Coronavirus: l’Europe doit se préparer à un automne difficile

Le nombre de cas remonte nettement depuis des semaines, notamment en Espagne et en France (photo).
Photo: Philippe Lopez Agence France-Presse Le nombre de cas remonte nettement depuis des semaines, notamment en Espagne et en France (photo).

L’Europe doit se préparer à un automne « plus dur » avec une hausse du nombre de morts de la COVID-19, a averti un responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à l’heure où plusieurs pays imposent de nouvelles mesures ciblées pour contrer une deuxième vague de la pandémie qui a déjà fait près de 925 000 décès.

Un nouveau record quotidien a été atteint dimanche selon l’OMS, avec près de 308 000 cas confirmés en 24 heures. « Cela va devenir plus dur. En octobre, en novembre, on va voir une mortalité plus élevée », a déclaré à l’AFP Hans Kluge, directeur de la section européenne de l’OMS.

Le nombre de cas en Europe remonte nettement depuis plusieurs semaines, notamment en Espagne et en France. Mais le nombre de morts quotidiens reste au niveau observé depuis début juin, autour de 400 à 500, selon l’OMS Europe qui réunit lundi et mardi la cinquantaine d’États membres pour échanger sur la réponse à apporter à la pandémie.

Le responsable onusien a souligné que la mise au point d’un vaccin ne mettrait pas fin à la pandémie. « J’entends tout le temps : “le vaccin va être la fin de l’épidémie”. Bien sûr que non ! », s’est exclamé M. Kluge.

 
308 000
C’est le nombre de cas confirmés qui ont été enregistrés en un seul jour dimanche, selon l’OMS.

Il a cependant estimé que la situation devrait désormais appeler une réponse ciblée, et non plus des confinements généralisés.

Comme en Angleterre, où il est interdit désormais de se réunir à plus de six personnes issues de foyers différents. Cette restriction, qui ne concerne pas les autres provinces du Royaume-Uni, s’applique à l’intérieur comme à l’extérieur, à l’exception des écoles, des lieux de travail, des mariages ou des funérailles.

Mardi, ce sont toutes les rencontres entre amis ou familles qui seront interdites à Birmingham, la deuxième ville parmi les plus peuplées du Royaume-Uni, selon une décision des autorités locales. Les habitants peuvent toujours se rendre dans les cafés, les restaurants ou les magasins, mais ne peuvent rencontrer d’autres personnes de foyers différents.

Rentrée en Italie

En Autriche, le port du masque, déjà obligatoire dans les supermarchés et les transports, l’est devenu lundi dans tous les magasins et tous les bâtiments publics. Le chancelier, Sebastian Kurz, a déclaré dimanche que le pays était « au début de la seconde vague ».

Même inquiétude en République tchèque, désormais l’un des trois États membres de l’Union européenne où la progression quotidienne du virus est la plus rapide, après la France et l’Italie.

En Italie, quelque 5,6 millions d’élèves ont repris le chemin de l’école après six mois de fermeture, mais avec des règles strictes : il y aura mise en quarantaine immédiate de ceux qui ont été « en contact étroit » avec tout élève ou enseignant déclaré positif au test de la COVID-19.

Dans un message publié dimanche sur Facebook, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a appelé les jeunes « à apporter leur contribution ». « Vous devez vous engager à respecter les règles de prudence qui vous permettront de protéger votre santé et la santé des personnes que vous aimez et qui vous aiment », leur a-t-il lancé.

 

Six pays de l’UE, dont l’Allemagne et l’Italie, ont commencé à tester une infrastructure pour connecter entre elles leurs applications de traçage contre la propagation du coronavirus. Un voyageur pourra ainsi signaler un test positif ou recevoir une alerte à l’étranger.

En Israël

En Israël, devant une propagation alarmante de la COVID-19 avec 153 217 cas, dont 1103 décès, pour une population de neuf millions d’habitants, les autorités ont décidé de réimposer un confinement national. Il entrera en vigueur à partir de vendredi pour la fête de Rosh Hashana (nouvel an juif), se poursuivra pendant Yom Kippour et se terminera au dernier jour de la fête de Soukkot, vers le 9 octobre.

La population oscille entre colère et déprime. « C’est injuste ! », s’insurge Eti Avishaï, une couturière de 64 ans. « Ils n’ont pas empêché les grands rassemblements dans les synagogues, les mariages et les autres événements [ces derniers mois] et maintenant je ne vais pas pouvoir être avec mes enfants et petits-enfants pendant les fêtes ! », peste-t-elle.

Un nouveau confinement partiel (limitation de l’activité des commerces non essentiels, fermeture des écoles, des parcs et des attractions touristiques) est entré également en vigueur lundi à Jakarta, en proie à une forte aggravation de l’épidémie.

Un nouveau record

Près de 308 000 cas de COVID-19 confirmés ont été enregistrés en un seul jour dimanche, un nouveau record selon le tableau compilé par l’Organisation mondiale de la santé.

C’est seulement la deuxième fois depuis que l’OMS compile ces chiffres que le nombre de cas confirmés (307 930) dépasse 300 000. Le 6 septembre, le compte avait atteint 306 857 personnes. Avec 214 810 cas confirmés, le 1er septembre marque le niveau le plus bas ce mois-ci. Ce chiffre à lui seul ne donne pas une idée exacte de l’état de la pandémie puisqu’il peut dépendre de la multiplication des tests, qui permettent de détecter plus de cas que quand ces moyens de dépistage étaient rares ou peu usités. Dimanche, 5537 personnes sont mortes de l’infection, soit 246 de moins que la veille pour porter le total à près de 922 000. Le 9 septembre, 3903 personnes sont mortes, le chiffre le plus bas jusqu’ici depuis le début du mois, qui a connu un pic le 7 avec 8639 morts.

« Nous sommes loin d’êtres tirés d’affaire », a reconnu lundi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une visioconférence consacrée à la pandémie sur le continent européen.

 

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