Le pic de la deuxième vague semble franchi en France

Le premier ministre français a jugé probable une réouverture de certains petits commerces «autour du 1er décembre».
Photo: Stéphane de Sakutin Archives Agence France-Presse Le premier ministre français a jugé probable une réouverture de certains petits commerces «autour du 1er décembre».

Le pic de la deuxième vague de COVID-19 a sans doute été franchi en France, ont annoncé vendredi les autorités sanitaires, l’un des responsables évoquant même une « sortie du tunnel » avec l’arrivée prochaine des vaccins, tandis que le premier ministre a jugé probable une réouverture de certains petits commerces « autour du 1er décembre ».

Si « le confinement n’est pas terminé », comme l’a réaffirmé le ministre de la Santé Olivier Véran jeudi, le gouvernement travaille à une version allégée, qui sera dévoilée par Emmanuel Macron lors d’une allocution mardi à 20 h (14 h au Québec).

Selon l’agence sanitaire Santé publique France (SpF), « les résultats actuels permettent de constater une diminution franche de tous les indicateurs, plus marquée dans les premières métropoles mises sous couvre-feu ».

Ces mesures ont eu « un effet direct », comme semble le prouver « la temporalité entre la mise en application du premier couvre-feu et l’inversion de la tendance une dizaine de jours plus tard », selon SpF.

Toutefois, l’agence a appelé à « rester très vigilant car un franchissement du pic épidémique ne signifie pas du tout une fin d’épidémie ».

Les premiers couvre-feux avaient été instaurés le 17 octobre dans certaines métropoles (dont Paris, Lyon et Marseille), au moment où commençaient les vacances de la Toussaint, puis une semaine plus tard dans les autres métropoles (dont Nice). Toute la France avait été reconfinée à partir du 30 octobre.

Pour la semaine du 9 au 15 novembre, le nombre de nouveaux cas confirmés (-40 %), d’hospitalisations (-13 %) et d’admissions en réanimation (-9 %) sont en baisse.

Le nombre de morts « semble se stabiliser pour la première fois après plusieurs semaines d’augmentation » : 3756 pour la semaine du 9 au 15 novembre, contre 3817 la précédente. Le bilan total reste lourd avec 47 127 décès, et environ 400 par jour.

C’est « la première fois » depuis le début de la seconde vague que les hospitalisations et les admissions en réanimation diminuent d’une semaine sur l’autre, selon SpF : respectivement 17 390 contre 19 940 la semaine précédente et 2761 contre 3037.

Le taux de positivité des tests (proportion de cas positifs) est aussi en baisse (16,2 % contre 19,7 %).

Malgré ces améliorations, « le maintien des mesures de prévention reste d’actualité », insiste SpF, « en attendant les traitements et les vaccins ».

Sur ce plan, le président du Conseil scientifique qui guide les choix du gouvernement, Jean-François Delfraissy, a dit voir « la sortie du tunnel » avec l’arrivée de vaccins contre le Covid-19.

À Paris, la mairie assure qu’elle pourrait vacciner 30 à 40 % de la population, en commençant « par les plus de 65 ans et plus fragiles ».

Quant à la circulation du virus, elle reste « importante » et « on ne pourra pas atteindre une situation “normale” au moment des Fêtes de fin d’année », selon M. Delfraissy.

Au mieux, l’épidémie pourrait ralentir au niveau souhaité de 5000 contaminations par jour, « plutôt après Noël, voire début janvier », selon lui.

En attendant, le gouvernement cherche à desserrer progressivement l’étau, en particulier sur certains petits commerces, qui pourraient rouvrir « autour du 1er décembre », selon le premier ministre, Jean Castex.

Ils ont déjà obtenu le report par la grande distribution des promotions du Black Friday (27 novembre).

Parmi les établissements fermés, cinémas et théâtres ont demandé vendredi de pouvoir rouvrir en décembre, y compris le soir et même en cas de maintien du couvre-feu.