Inondations en France: les secours recherchent toujours une vingtaine de disparus

Vendredi, des maisons entières ont été réduites en miettes par les coulées de boue, l’asphalte des routes a été broyé, des ponts engloutis.
Photo: Valery Hache Agence France-Presse Vendredi, des maisons entières ont été réduites en miettes par les coulées de boue, l’asphalte des routes a été broyé, des ponts engloutis.

Les secours étaient toujours à la recherche lundi d’une vingtaine de personnes en France après les crues qui ont dévasté vendredi trois vallées surplombant Nice, où des produits de première nécessité sont acheminés avec difficulté.

Sur le versant français, « les recherches pour retrouver des personnes disparues se poursuivent tout comme le déblaiement pour tenter de rétablir les voies d’accès » aux zones sinistrées, ont indiqué les pompiers du département des Alpes-Maritimes.

Trois nouveaux corps ont été découverts lundi dans les villages montagneux de l’arrière-pays niçois, venant s’ajouter à un premier corps trouvé à Saint-Martin-Vésubie, et portant à au moins six morts, le bilan de ces pluies exceptionnelles qui ont également touché le nord-ouest de l’Italie.

Outre les 4 victimes retrouvées en France, les pluies torrentielles ont fait deux morts en Italie à quelques centaines de kilomètres de Nice, dans le Val d’Aoste et le Piémont. Le doute entourait par ailleurs le cas d’un homme retrouvé à Vintimille, ville frontière italienne. Lundi soir, il n’avait pas encore été formellement identifié par les autorités françaises comme une victime de la vallée de la Roya.

Selon les pompiers français, il reste huit personnes portées « disparues » qui ont été vues emportées par les flots, et 13 autres « recherchées », qui n’ont pas donné de nouvelles depuis vendredi.

Ce jour-là, des maisons entières ont été réduites en miettes par les coulées de boue, l’asphalte des routes a été broyé, des ponts engloutis. Avec la destruction des routes départementales, l’accès des secours aux populations sinistrées est rendu très difficile.

« J’ai tout perdu. Ma maison de 25 mètres de long a été enveloppée par la [rivière] Vésubie », témoigne Alain Brucy, un habitant de Roquebillière de 63 ans, à l’arrivée d’une noria de camions chargés de produits de première nécessité (eau, papier toilette, aliments pour bébés, pelles).

Sur la place du village, le seul endroit de la vallée de la Vésubie où on peut encore téléphoner, les gens se rassemblent pour rassurer leurs proches.

Et la solidarité s’organise : des habitants proposent des hébergements d’urgence, d’autres notent leurs besoins sur un tableau devant la mairie. L’eau n’est plus potable et l’électricité manque dans le vieux village.

« La priorité est d’évacuer les personnes qui veulent quitter ce théâtre de guerre dans lequel elles vivent depuis deux jours », a expliqué à l’AFP le préfet Bernard Gonzalez, évoquant des paysages dignes d’« un bombardement ».

« Ça va prendre des semaines, des mois »

Lundi soir, 757 personnes avaient pu être mises en sécurité, dont 428 par hélicoptère.

La route panoramique qui longe la rivière Roya souffre d’une cinquantaine de brèches : des trous se sont formés, des ponts et des tronçons ont disparu.

Deux régiments de soldats du Gard et de Besançon s’activent dans cette vallée pour déblayer la route et dégager des tonnes de boue, de pierres ou de troncs d’arbres.

L’urgence est aussi au rétablissement de l’approvisionnement en eau, de l’assainissement et des télécommunications.

Lundi soir, les trois vallées de la Vésubie, de la Roya et de la Tinée restaient inaccessibles par voie terrestre, et privées d’électricité et de téléphone.

« Il va falloir qu’ils refassent les routes, mais on ne sait pas si ça va prendre des semaines, des mois », lâche Marjorie Millet, 40 ans, salariée chez Schneider Electric, à Carros, une commune située au pied de ces vallées meurtries par les inondations.

« C’est en bas que je travaille, enfin, que je travaillais… Mais on ne sait pas ce qui va se passer demain, après-demain », se désole-t-elle.

Pour donner une idée du caractère inédit de la tempête Alex, le météorologue italien Luca Mercalli a raconté lundi au journal Fatto Quotidiano qu’« environ 600 millimètres de pluie » étaient « tombés en moins de 24 heures » sur le village italien de Limone Piemonte et la vallée française de la Roya. « Soit la moitié des chutes annuelles en une seule journée », du jamais vu « depuis le début de ces statistiques en 1913 », a-t-il dit.

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