COVID-19: nouveau tour de vis en Europe

Le gouvernement britannique a relevé le niveau d’alerte pour Londres et sept autres zones en Angleterre, interdisant à quelque 11 millions d’habitants supplémentaires de rencontrer amis et famille à l’intérieur dès samedi.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse Le gouvernement britannique a relevé le niveau d’alerte pour Londres et sept autres zones en Angleterre, interdisant à quelque 11 millions d’habitants supplémentaires de rencontrer amis et famille à l’intérieur dès samedi.

En raison de l’évolution de la pandémie en Europe, jugée « très préoccupante » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plusieurs pays resserrent la vis.

En Europe, « le nombre de cas par jour augmente, les admissions à l’hôpital aussi. La COVID-19 est désormais la cinquième cause de décès, et la barre des mille décès par jour a été atteinte », bien que la situation ne soit pas similaire à celle de mars-avril, a déclaré le directeur de la branche Europe de l’OMS, Hans Kluge.

L’OMS avertit que des niveaux de mortalité « quatre à cinq fois supérieurs à ceux d’avril » pourraient survenir « d’ici janvier » si des « stratégies prolongées d’assouplissement » des restrictions étaient menées.

« C’est loin d’être terminé », a affirmé de son côté à l’AFP Maria Van Kerkhove, responsable de la gestion de la pandémie à l’OMS. « Cela peut faire peur, mais je pense que les gens doivent être mentalement prêts et patients. »

Sur la nouvelle carte européenne sur les restrictions de voyage publiée jeudi par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), plus de la moitié des pays de l’Union européenne, ainsi que le Royaume-Uni, sont classés en rouge. Dans cette carte destinée à harmoniser les recommandations, seuls trois pays (Norvège, Finlande et Grèce) sont majoritairement en vert, tandis que cinq pays (Italie, Chypre, Estonie, Lituanie et Lettonie) sont principalement en orange.

Alerte élevée à Londres

Le gouvernement britannique a relevé jeudi le niveau d’alerte pour Londres et sept autres zones en Angleterre, interdisant à quelque onze millions d’habitants supplémentaires de rencontrer amis et famille à l’intérieur dès samedi.

« Le coronavirus est mortel et il se propage maintenant de manière exponentielle au Royaume-Uni », a déclaré le ministre de la Santé, Matt Hancock, en annonçant que Londres et les autres zones grimpaient d’un cran, au niveau « élevé ».

En France, le nombre de nouveaux cas de contamination en 24 heures a dépassé la barre des 30 000 pour la première fois depuis le lancement des tests à grande échelle. Le taux de positivité des tests connaît une hausse continue, à 12,6 % (12,2 % mercredi).

Les habitants de Paris et de sa région, ainsi que de huit autres grandes métropoles, soit 20 millions de Français, seront soumis à partir de samedi à un couvre-feu entre 21 h et 6 h. « À 21 h, chacun devra être chez soi, a déclaré Jean Castex.  Tous les lieux, commerces ou services recevant du public seront fermés » Le premier ministre a annoncé aussi que « toutes les fêtes privées » se tenant dans des « établissement recevant du public seront interdites » sur l’ensemble du territoire, et que tous les restaurants de France devront appliquer un protocole sanitaire renforcé.

En Allemagne aussi, la situation inquiète : un nombre record de cas quotidiens (6638, contre un précédent maximum de 6294 cas le 28 mars) a été annoncé jeudi, et la chancelière, Angela Merkel, a présenté de nouvelles restrictions. Le nombre de participants à des événements privés sera par exemple limité dans certaines régions.

La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a appelé les États membres à « faire le nécessaire » pour « éviter un confinement généralisé ».