Flambée de cas en Europe

Lors d’une manifestation pour une meilleure gestion de la pandémie et du système de santé, à Madrid, une femme tient une pancarte disant «Combien de personnes de plus doivent mourir?»
Photo: Pierre-Philippe Marcou Agence France-Presse Lors d’une manifestation pour une meilleure gestion de la pandémie et du système de santé, à Madrid, une femme tient une pancarte disant «Combien de personnes de plus doivent mourir?»

L’inquiétude est vive en Europe, où la propagation du coronavirus repart de plus belle : l’Espagne a décrété l’état d’alerte sanitaire à Madrid, l’Allemagne envisage des restrictions plus dures, et la France des reconfinements locaux.

La pandémie a nettement accéléré dans presque toutes les régions du monde ces sept derniers jours (315 000 nouveaux cas par jour à l’échelle mondiale, soit 6 % de plus que la semaine précédente), Europe en tête (28 %), à l’exception de l’Asie (-7 %), selon un bilan établi vendredi par l’AFP.

État d’alerte à Madrid

En Europe, ou plus de 6,2 millions de cas de COVID-19 et près de 240 000 morts ont été signalés, la situation ne cesse d’empirer.

Le gouvernement espagnol a décrété vendredi l’état d’urgence sanitaire dans la région de Madrid pour tenter de freiner l’augmentation du nombre de cas (+10 000 quotidiennement en moyenne ces derniers jours), rétablissant ainsi un bouclage partiel de la capitale annulé la veille par la justice. Les habitants de Madrid et de ses environs ne peuvent sortir de leur ville que pour des raisons de première nécessité depuis le 2 octobre.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a prévenu vendredi que de nouvelles restrictions seraient prises prochainement si les contaminations (plus de 4000 nouveaux cas quotidiens, un record depuis avril) ne se stabilisaient pas dans les 10 jours. La veille, son ministre de la Santé avait dit craindre une propagation « incontrôlée » dans son pays, jusqu’ici moins touché que ses voisins.

À Berlin, la plupart des magasins ainsi que tous les restaurants et bars devront fermer de 23 h à 6 h à partir de samedi, et au moins jusqu’au 31 octobre.

La situation est nettement plus mauvaise en France voisine : 20 339 nouveaux cas en 24 heures, un nouveau record selon des chiffres officiels de vendredi soir. Le conseil scientifique du gouvernement n’a pas exclu la possibilité de reconfinements locaux « si nécessaire ».

Record de cas en Russie

En Belgique, les cafés et les bars ont fermé jeudi matin dans l’ensemble de la région de Bruxelles. En Pologne, le gouvernement a annoncé qu’il rendait le port du masque de protection obligatoire dans tout l’espace public, comme en Italie.

En Autriche voisine, le gouvernement n’a pas totalement exclu un deuxième confinement après un nombre record de nouvelles contaminations en 24 heures, comme, plus au sud, en Croatie.

La Russie a également battu vendredi un record de nouveaux cas quotidiens (+12 126). Les autorités russes disent actuellement ne pas prévoir de mesures de confinement majeures, le président Vladimir Poutine estimant que le pays était « prêt pour tout développement ».

Dans le monde, la pandémie a fait au moins 1 063 346 morts et contaminé plus de 36,5 millions de personnes depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP.

Mesures d’aide

Elle a également dévasté l’économie mondiale, poussant de nombreux pays à mettre sur pied des plans de relance.

Le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe, a ainsi annoncé vendredi de nouvelles aides ciblant les entreprises forcées de rester fermées à cause des restrictions, dont les employés seront indemnisés à hauteur des deux tiers de leur salaire.

Aux États-Unis, les négociations entre républicains et démocrates sur le plan de relance semblent bloquées : le chef de la majorité républicaine au Sénat a jugé « peu probable » son adoption avant la présidentielle.

Les restrictions imposées pour combattre l’épidémie ont empêché au moins 2,75 millions de migrants de rentrer chez eux cet été, a souligné l’ONU vendredi, appelant d’urgence à une coopération internationale pour parvenir à des solutions. Le fait de se retrouver bloqués les expose à toutes sortes de dangers, sanitaires et sécuritaires.

Globalement, l’Amérique latine et les Caraïbes connaissent « les pires conséquences économiques et sanitaires » de la planète en raison de la pandémie, a jugé vendredi la Banque mondiale, qui prévoit une baisse du PIB régional de 7,9 % en 2020.

Quant à l’Afrique, elle a besoin de 1200 milliards de dollars de financement jusqu’en 2023 pour surmonter la crise provoquée par la COVID-19, a prévenu le Fonds monétaire international, selon lequel la pandémie ne pourra pas s’arrêter si elle n’est pas maîtrisée sur le continent (plus d’un million de cas, 23 000 morts).

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