Flambée de cas de COVID-19 en Europe

Le gouvernement espagnol a décrété vendredi l’état d’alerte dans la région de Madrid.
Photo: Manu Fernandez Associated Press Le gouvernement espagnol a décrété vendredi l’état d’alerte dans la région de Madrid.

L’inquiétude est vive en Europe où la propagation du coronavirus repart de plus belle : l’Espagne a décrété l’état d’alerte sanitaire à Madrid, l’Allemagne envisage des restrictions plus dures et la France des reconfinements locaux.

La pandémie a nettement accéléré dans presque toutes les régions du monde ces sept derniers jours (315 000 nouveaux cas par jour au niveau mondial, soit 6 % de plus que la semaine précédente), Europe en tête (+28 %), à l’exception de l’Asie (-7 %), selon un bilan établi vendredi par l’AFP.

Aux États-Unis, le président Donald Trump, quelques jours après avoir quitté l’hôpital où il était soigné pour une contamination par le coronavirus, a annoncé qu’il envisageait de participer à un Rassemblement partisan dès samedi en Floride, un État clé pour la présidentielle du 3 novembre. Selon son médecin Sean Conley, M. Trump « a globalement extrêmement bien réagi au traitement » et « depuis qu’il est rentré chez lui, ses examens médicaux sont restés stables et n’affichent aucune indication selon laquelle la maladie progresserait ».

Le pays reste le plus touché tant en nombre de morts (au moins 212 789) que de contaminations (plus de 7,6 millions), qui continuent d’accélérer, une situation que beaucoup attribuent à une mauvaise gestion de la pandémie par M. Trump.

État d’alerte à Madrid

En Europe, où plus de 6,2 millions de cas de COVID-19 et près de 240 000 morts ont au total été signalés, la situation ne cesse d’empirer.

Le gouvernement espagnol a décrété vendredi l’état d’urgence sanitaire dans la région de Madrid pour tenter de freiner l’augmentation du nombre des cas (+10 000 quotidiennement en moyenne ces derniers jours), rétablissant ainsi un bouclage partiel de la capitale qui avait été annulé la veille par la justice. Cette dernière estimait que ces restrictions ne respectaient pas les « droits » et les « libertés fondamentales ».

Les habitants de Madrid et de ses environs ne peuvent plus sortir de leur ville que pour des raisons de première nécessité depuis le 2 octobre.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a prévenu vendredi que de nouvelles restrictions seraient prises prochainement si les contaminations (plus de 4000 nouveaux cas quotidiens, un record depuis avril) ne se stabilisaient pas dans les 10 jours.

« Ce sont les jours et les semaines à venir qui vont décider de la position de l’Allemagne face à cette pandémie cet hiver », a-t-elle prévenu. La veille, son ministre de la Santé avait dit craindre une propagation « incontrôlée » dans son pays, jusqu’ici moins touché que ses voisins.

À Berlin, la plupart des magasins ainsi que tous les restaurants et bars devront fermer de 23 h à 6 h à partir de samedi, et au moins jusqu’au 31 octobre.

La situation est nettement plus mauvaise en France voisine : plus de 18 000 nouveaux cas en 24 heures, un record depuis l’utilisation de tests à grande échelle, selon des chiffres officiels communiqués jeudi soir.

En Belgique, les cafés et les bars ont fermé jeudi matin dans l’ensemble de la région de Bruxelles. Dans tout le pays, ils devront fermer au plus tard à 23 h à partir de vendredi soir.

En Pologne, le gouvernement a annoncé qu’il rendait le port du masque de protection obligatoire dans tout l’espace public, comme en Italie. En Autriche voisine, le gouvernement n’a pas totalement exclu un deuxième confinement après un nombre record de nouvelles contaminations en 24 heures, comme, plus au sud, en Croatie.

La Russie a battu vendredi son record de nouveaux cas quotidiens (12 126). Le précédent remontait au mois de mai, quand un confinement strict y était imposé. Les autorités russes disent actuellement ne pas prévoir de mesures de confinement majeures, le président Vladimir Poutine estimant que le pays était « prêt pour tout développement ».

Dans le monde, la pandémie a fait au moins 1 063 346 morts et contaminé plus de 36,5 millions de personnes depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.

Plans de relance

Elle a également dévasté l’économie mondiale, poussant de nombreux pays à mettre sur pied des plans de relance.

Le Royaume-Uni, le pays le plus endeuillé d’Europe, a ainsi annoncé vendredi de nouvelles mesures d’aide à l’emploi ciblant les entreprises forcées de rester fermées à cause des restrictions, dont les employés seront indemnisés à hauteur des deux tiers de leur salaire.

Aux États-Unis, Donald Trump voit désormais de « fortes chances » de trouver un accord avec les démocrates sur un plan de relance, après avoir pourtant annoncé la fin de ces négociations deux jours plus tôt.

Les restrictions imposées pour combattre l’épidémie ont empêché au moins 2,75 millions de migrants de rentrer chez eux cet été, a souligné l’ONU vendredi, appelant d’urgence à une coopération internationale pour parvenir à des solutions. Le fait de se retrouver bloqués les expose à toutes sortes de dangers, sanitaires et sécuritaires.

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