Ce que l’on sait de l’attaque à Paris

Photo: Alain Jocard Agence France-Presse

Deux personnes blessées à l’arme blanche à Paris au pied de l’ancien immeuble de Charlie Hebdo, en plein procès des attentats de janvier 2015 : ce que l’on sait de l’attaque qui intervient dans un contexte de menaces accrues pour l’hebdomadaire satirique français.

Que s’est-il passé ?

Peu avant midi, un homme muni d’une arme blanche a blessé deux personnes, un homme et une femme, près des anciens locaux de l’hebdomadaire satirique, rue Nicolas Appert, dans le 11e arrondissement de Paris.

« Leurs vies ne sont pas en danger, Dieu merci », a déclaré le premier ministre Jean Castex lors d’un déplacement sur les lieux.

Les deux victimes sont employées par l’agence Premières lignes, installée dans la rue. Ils étaient en « pause cigarette » lorsque l’agresseur a surgi. « J’ai vu un de mes collègues, taché de sang, être poursuivi par un homme avec une machette dans la rue », a témoigné auprès de l’AFP une employée de cette société de production audiovisuelle.

Depuis l’attentat du 7 janvier 2015, au cours duquel 12 personnes avaient été tuées par les frères Kouachi, Charlie Hebdo n’occupe plus ses locaux de l’époque. La rédaction a déménagé à une adresse qui est tenue secrète.

Qui sont les suspects interpellés ?

Peu après les faits, un homme a été interpellé à proximité de la place de la Bastille. Âgé de 18 ans, il s’agit de l’« auteur principal des faits », a déclaré Jean-François Ricard, le chef du parquet national antiterroriste, responsable de l’enquête. Selon les premiers éléments, il serait né au Pakistan.

Une deuxième personne, âgée de 33 ans, a ensuite été placée en garde à vue « afin de procéder à un certain nombre de vérifications » sur « ses relations avec l’auteur principal », a dit M. Ricard.

L’information judiciaire ouverte par le parquet antiterroriste pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle » a été confiée à la police judiciaire parisienne et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Quel est le contexte ?

L’attaque est survenue « dans un lieu symbolique », « au moment même où se déroule le procès des auteurs des actes indignes contre Charlie Hebdo », a souligné vendredi Jean Castex, qui a rappelé l’« attachement indéfectible » du gouvernement français « à la liberté de la presse » et « sa volonté résolue par tous les moyens de lutter contre le terrorisme ».

L’attaque survient alors que la rédaction de Charlie Hebdo fait l’objet de nouvelles menaces depuis que l’hebdomadaire a republié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, à l’occasion de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015, prévu jusqu’au 10 novembre.

Après une courte suspension au procès vendredi, l’audience a repris sans aucune mention par la cour d’assises spéciale de Paris de l’attaque, selon une journaliste de l’AFP.