La France dénombre plus de 16 000 nouveaux cas

Au moment où le coronavirus avait contaminé plus de cinq millions de personnes en Europe, l’agence européenne chargée de surveiller les épidémies a fait état jeudi de sa «grande inquiétude» pour sept pays de l’UE: l’Espagne, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie, la Hongrie, la République tchèque et Malte.
Photo: Geoffroy Van der Hasselt Agence France-Presse Au moment où le coronavirus avait contaminé plus de cinq millions de personnes en Europe, l’agence européenne chargée de surveiller les épidémies a fait état jeudi de sa «grande inquiétude» pour sept pays de l’UE: l’Espagne, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie, la Hongrie, la République tchèque et Malte.

La France a enregistré 16 096 nouveaux cas de COVID-19 en 24 heures, un record depuis le début des tests à grande échelle dans ce pays, selon les données diffusées jeudi soir par Santé publique France.

Le précédent record s’élevait à plus de 13 000 nouveaux cas par jour, un niveau atteint mercredi. Au moment où de nouvelles mesures de restriction ont été annoncées pour tenter d’endiguer l’épidémie, 52 malades de la COVID-19 sont morts en 24 heures à l’hôpital, a précisé l’agence sanitaire.

Signe que l’épidémie progresse : la part des malades parmi les personnes testées (le taux de positivité) ne cesse d’augmenter, atteignant 6,5 % contre 6,2 % mercredi et 5,4 % la semaine dernière.

Sur les sept derniers jours, les hôpitaux ont accueilli 4258 nouveaux malades, dont 718 cas graves en réanimation, soit 43 de plus que la veille. Depuis le début de l’épidémie, au moins 31 511 morts liées à la COVID ont été enregistrées en France, dont 20 940 en milieu hospitalier.

Dans son point hebdomadaire également diffusé jeudi, Santé publique France fait état d’une « augmentation exponentielle des admissions en réanimation » et d’une « hausse de la circulation du SRAS-CoV-2 chez les 65 ans et plus ».

Plus tôt dans la journée de jeudi, l’Union européenne avait appelé les États membres à durcir leurs mesures de contrôles « immédiatement » face aux nouveaux foyers d’épidémie de COVID-19, au lendemain de l’annonce de nouvelles restrictions en France qui ont provoqué stupeur et colère dans la région de Marseille.

Des tests et des recherches de contacts accrus en passant par une surveillance sanitaire renforcée et des capacités hospitalières suffisantes, « tous les États doivent déployer immédiatement et à temps des mesures aux premiers signes de nouveaux foyers potentiels », a averti la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides. « Dans certains États, la situation est désormais pire qu’au pic [de l’épidémie] en mars. C’est une cause de préoccupation », a-t-elle dit.

Au moment où le coronavirus a contaminé plus de cinq millions de personnes en Europe, l’agence européenne chargée de surveiller les épidémies a fait état jeudi de sa « grande inquiétude » pour sept pays de l’UE. Ces États (Espagne, Roumanie, Bulgarie, Croatie, Hongrie, République tchèque et Malte) affichent « une proportion plus élevée de cas graves ou d’hospitalisation », avec une hausse de la mortalité « déjà observée » ou « qui pourrait l’être bientôt », s’est inquiété le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

En France, face à une remontée du taux d’incidence du virus dans la région d’Aix-Marseille, dans le sud-est du pays, et en Guadeloupe, dans les Antilles, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé mercredi des mesures très strictes dans ces deux régions, désormais placées en « zone d’alerte maximale ».

Dans certains États, la situation est désormais pire qu’au pic [de l’épidémie] en mars

 

Cela entraîne la fermeture totale des bars et des restaurants à partir de samedi. Les autres « établissements recevant du public » vont aussi être fermés, sauf ceux qui ont un « protocole sanitaire strict », comme les théâtres, les musées ou les cinémas.

Ces mesures suscitent l’incompréhension et la colère chez de nombreux responsables économiques et élus, à commencer par ceux de Marseille. Le premier adjoint de la Ville, Benoît Payan, a dénoncé jeudi un « affront » après l’annonce « sans concertation » par le gouvernement de « restrictions incroyables ».

Outre Marseille et l’île de la Guadeloupe, onze autres grandes villes, dont Paris, ont été placées en « zone d’alerte renforcée », ce qui implique notamment la fermeture des bars à partir de 22 h et la limitation des ventes d’alcool.

Les restaurateurs ont dénoncé jeudi une « décision inique ». La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, a quant à elle estimé que la fermeture des bars à 22 h et des salles de sport à partir de lundi étaient des mesures « difficiles à comprendre ».

Les rassemblements vont également être limités à 1000 personnes, contre 5000 actuellement. Cette mesure devrait concerner le tournoi de tennis de Roland-Garros, qui commence dimanche, avec quatre mois de retard.

À voir en vidéo