De nouveau confinée, la France vit au ralenti

Photo: Patrick Hertzog Agence France-Presse Comme lors du confinement du printemps dernier, les dérogations sont possibles pour faire ses courses, aller chez le médecin, mais aussi prendre l’air.

La France vit un vendredi au ralenti avec l’entrée en vigueur d’un nouveau confinement destiné à freiner la deuxième vague de l’épidémie de COVID-19, même si ses modalités sont nettement moins drastiques que celles du précédent, au printemps.

Ce confinement allégé a pris effet à minuit. « Il n’y a pas d’autre solution », a affirmé jeudi soir le premier ministre Jean Castex, au lendemain de l’annonce de la mesure par le président Emmanuel Macron.

Il doit durer au minimum jusqu’au 1er décembre, selon des modalités qui « ne seront pas celles de mars-avril, car nous avons appris de la première vague », a assuré M. Castex. Au printemps, la France avait connu un confinement très strict de deux mois au cours d’une première vague de l’épidémie qui avait fait 30 000 morts.

Trois changements majeurs sont toutefois à noter par rapport au printemps : écoles, collèges et lycées rouvriront lundi après les vacances de la Toussaint ; on pourra rendre visite aux résidents des maisons de retraite ; et le travail pourra continuer, à distance dès que cela est possible.

La différence entre les deux confinements sautait d’ailleurs aux yeux vendredi au petit matin dans les rues du centre de Paris, où passants, voitures et camions étaient nombreux. « La traversée de Paris ce [vendredi] matin ressemblait plus à un jour ordinaire qu’à un premier jour de confinement. Attention. Beaucoup se joue en ce moment si on veut éviter le débordement », a souligné sur Twitter le directeur général des hôpitaux de Paris, Martin Hirsch.

Photo: Christophe Simon Agence France-Presse

Éviter la cohue

Jeudi soir, les embouteillages en région parisienne atteignaient des niveaux records avec près de 700 km, soit le double d’une journée normale, signe d’un certain exode vers la campagne. En revanche, l’affluence était nettement moindre qu’un jour normal dans les transports en commun.

À Lille, un peu avant 9 h, la gare était plutôt calme, mais quelques dizaines de voyageurs de tous âges se hâtaient, pour certains équipés de valises imposantes, sous le regard de policiers qui n’effectuaient pas de contrôle.

« Je devais rentrer demain, mais j’ai préféré avancer mon billet pour éviter la cohue », explique Nicole Berchery, retraitée qui rentre dans l’ouest de la France après avoir gardé son petit-fils pendant les vacances.

Serge, 62 ans et retraité, avait « prévu depuis longtemps de passer quelques jours à Lille, puis le week-end à Paris », avant de rentrer chez lui dans le Sud lundi. « Je vais suivre mes plans, et miser sur la tolérance des policiers », dit-il à l’AFP.

Comme lors du confinement du printemps dernier, les dérogations sont possibles pour faire ses courses, aller chez le médecin, mais aussi prendre l’air pendant « une heure maximum » et dans « un rayon d’un kilomètre du domicile ». L’amende coûtera toujours 135 euros, mais pour faciliter les choses, des « attestations permanentes » seront cette fois délivrées par les entreprises et les écoles.

Les guichets des services publics ou les marchés alimentaires resteront ouverts et certains magasins bénéficient de dérogations. Mais les commerces jugés non essentiels (dont les bars et restaurants) resteront fermés.

En prévision de ce reconfinement, les Français se sont préparés, faisant parfois le plein de papier de toilette, mais aussi de livres comme dans les bibliothèques de Bordeaux, prises d’assaut jeudi.

Photo: Alain Jocard Agence France-Presse Les guichets des services publics ou les marchés alimentaires resteront ouverts et certains magasins bénéficient de dérogations.

Le point tous les 15 jours

Les autorités feront le point tous les 15 jours sur l’évolution de l’épidémie pour voir si les mesures doivent être renforcées ou allégées. L’objectif de l’exécutif est de parvenir « à environ 5000 » cas de contamination par jour, contre plus de 47 000 enregistrés jeudi.

Jeudi, 3147 personnes étaient en réanimation ou en soins intensifs, contre plus de 7000 au pic de la première vague, mais le chiffre augmente rapidement. Le bilan a dépassé les 36 000 morts.

Selon un sondage Odoxa-Dentsu pour France Info et Le Figaro, sept Français sur 10 sont favorables à ce nouveau confinement. Sans surprise, ce reconfinement va peser fort sur l’économie française et le gouvernement s’attend à une récession de 11 % cette année.

Une situation d’autant plus compliquée pour lui qu’il fait face à une autre urgence, celle de la sécurité, après l’attentat islamiste qui a fait trois morts dans une église de Nice jeudi.