM, qui contrôle les médicaments de l’ensemble des 27 États membres de l’UE, doit rendre le 29 décembre au plus tard sa décision sur une autorisation conditionnelle du vaccin Pfizer-BioNTech, déjà approuvé au Royaume-Uni, à Bahreïn et au Canada.

Le groupe Pfizer a dans la foulée annoncé que des documents liés à la demande d’autorisation de son vaccin avaient été piratés pendant cette cyberattaque, mais que « ni le système de BioNTech ni celui de Pfizer n’[avaient] été violés en lien avec cet incident ».

La cyberattaque à l’encontre de l’AEM a eu lieu après une série d’avertissements ces derniers mois autour de piratages et tentatives de hacking en lien avec la pandémie de COVID-19, visant laboratoires et entreprises pharmaceutiques occidentales.

À ce jour, 51 candidats vaccins sont testés sur des humains, 13 étant en dernière phase d’essais, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Un verdict sur le vaccin de Moderna doit être rendu d’ici le 12 janvier par l’AEM. Le régulateur européen des médicaments procède également à l’examen d’autres vaccins développés par l’Université d’Oxford et AstraZeneca ainsi que Johnson & Johnson.

Trois vaccins

Trois vaccins font la course en tête : le vaccin de l’alliance américano-allemande Pfizer-BioNTech ; celui du laboratoire américain Moderna ; et enfin le vaccin développé par AstraZeneca et l’Université britannique d’Oxford.

Après le Royaume-Uni, qui a lancé mardi une campagne massive de vaccination dirigée pour l’instant vers les soignants et les personnes âgées, et Bahreïn, le Canada a approuvé à son tour mercredi le vaccin de Pfizer-BioNTech.

Selon le ministère canadien de la Santé, le vaccin du duo américano-allemand « répond aux exigences rigoureuses du ministère en matière d’innocuité, d’efficacité et de qualité pour son utilisation au Canada ».

La vaccination des Canadiens devrait donc débuter dans les jours prochains, selon la promesse du premier ministre Justin Trudeau.

Toujours sur le front des vaccins, Israël a reçu un peu plus tôt que prévu ses premières doses de Pfizer, en attendant celles de Moderna, pour un total de 14 millions de doses déjà commandées.

Aux États-Unis, le président élu Joe Biden a promis de mettre en place, dans les 100 premiers jours de son mandat, « la campagne de vaccination la plus efficace de l’histoire américaine » avec l’injection de 100 millions de doses de vaccins.

Nouvelles restrictions en Allemagne

Le ministre de la Défense et les plus hauts gradés de l’armée américaine devraient être vaccinés dès la semaine prochaine, aux côtés du personnel médical militaire, ont annoncé des responsables du Pentagone.

La pandémie aura fait au moins 1 560 000 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mercredi.

Quelque 68,4 millions de cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l’épidémie, et de nombreux pays sont confrontés à une seconde vague de contaminations.

Face à la hausse des cas, la chancelière allemande Angela Merkel a prôné de nouvelles restrictions en Allemagne. « Le nombre de contacts » entre personnes « est trop élevé, la réduction du nombre de contacts est insuffisante », a déclaré Mme Merkel devant la chambre des députés, exhortant à réduire « au minimum » les contacts d’ici les fêtes.

L’Allemagne est en difficulté face à la deuxième vague alors qu’elle avait été saluée pour sa gestion de la pandémie durant la première vague au printemps.

En France, le premier ministre Jean Castex doit annoncer jeudi si le confinement pourra être levé ou non comme prévu le 15 décembre, posant la question de la réouverture des cinémas, des salles de spectacles et des musées.

Le Luxembourg voisin, pays européen où le coronavirus circule le plus intensément, a décidé de prolonger les restrictions jusqu’au 15 janvier au moins.

L’Afrique du Sud, pays le plus touché par le coronavirus du continent africain, a déclaré mercredi faire face à une « deuxième vague », avec désormais plus de 6000 nouveaux cas répertoriés par jour.

En Chine, près de 250 000 habitants de Chengdu, une ville du sud du pays, a dû être soumis à un test de dépistage après la découverte de deux cas de COVID-19 chez un couple de personnes âgées.

Avec les bureaux de l’AFP dans le monde

 

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