Un à un, les pays d’Europe durcissent leurs restrictions

Trois sœurs  marchaient  mercredi soir près de  la basilique Saint-Pierre,  dans le Vatican.  L’Italie a décrété une série  de nouvelles mesures, dont un couvre-feu nocturne, visant à limiter la propagation de la COVID-19 dans le pays.
Andrew Medichini Associated Press Trois sœurs marchaient mercredi soir près de la basilique Saint-Pierre, dans le Vatican. L’Italie a décrété une série de nouvelles mesures, dont un couvre-feu nocturne, visant à limiter la propagation de la COVID-19 dans le pays.

Confinements généraux en France ou en Angleterre, partiels à l’image du Portugal, couvre-feux nocturnes comme en Italie : les pays européens annoncent les uns après les autres de nouvelles restrictions face à un virus qui ne cesse de se propager.

L’épidémie de COVID-19 a fait au moins 1,2 million de morts dans le monde. Avec 99 660 cas recensés en 24 heures — un nouveau record — et plus de 233 000 morts du coronavirus, les États-Unis sont de loin le pays le plus endeuillé par la pandémie.

Mais l’Europe est la région où le virus progresse le plus vite : plus de 11 millions de cas y ont été recensés, dont la moitié sont répartis entre la Russie, la France, l’Espagne et le Royaume-Uni.

En Italie, encore traumatisée par la première vague du printemps, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a signé dans la nuit de mardi à mercredi un décret instaurant sur tout le territoire national un couvre-feu. Cette mesure entrera en vigueur vendredi.

Il sera interdit de circuler entre 22 h et 5 h du matin, et ce, jusqu’au 3 décembre. Les lycées seront fermés et les centres commerciaux devront également fermer pendant le week-end.

Les 20 régions d’Italie seront divisées en zones vertes, orange et rouges en fonction de la gravité de la situation épidémiologique, dans lesquelles des mesures plus ou moins restrictives seront appliquées.

Les pubs anglais se désolent

Après l’Irlande ou la France, où le bilan de la pandémie a une nouvelle fois dépassé mardi la barre de 400 morts en 24 heures, le Royaume-Uni se prépare à se confiner jeudi.

Déjà mis à rude épreuve par des mois de pandémie, les pubs anglais, épicentre de la vie sociale, servaient mercredi avec angoisse leurs dernières pintes.

Dans le quartier londonien de Soho, Joe Curran, propriétaire du pub The Queen’s Head, se demande ce qu’il adviendra de son entreprise. « On va payer ça pendant des années. Cette fermeture nous coûtera des milliers [de livres sterling] supplémentaires », a-t-il déploré.

Jusqu’au 2 décembre, les commerces non essentiels en Angleterre devront fermer, tandis que les restaurants, pubs et cafés ne pourront proposer que livraisons ou vente à emporter. Les écoles resteront cependant ouvertes dans le pays le plus endeuillé d’Europe, avec près de 47 000 morts.

Le nouveau confinement prendra « automatiquement » fin le 2 décembre, a néanmoins assuré le premier ministre britannique, Boris Johnson. « J’espère vivement que nous pourrons alors remettre ce pays de nouveau en marche »

Au Portugal, la majeure partie du pays est entrée mercredi dans un nouveau confinement, plus allégé que celui du printemps, qui restera en vigueur pendant au moins deux semaines. Mais le gouvernement pourrait bientôt prendre des mesures plus strictes, le pays ayant connu mercredi son plus lourd bilan quotidien depuis le début de la crise sanitaire, avec 59 décès et 7497 nouvelles contaminations.

Le télétravail est désormais obligatoire, mais les écoles restent ouvertes, ainsi que les commerces et les restaurants, qui doivent cependant fermer plus tôt.

Armée à disposition en Suisse

Ailleurs en Europe, les Pays-Bas ont durci les restrictions, avec la fermeture des musées, cinémas, zoos, sex-clubs et autres lieux accueillant du public pour deux semaines.

L’Autriche, où un attentat islamiste a fait quatre morts lundi soir, vit désormais sous couvre-feu nocturne, et les réunions privées sont limitées à deux foyers maximum.

La Pologne a annoncé mercredi la fermeture des cinémas et de la plupart des magasins dans les galeries marchandes, ainsi qu’un passage total à l’enseignement à distance.

En Hongrie, le premier ministre, Viktor Orban, a imposé le retour de l’état d’urgence lui permettant de gouverner par décret, disant craindre la saturation des hôpitaux d’ici la mi-décembre. Le couvre-feu a été imposé de minuit à 5 h du matin.

La Russie a pour sa part enregistré mercredi 19 768 nouveaux cas de nouveau coronavirus et 389 décès, battant des records établis il y a quelques jours. Mais les autorités assurent toujours ne pas prévoir de mesures de confinement majeures dans le pays.

La Grèce, elle, se « prépare au pire des scénarios », a déclaré mardi le porte-parole du gouvernement, Stelios Petsas. Un couvre-feu de minuit à 5 h est déjà imposé depuis le 22 octobre et de nouvelles restrictions sont entrées en vigueur mardi.

Quant au gouvernement suisse, il a mis mercredi l’armée à disposition des cantons qui en feront la demande, face à l’explosion du nombre de cas et la situation tendue dans les hôpitaux.

L’armée pourra notamment intervenir pour soutenir les établissements hospitaliers civils dans les soins de base et les traitements généraux, le prédiagnostic, le dépistage des cas de COVID-19 et les tests correspondants.

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